Gilberto Gil en concert au Port

Le Brésil a fait vibrer La Réunion

19 juillet 2006

La salle était comble. Les spectateurs assis voulaient se lever pris dans le rythme des sambas. Les spectateurs debout voulaient être encore plus proche de ce grand homme en blanc... Gilberto Gil.
Près de 3 500 spectateurs ont assisté à un événement comme il s’en produit rarement. Une communion exceptionnelle, au travers de la musique, entre deux mondes qui se sont reconnus. Le Brésil et La Réunion. Des échos de respiration et d’inspiration identiques. Un Brésilien qui aurait pu être réunionnais, et une foule qui se sentait, ce soir-là, au-delà des océans un peu de Bahia ou de Rio...
Le récital de Gilberto Gil, accompagné de ses fantastiques musiciens parmi lesquels son fils (bon sang ne saurait mentir), est construit comme une offrande. Chaque chanson est comme une déclaration d’amour ou de révolte. On vibre avec lui quand il évoque l’esclavage avec sa chanson " Gorée ", ou on voudrait crier avec lui " touche pas à mon pote ", qu’il chante en français. Et Gilberto parle entre chaque chanson à son public tissant un lien invisible mais tenace. Et quand il invite le public à venir à lui, tous le lèvent et soudain c’est une liesse dansante.
Avant, il a aussi salué d’autres auteurs comme Paul McCartney, le Beatles, en chantant d’abord un Imagine bluesant, et aussi clin d’œil à l’homme qui vient d’avoir 64 ans (anniversaire que le public spontanément a voulu souhaiter en chantant à son tour l’air voulue....), chanson du l’ex-Beatles et de John Lennon
" When I get older losing my hair
many years from now
will you still be sending me a valentine
birthday greeting, bottle of wine
If I’d been out till quarter to three
would you lock the door
Will you still need me
Will you still feed me
When I’m sixty-four "
Chaleureux dans la vie, Gilberto Gil l’est encore plus sur scène. Sa bonne humeur est communicative. Sa voix fait partager aux autres toute la passion de ses émotions.

Et dire que ce chanteur, ce musicien, ce poète... est aussi ministre de la Culture de son pays !... Quelle chance ont les Brésiliens. Imaginez le nôtre de ministre -sans ses particules- une guitare électrique en bandoulière. Qui a dit : un autre monde est possible ?

Ilan A. Chojnow


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Témoignages - 82e année


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