Entretien avec Marie Fock Yee-Michnick - 2 -

« Le culte des ancêtres n’est pas une religion »

21 mai 2007

Après une enfance dans un milieu d’immigrés chinois tenu à l’écart de la société réunionnaise - les enfants nés à La Réunion n’avaient pas le droit au sol et, en particulier, à l’école de la République - Marie est “renvoyée à la maison”, c’est-à-dire en Chine, à l’âge de 20 ans...

(Photo PD)

“L’éducation religieuse n’existait pas” avez-vous dit : pas même le culte aux ancêtres - que l’on présente ici comme “la religion des Chinois ” ?

- Ah si, bien sûr ! Mais le culte des ancêtres n’est pas une religion. La religion chez nous n’a pas la même définition qu’en Occident. Dieu, on ne sait pas ce que c’est : ni comment il s’appelle, ni comment il existe... On ne connaît pas ! Par contre, à partir de la piété filiale, on nous apprend l’adoration des ancêtres, l’adoration des parents : on doit leur obéir et les suivre, que leur raisonnement soit juste ou non ; ils ont toujours raison parce qu’on leur doit la vie. De ce fait, on leur doit un culte. Le culte des ancêtres dit que, puisque Dieu est loin et absent et le ciel, inaccessible... nos Ancêtres, qui sont morts, sont peut-être près de lui. On se sert d’eux pour transmettre nos souhaits à une force divine, s’il en existe une. Ils sont nos intermédiaires auprès du Ciel. Il faut les vénérer, eux et nos parents parce que, sans eux, nous n’existerions pas. Il y a des cérémonies et des rites qui, deux fois l’an, rappellent la mémoire des ancêtres. Mais sans prières, sans vœux comme il y en a dans les religions. C’est par respect envers des gens à qui nous devons la vie. Et le rite est très important : c’est la clef de voûte de l’édifice social dans le système chinois. Le rituel est ce qui marque la différence entre les civilisés et les barbares. On trouve ces rites dans toutes les activités de la vie courante, dans le mariage, dans la diplomatie et les négociations...

Les “Barbares”, ce sont ceux qui n’ont pas de rites ?

- Les Barbares sont ceux qui... ne nous ressemblent pas, qui sont violents... Ce sont les “attaquants”. On les appelle aussi les “diables” ; ils ne font pas partie des humains.

Vous parlez-là de la façon dont on perçoit les étrangers, en Chine... Et vous aviez cette culture-là, à La Réunion ? Est-ce que vous voyiez le reste de la société comme des Barbares et des diables ?

