Culture et identité

LE CCEE propose ‘’Lékritir kréol La Rényon’’

Présentation d’une nouvelle graphie du créole réunionnais

Témoignages.re / 2 novembre 2016

Le Conseil de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement à La Réunion (CCEE), présidé par Roger Ramchetty, a présenté ce 30 octobre une nouvelle étape du travail accompli par son équipe depuis au moins 5 ans sur la graphie de la langue créole réunionnaise. Ce travail est traduit dans un document très intéressant, intitulé ‘’Lékritir kréol La Rényon’’, qui est « une synthèse pour une écriture fonctionnelle du créole réunionnais ».

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À droite, Roger Ramchetty, président du CCEE de La Réunion, accompagné une partie du groupe de travail qui a accompli durant plusieurs années des études et des échanges avec de nombreux écrivains réunionnais pour aboutir à des propositions sur ‘’lékritir kréol La Rényon’’ (à voir dans quelque temps sur le site du CCEE).

« Notre but est de proposer, en faisant une synthèse des graphies existantes, une écriture fonctionnelle de la langue créole de La Réunion. Elle a pour vocation de répondre aux besoins de tous les utilisateurs de la langue écrite : lecteurs, écrivains/écrivants, enseignants, élèves, communicants … », écrit le CCEE.

Il est parti du constat que la pluralité des graphies a « ses conséquences négatives ». « Elle nuit à l’image de la langue, complique le décodage des lecteurs, l’encodage des écrivants, l’enseignement de la langue (avec et par la langue) ».

Ce travail s’est fait sur la base de plusieurs sollicitations : le rectorat et les enseignants, les lecteurs, les écrivains/écrivants.

Le CCEE note un contexte favorable : « le recul nécessaire pour la recherche de l’unité, une plus grande tolérance de la part des écrivants, des progrès fondamentaux dans la recherche scientifique et dans nos connaissances ».

Ce travail d’unité graphique doit répondre à des attentes : « valorisation de la langue, acquisition des automatismes nécessaires à une lecture courante, libération des auteurs des contraintes orthographiques, cohérence graphique dans l’enseignement ». Il vise aussi à prévenir et lutter contre l’illettrisme.

La graphie présentée n’est pas « une graphie nouvelle » mais utilise « des aspects fonctionnels des graphies actuelles du créole réunionnais ». La cohabitation des deux langues (français/réunionnais) doit être pensées « en termes de symbiose (pas confusion) et non en opposition ».

Elle veut aussi prendre en compte « les écritures dites « spontanées » en créole réunionnais (sms, graffitis, ...). La publicité, communication commerciale, la communication institutionnelle dans le domaine sanitaire et social, la production littéraire et la communication culturelle événementielle ».

Cette graphie propose donc quelques règles de base : écriture transparente, tendre vers un signe/un son mais exceptions : an, in et on. Elle préconise l’utilisation des accents : aigu, grave et tréma. Les onomatopées et les noms d’origine étrangère gardent leur graphie d’origine. Pour les noms propres et les sigles, la question reste posée.

Le « e » en finale a pour objet de distinguer la forme. L’usage du w est reconnu.

Cette étude est le début d’un travail à poursuivre.