Elabakana glissement perpétuel

La vie, une succession de perles !

13 novembre 2006

De retour de Madagascar, Lerka a fait le point sur leur séjour.

Les images montrées par l’équipe Lerka à Jeumon Saint-Denis, jeudi dernier témoignent du succès de l’exposition Elabakana glissement perpétuel à Madagascar. Au hangar R3A à Antananarivo, espace qu’elle a dû aménager, sont exposées du 27 octobre au 27 novembre, les œuvres de Richard Razafindrakoto, Térésa Small, Dominique Ficot et de Christian Jalma. Les photos défilent et l’on voit des enfants, un stylo dans une main et un cahier dans l’autre, recueillir des informations sur l’exposition historique de Bako Rasoarifetra “Perles de Madagascar”.

« La vie est un enchaînement de perles »

Les perles de la Grande Île possèdent chacune un pouvoir, une histoire. Elles composent les traditions. Elles peuvent être maléfiques ou bénéfiques. « Elles sont un bien précieux pour les Malgaches, et dans certaines régions même, elles sont appelées harea (fortune). Elles renforcent le hasina (sacralité) et le pouvoir du souverain. Elles assurent également le bon équilibre de chaque individu et jouent un rôle primordial dans les différentes pratiques sociales. La vie est un enchaînement de perles, elles sont toujours utiles, si on les laisse, elles sont les ornements de la maison, et si on les porte, elles sont l’ornement du voyage », développe Bako Rasoarifetra, historienne et archéologue. À Madagascar, chaque événement est assimilé à une perle.

Un mélange de créativités

Le bilan de cette performance est positif à plus d’un titre. Elle a permis à des artistes réunionnais et malgaches de mêler leur créativité que “Témoignages” a décrypté dans des éditions précédentes. Cette rencontre est avant tout un enrichissement perpétuel. Faire connaître sa culture est un relais pour la maintenir en vie. « L’analyse de ce travail doit privilégier les frontières qui se construisent à l’intérieur d’un même territoire. Lorsque l’on veut tracer une perspective de contact, on reconnaît d’abord que les distances sociales et les ségrégations ne sont pas naturelles mais qu’elles sont des frontières historico-politiques : c’est l’apartheid qui gouverne l’espace social (...) les zones de contact locales et globales, les sites, qui façonnent de l’identité, fabriquent la transculturation, créent la retenue et l’excès : toutes ces constructions incarnent l’avenir ambigu de la différence culturelle », conclut Lerka.

J.-F. N.


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Témoignages - 82e année


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