- Avec la culture que j’avais reçue, lorsque je me suis trouvée en Chine, en 1960, je n’étais pas dépaysée du tout ! Je me sentais à l’aise. J’étais comme chez moi. D’ailleurs, les Chinois ne pouvaient pas deviner à ma mine, ni à mon comportement, ni à ma langue, que je venais de l’extérieur. J’étais comme les autochtones. Personnellement, depuis mon enfance, j’ai toujours été attirée par la différence, le monde moderne européen... Souvent, ma mère me disait : « Toi, tu n’es pas des nôtres. Tu dois être une “Zorey” réincarnée chez nous ! » A l’époque, il y avait très peu de Zorey à La Réunion. Quand il en passait un dans la rue - ou un couple de zorey - tout le monde sortait pour les regarder. C’était si rare !
Un jour, je devais avoir 7 ou 8 ans, un couple de zorey est passé devant notre commerce. Mon père nous a appelés. Je ne me suis pas contentée de les voir passer, je les ai suivis, assez loin, jusqu’en haut de la rue Jean Chatel. Je voulais savoir comment ils respirent, comment ils parlent, comment ils marchent, comment ils s’habillent... C’était pour moi si étrange et différent... J’avais une grande attirance vers ce qui vient de l’extérieur. Et depuis très jeune aussi, j’ai voulu sortir de mon milieu et évoluer dans un autre milieu. J’ai tout fait pour ne pas me laisser “embrigader” par la communauté. Il a fallu pour cela que j’échappe aux traditions, aux règles, au mariage forcé ou arrangé. Il m’a fallu acquérir mon indépendance. Mais comment faire quand on n’a pas de diplôme ?
Je me suis inscrite à la Chambre de Commerce pour faire un CAP de sténo-dactylo. J’ai suivi les cours pendant deux ans et je suis devenue Secrétaire sténo-dactylo. Avec ce petit diplôme, je suis allée chercher un emploi... Mon père m’a presque frappée ! « Est-ce que je ne peux pas subvenir à tes besoins ? Ta voie n’est pas là, ta carrière n’est pas celle-là... Tu me suis, je ne veux pas ton mal et tu ne vas pas t’égarer ailleurs ! » Je n’ai rien dit, mais le soir, en cachette, je continuais à apprendre et j’ai aussi continué à chercher du travail. Jusqu’au jour où j’ai eu le bonheur d’être recrutée comme secrétaire, auxiliaire de bureau, au Vice Rectorat. C’était un emploi recherché à l’époque ; il n’y avait pas l’informatique...
Dès lors, ma hantise a été de perdre cet emploi, en fin de contrat. Je n’étais pas titulaire. J’ai cherché par tous les moyens à être titularisée. J’étais dévorée d’ambition, je voulais aller le plus loin possible : mais comment faire, quand on n’a pas de bagage ? A côté du Vice Rectorat, il y avait la Fac de Droit. Je me suis renseignée sur ce que je pouvais faire, sans diplôme : pas de bac, rien. J’ai pu m’inscrire à la Capacité en droit. La journée, je travaillais - 42 heures par semaine, à l’époque - et le soir, je prenais mes cours, que je révisais une fois rentrée à la maison. J’ai suivi les deux années de cours, je suis sortie avec une “Mention très bien”. Le Lion’s Club m’a donné un joli chèque ! C’était appréciable, car je n’avais pas grand-chose. Après, j’ai continué en licence, jusqu’au diplôme d’avocat : sept ans d’études, en travaillant... Sans un jour de congé maladie, sinon je ne pouvais plus aller à la fac, et sans un jour de congé annuel parce que le Rectorat prélevait toutes mes absences - une heure par jour pour mes cours - sur mes congés annuels.

Tout cela, c’est ce que vous avez dû faire pour vous faire une place dans la société réunionnaise, à votre retour de Chine. Mais parlez-nous un peu de votre séjour dans la Chine de Mao : vous vous sentiez chez vous, avez-vous dit. En même temps, cela devait représenter une certaine rupture culturelle...?

- Je me sentais chez moi, j’étais à l’aise, parce qu’on me prenait pour une autochtone. Mais dans mon cœur, dans ma pensée, je me sentais réunionnaise. Ma pensée, ma qualité de réunionnaise ne m’ont jamais quittée. Tous les jours, je repensais à La Réunion, à ma famille ; je repensais à ma vie dans l’île. Quand je suis revenue, après environ deux ans d’absence, je n’avais rien perdu de la vie dans mon île.

Et votre vie en Chine, comment s’est-elle déroulée ?

- En Chine, j’ai d’abord débarqué à Hong-Kong, où nous avions de la famille. Elle m’a promenée et fait découvrir le pays pendant deux mois de vacances. Avec mon passeport français, je ne pouvais pas passer sur le continent. Je me suis présentée aux autorités chinoises et, à l’époque, Mao a pris une mesure d’accueil particulière pour la diaspora chinoise. Nous n’étions pas très nombreux : quelques-uns venus d’Amérique, et moi, de l’Océan Indien. On nous a donné un passeport chinois et j’ai vécu comme une Chinoise de Chine : je suis allée à l’école, aux réunions, aux champs... J’ai fait des excursions et j’ai suivi la préparation des Gardes rouges. Je ne l’ai pas été, parce que ce n’était que les prémisses. On avait des réunions très “musclées”, pour nous préparer à être de futurs Gardes rouges. Moi, je prenais cela comme un amusement ; je n’étais pas très consciente. J’ai retenu quelques leçons : de démocratie, par exemple. J’ai appris que « la démocratie, c’est très bien ; mais il ne faut pas la mettre en application tant que le peuple n’est pas déconditionné. Tant que le peuple est conditionné, ce n’est pas la peine de le faire voter, parce qu’il votera mal. On atteindra la démocratie le jour où le peuple sera complètement déconditionné... »

