Musique

Lao i dsann dan lé ba pou partazé

29 janvier 2005

Lao un groupe d’où ? Un groupe des hauteurs, un groupe de La Réunion formé par quelques jeunes de retour dans leur île après avoir vécu en France. Lao, un groupe de romans maloya pour défendre les valeurs de l’île.

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Ils sont trois : Sébastien, Steeve, Michael. Trois voix, deux guitares, un kayanm, un peu de flûte, de guitare africaine, de bob. Deux autres musiciens (roulèr et basse) pourraient les rejoindre bientôt. Tous les trois vivaient en Métropole et venaient de retourner dans leur île respective, Steeve à Maurice, Sébastien et Michael à La Réunion.
Leur retour à l’île marque aussi une rencontre avec la musique et la philosophie de groupes comme Ousanousava, Danyèl Waro, Ziskakan, Bastèr... plusieurs déclics qui vont leur permettre de se reconnecter à La Réunion. Il y a cinq ans, Sébastien rencontre Steeve qui lui présente Michael, ils deviennent amis et se mettent à faire de la musique ensemble, dans un style romans maloya reposant sur leurs guitares, avec de temps en temps un soupçon de reggae.

Renouer avec l’île

Quand ils forment leur groupe, c’est donc dans un même état d’esprit : porter un message au niveau de l’Histoire. C’est "apporter une façon de voir les choses pour quelqu’un qui a grandi en Métropole et qui voit ici les choses évoluer dans le même sens, avec la globalisation d’une monoculture qui s’impose, et les autres qui commencent à s’effacer", nous confie Sébastien, militant pour "être fier de ce qu’on est, de ce qu’on a" .
Le nom du groupe vient rapidement, Lao. Lao parce que c’est "le coeur de La Réunion, là où les traditions, les valeurs sont encore là. On ne sait pas pour combien de temps. L’attachement à la terre commence à se perdre et les choses ne vont pas aller en s’arrangeant. Je pense qu’il y a un passage à faire. On va continuer à descendre pour mieux remonter".
Les créations de morceaux se suivent : “Kabaré”, “Fine arivé”, “Si mi shant”, “Leïla”, “Mouramour”, “Oukilé”, “Gardyin la zol”, “Babadimwé”, “Anlèr lao”... Michael, fonnkézèr attitré, dispose d’un champ de textes variés, souvent engagés, Sébastien délivre des messages assez simples et directs : "aimer la nature, aimer la simplicité et ne pas tomber pas dans le délire qu’il faut posséder des choses pour être heureux".
Aucun disque pour l’instant, juste des enregistrements amateurs, des concerts dans des kabars, un peu partout dans l’île, parfois dans l’entourage des fonnkèzèr, parfois sur la grande scène de La Ravine Saint-Leu où ils ont contribué à l’hommage à l’anniversaire de la mort de Kaya.
Pour 2005, le groupe souhaite passer à une vitesse supérieure et espère pouvoir jouer beaucoup plus régulièrement.
Le premier concert, qui devait avoir lieu hier au M’bolo à Terre-Sainte, a été annulé. Mais que les fans de Lao se rassurent, le groupe remet ça à très bientôt.

Eiffel


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