Colloque “La décolonisation au XXIème siècle”

La Réunion et l’Océan Indien : le temps des décolonisations... et après ?

23 octobre 2006

2006. Année du 60ème anniversaire de la loi du 19 mars 1946,
qui inaugura une « forme originale de décolonisation française ». Du 23 au 25 octobre, un colloque international est consacré à la décolonisation des îles et des pays riverains de l’Océan Indien. Quelles perspectives pour La Réunion, département français, dans le contexte indocéanique ?

Le Colloque d’Histoire des 23,24 et 25 octobre est organisé par le Conseil général, l’Association Historique de l’Océan Indien (AHIOI) et le Centre de Recherche sur les Sociétés de l’Océan Indien (CRESOI) de l’Université, dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la loi du 19 mars 1946 qui a fait de La Réunion, “vieille” colonie française de l’océan Indien, un Département d’outre-mer. Quelle sorte de décolonisation cette transformation a-t-elle réalisé ? Et de quelles potentialités d’intégration de La Réunion dans son environnement cette décolonisation est-elle porteuse ?

Pendant 5 demi-journées, une trentaine de chercheurs venus de 15 pays vont examiner les diverses facettes des problématiques traitant de la décolonisation dans les pays riverains de l’océan Indien.

L’après-midi du lundi 23 est centré sur des exposés concernant Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles (salle Canter, Université), avec les universitaires invités Solofo Randrianja, Mahmoud Ibrahime, Jocelyn Chan-Low et Odile Jean-Louis. Ils seront suivis d’un débat, de 18h à 20h, avec les historiens Claude Wanquet et Prosper Eve sur les “Origines de la départementalisation de La Réunion” (26, rue de la Victoire, à l’ancienne Université).

Mardi matin, les exposés se poursuivent sur “Le temps des décolonisations” au Mozambique, en Afrique du Sud, en Inde, au Sri Lanka et en Australie (salle Canter).
Les problématiques plus spécifiques à La Réunion sont introduites le mardi après-midi, sur le thème “La Réunion dans la République française”, avec notamment les contributions d’Yvan Combeau sur “1946 : une décolonisation française”, de Gilles Gauvin sur “Les enjeux de l’affrontement entre Debré et le PCR” et Françoise Vergès sur “Un point aveugle de la pensée politique française”. Cette partie se déroule également à la salle Canter, sur le campus.
Enfin, la dernière matinée, au Conseil général, examine “Les potentialités et perspectives de la départementalisation” avec des interventions portant sur les évolutions institutionnelles (décentralisation, TAAF), statutaires (au sein de l’Europe en particulier), culturelles, économiques et géostratégiques.

La séance d’ouverture du Colloque a lieu lundi matin au Conseil général, dans l’hémicycle, en présence de Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général, et Pierre-Henry Maccioni, Préfet. Puis les historiens Claude Wanquet, pour l’AHIOI et Yvan Combeau pour le CRESOI exposeront les axes de recherche privilégiés par les organisateurs. L’accès au colloque est ouvert à tous et gratuit. Dans une première approche, il propose à un large public des communications apportant une vue de la situation dans chaque pays et une étude plus précise de la décolonisation. Une seconde approche consistera en la publication d’un ouvrage de référence sur un espace indocéanique peut étudié et rarement abordé dans son intégralité. Les textes des communications seront publiées dans le n°4 de la “Revue historique de l’Océan Indien”.

P. David


60 ans : l’occasion de se souvenir

Des chercheurs venus des Seychelles, de La Réunion, de l’Ile Maurice, d’Afrique du Sud, de Paris, du Québec ou encore du Mozambique viendront exposer leurs travaux sur les différentes formes de décolonisations et leurs conséquences. Une occasion aussi de placer l’histoire de La Réunion dans le contexte plus global de l’Océan Indien.
Centré sur une perspective historique, l’idée est d’insister particulièrement sur le thème de la mémoire et de conjuguer 2 approches. La première vise le grand public avec l’exposition, par les chercheurs, de la situation dans chaque pays, pour mettre en valeur un aspect particulier de la décolonisation.
Ainsi, le lundi 23 octobre, des conférences inaugurales se dérouleront au Conseil général et seront suivies, à la salle Canter de l’Université, de communications historiques sur le thème de la décolonisation à Madagascar, à Maurice, aux Seychelles et aux Comores. Le lendemain, toutes les conférences auront lieu à la salle Canter et traiteront du temps des décolonisations au Mozambique, en Afrique du Sud, en Inde, au Sri Lanka et en Australie. Le thème de La Réunion dans la République française sera ensuite abordé. Enfin, le mercredi 25, des chercheurs de l’Université de l’île poseront la question des potentialités et perspectives de la départementalisation au Palais de la Source bien sûr. Les textes des communications seront ensuite “mis en gerbe” dans un ouvrage de référence, le n°4 de la “Revue Historique de l’océan Indien”, traitant de l’espace indocéanique peu étudié et rarement abordé dans son intégralité.
« Écrire l’histoire, c’est établir, voire rétablir les faits et conjuguer au pluriel les analyses et les interprétations. Ces trois journées soulignent ce “besoin d’histoire” qui caractérise nos sociétés lorsqu’elles tentent de mieux comprendre leur passé et d’appréhender les constructions à venir », expliquent les organisateurs du colloque. Cette mémoire indispensable pour éclairer le futur.


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