Et comment avez-vous vécu, aux débuts de la Chine communiste, vos rapports avec la religion, par rapport à ce que vous aviez vécu à La Réunion ? Est-ce que c’était très différent ?

- Ce n’était pas différent, mais j’ai eu l’impression que La Réunion vivait 50 ans en arrière. Parce qu’on y a conservé des pratiques de l’ancien temps, abandonnées en Chine.

Qu’avez-vous “abandonné” et était-ce différent de ce que vous viviez à La Réunion ?

- Non, c’était la même chose, en plus développé. Mais la pratique n’existe plus. Je voulais surtout parler de quelque chose qui a attiré mon attention là-bas : le patriotisme. Les gens étaient prêts à mourir pour leur patrie. J’ai vu des gens malades, très malades même, avec un certificat médical et un congé de maladie : ils le mettaient dans la poche, sans le montrer à la coopérative et ils venaient quand même travailler. J’ai vu des gens presque mourir de faim - on était en pleine famine, on mangeait très peu, que du riz, tous les jours, avec un peu de brèdes, c’est tout ; même pas d’huile. Les gens s’en contentaient et ne se plaignaient pas. Le sentiment patriotique était à un niveau très élevé, très fort... C’était inimaginable.

Et à votre avis, ce patriotisme est quelque chose qui est lié au Culte des Ancêtres ?

- Je pense que cela a quelque chose à voir avec les traditions, avec le culte des Ancêtres aussi. Dans l’inconscient collectif, il doit y avoir quelque chose comme cela, qui guide les gens. Parce qu’il n’y avait aucune opposition au système en place. Je n’ai jamais vu ni entendu quelqu’un se plaindre. Même pas entre nous, dans l’intimité. Quelquefois, on disait qu’on mangerait bien un petit porc laqué, ou un canard ! Mais personne ne se plaignait du manque.

Mais à l’époque, aurait-on pu se plaindre ? Comme vous le disiez, il y avait la famine et Mao l’a éliminée tout de même ?

- Oui, mais pas tout de suite. La famine a duré quelques années. C’est vrai que les gens faisaient très attention. On était très encadré. On avait intérêt à marcher droit et à ne pas avoir des mots de travers. On pouvait être trahis par ses propres enfants. Quand on se parlait entre adultes, on demandait aux enfants de sortir, pour qu’ils n’interprètent pas les conversations. Mais c’était surtout préventif. Je n’ai pas vu de gens sanctionnés parce qu’ils auraient mal parlé. Cela a peut-être existé... la Chine est si vaste. Mais là où j’étais, je ne l’ai pas vu.

Combien de temps être vous restée ?

- Je suis restée un an et trois mois en Chine continentale. J’en ai eu assez et je suis retournée à Hong Kong, pour rentrer à La Réunion.

Vous êtes sortie facilement ?

- Avec mon passeport français, oui ! Les Chinois ne pouvaient sortir qu’avec un visa. Or, il n’y avait aucune raison de m’en donner un ; je ne suis pas une personnalité. J’ai ressorti mon passeport français et je suis partie comme cela.
Le bateau s’arrêtait à l’île Maurice et j’ai pris l’avion pour revenir à La Réunion. La traversée a duré un mois, avec une bonne ambiance à bord : très bien accueillie, fêtée même. C’était l’insouciance, la belle vie...

Et vous arrivez en 1962... Vous avez connu les “années de braise” ici : comment se sont-elles passée pour vous ? Vous sentiez-vous toujours “étrangère” ou est-ce que ce voyage vous a permis de vous situer ? D’après ce que vous avez déjà dit, vous vous sentiez réunionnaise : comment cela s’est-il traduit ?

- Mon sentiment réunionnais s’est renforcé. J’ai pris la résolution de me dire que mon pays est là où je suis né, là où j’ai grandi : C’est là où je vais continuer à vivre. Je ne renie pas mes origines, bien sûr. Mais le “retour à la maison” (hué kwaï), ça n’est pas pour moi ! Et c’est à partir de là que j’ai commencé à bâtir ma vie, chercher ma voie hors du sentier des traditions.
C’est là que je suis allée à la Chambre de Commerce et à la recherche d’un travail, qui m’a libérée.
Il y a une chose dont j’ai oublié de parler : j’ai été baptisée à l’âge de 14 ans. Des femmes qui nous voyaient jouer dans la rue sont allées voir nos parents. Mais le prêtre ne voulait pas nous baptiser un dimanche parce que le mariage de nos parents n’était pas validé à La Réunion. Ils étaient considérés comme “concubins” et les enfants de concubins étaient baptisés le vendredi. Il a fallu deux ans d’assiduité contrôlée : pointés tous les dimanches ! Finalement le prêtre a accepté.
Nos parents ont vu leur mariage reconnu à peu près au moment de leur naturalisation. Mais ils ont dû repasser à la mairie ! Quant à moi, je suis une pratiquante occasionnelle. J’ai agi avec l’Aumônerie des prisons, pour les étudiants et dans plusieurs associations. Monseigneur Aubry a donné des conférences chez nous, quand j’étais au CROUS.

Tout cela a dû vous aider à vous intégrer à la société réunionnaise mieux que durant votre enfance. Vous vous êtes aussi mariée (à l’église) à l’extérieur de votre communauté d’origine et cela ne devait pas être très fréquent à l’époque ?

- J’ai toujours eu une attirance pour l’Occident. Le reste est bien aussi, mais j’ai toujours aimé ce qui ne me ressemblait pas. Et je voulais bâtir une famille, un foyer, avec quelqu’un qui en saurait plus que moi-même. Comme j’avais un très grand retard - j’ai fait mes études tard, j’ai travaillé tard... - je voulais vivre avec quelqu’un d’un niveau culturel au moins égal, sinon supérieur au mien. Et je ne voulais pas d’un “frimeur”. J’ai trouvé quelqu’un qui correspondait à mon idéal mais il m’a fallu le cacher ! Nous voulions prendre le temps de nous connaître : comment sortir ensemble sans qu’il y ait une opposition de la famille ou du milieu ? Cela a été la période la plus dure : on est restés clandestins pendant quatre ans ! Dans un pays comme celui-là, nous n’en avions pas conscience, mais tout finit par se savoir ! On ne peut rien cacher. Mon père, par désespoir, ne disait plus rien et faisait semblant de ne pas savoir.
Au bout de quatre ans, nous avons décidé de nous marier et j’ai dit à ma mère : « Comment faire pour l’annoncer à papa ? » Elle me dit : « Attends qu’il soit de bonne humeur pour le lui annoncer ; mais tu le feras sans moi. Je ne serai pas là ! » Tous les jours, au réveil, elle m’avertissait de l’humeur de mon père. Pendant un mois, comme ça, elle m’a dit tous les jours : - « Pas bon ! » Un jour, j’ai dit : « Jusqu’à quand cela va durer ? j’ai bientôt trente ans... » Au bout d’un mois, j’ai décidé de ne plus attendre le “signal d’humeur” et d’annoncer ma décision le lendemain. Ma valise était prête ; si mon père n’était pas d’accord, on partait.
Le lendemain, je lui ai dit que j’allais me marier... avec un zorey, prénommé Jean.
« Encore ! » a dit mon père. Parce que ma sœur aussi s’était mariée avec un Jean, métis chinois. Cela a été la seule réaction de mon père. Il s’était résigné. J’ai fait entrer Jean, qui attendait dehors, avec sa bouteille de champagne.

Vous étiez la première de la fratrie à épouser un “zorey”...


- J’ai ouvert la voie ! Depuis, mon mari est le garçon préféré de la famille. Il est le plus choyé. Quand mon père avait quelque chose à donner, c’était d’abord pour son gendre zorey. Après, mes autres frères et sœurs ont fait des mariages mixtes, sans problème. La voie était ouverte.

Que pouvez-vous raconter de votre père ? Vous avez évoqué “sa condition d’étranger”. Pourquoi l’est-il resté si longtemps ? Et dans quelles circonstances a-t-il obtenu la nationalité française ?

- Nous avons vécu en étranger pendant très longtemps. Même après notre naturalisation, nous nous comportions comme des étrangers : résignés, faisant attention à ne pas commettre d’impair... Mon père est arrivé à La Réunion à l’âge de 13 ans. A 50 ans, il n’était toujours pas naturalisé, bien qu’il en ait fait la demande depuis ses 30 ans, ou un peu plus. Il a fait son dossier de demande de naturalisation auprès des autorités compétentes... Toujours refusé ! Pendant au moins dix ans. Jusqu’au jour où...Je travaillais au Vice Rectorat à l’époque, dont les locaux se trouvaient à côté de la Préfecture. Et à côté, il y avait les services des RG (police politique). On travaillait en collaboration, avec les différents services. Un jour, j’ai demandé à quelqu’un que je connaissais à la Préfecture s’il pouvait regarder le dossier de mon père : pour comprendre pourquoi on refuse de le naturaliser, alors que ses enfants - nés à La Réunion - sont adultes... « Tout le monde est Français, sauf lui et sa femme ! », ai-je fait valoir. Le copain me dit qu’il va regarder... et deux jours après, il me dit : « Je veux voir ton père ». J’arrange un rendez-vous. Le jour dit, ils se rencontrent. Je fais asseoir le fonctionnaire des RG et la première question qu’il pose à mon père a été : « Vous êtes proche de Témoignages ? » Mon père, qui comprenait à peine le Français et le créole, ne comprend pas la question. Il ne réagit pas et regarde l’autre d’un air incrédule. Je demande au collègue des RG de s’expliquer. « Laisse-moi faire » répond-il et il répète sa question. Je demande alors ce que cela a à voir avec sa naturalisation. Je traduis à mon père, qui ne comprend toujours pas. Il était importateur de papier journal et fournissait “Témoignages” et le Journal de l’île. “Témoignages” avait une facture en retard et les autorités ont pensé à un cadeau ! J’ai expliqué cela à mon père, qui s’est récrié ; il était prêt à ouvrir ses carnets de comptabilité (en chinois !) : c’était un crédit, comme il en faisait à tous les commerçants de l’île ! L’affaire a été réglée comme ça et le malentendu, dissipé. Six mois après, les parents étaient naturalisés.

Dans votre parcours professionnel, et en tant que femme, cela ne devait pas être facile à l’époque d’accéder à la fonction publique. Surtout avec les débuts d’instruction difficiles que vous avez racontés. Quels souvenirs marquants en gardez-vous ?

- Tant qu’on est à la base, sous les ordres d’un chef, c’est facile. Dès qu’on cherche à accéder à un grade supérieur, c’est la croix et la bannière. Même au CROUS, il n’y a pas trop longtemps, j’ai eu les pires difficultés, dans des relations professionnelles avec des gens qui, pourtant, étaient sous mon autorité. J’en suis venue à bout à chaque fois. Quand je veux arriver à quelque chose, je m’entête. Et je ne supporte pas l’injustice. Alors je prends la tête dans le guidon, avec foi, et je fonce jusqu’à ce que mon adversaire soit abattu. Et j’y suis arrivée.

En suivant les conseils de votre père !

- Absolument ! C’étaient de bons conseils.

Propos recueillis par P. David, avec le concours de Kanal Océan Indien


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