Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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De Bollardière
18 décembre 2007

Le 29 novembre dernier a été inauguré à Paris (7e et 15e arr.), sur décision du conseil municipal unanime, le carrefour Général-de-Bollardière. La plaque choisie porte pour seule mention “Compagnon de la Libération”, en rappel des titres de résistance décernés à cet officier français, le plus décoré par les alliés. Mais si le nom de Bollardière reste attaché à l’honneur militaire et à l’honneur tout court, c’est en raison de sa dénonciation de la torture pendant la guerre d’Algérie - une position qui valut à son auteur deux mois de forteresse. Jacques Pâris de Bollardière est décédé le 22 février 1986, en Bretagne, seul officier supérieur à ne pas avoir été réintégré dans ses droits à la suite de la loi de réhabilitation de novembre 1982.
Jacques Pâris de Bollardière est né à Chateaubriand (Loire-Atlantique) le 16 décembre 1907. Entré en 1927 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il en sort en 1930 avec le grade de sergent-chef : c’est déjà une sanction, que lui ont infligée des supérieurs qui n’ont pas apprécié l’esprit libre et contestataire dont il a fait preuve lors de son passage à l’école. En 1939, il est lieutenant à la Légion Étrangère dans le Sud marocain ; il reçoit le baptême du feu à Narvick et est promu capitaine durant la campagne de Norvège.
Résistant de la première heure, il rejoint l’Angleterre en juin 1940 - il est condamné à mort (par contumace) par le régime de Vichy -, et participe à tous les combats des F.F.L (Gabon, Erythrée). avec la 13e Demi-brigade de la Légion Étrangère. En avril 1944, il commande la mission Citronnelle dans le maquis des Ardennes. Jacques de Bollardière a été le soldat le plus décoré de la France libre : grand officier de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939-1945 (cinq citations), deux fois décoré du DSO britannique (Distinguished Service Order) et Officier de l’ordre royal de la Couronne de Belgique...
Une carrière militaire dans les commandos
Après deux ans dans le corps expéditionnaire français (1946-48) en Extrême-Orient, il commande de 1950 à 1953 les troupes aéroportées en Indochine. Après 1953, il est instructeur à l’École de Guerre. En 1956, il est muté en Algérie, et, en juillet de la même année, il est nommé général. A 49 ans, il est le plus jeune général de l’armée française. Pendant plusieurs mois, il expérimente à la tête des “commandos nomades”, (ou commandos noirs) des actions de liaisons avec les zones les plus coupées de l’administration. Les volontaires de ces commandos signaient un engagement par lequel ils s’engageaient « sur l’honneur, à respecter la règle des nouveaux commandos nomades : tout musulman sera considéré par moi comme un ami, et non comme un suspect, sauf preuve du contraire ... ». Ce type de collaboration entre civils et militaires reposait notamment sur des chantiers, qui employèrent jusqu’à 3000 hommes.
Mais entre temps, le commandement change de main dans le département d’Alger et les opérations de « maintien de l’ordre », dévolues au général Massu et à la 10e D.P de Parachutistes font rage lors de la Bataille d’Alger (janvier 1957). Ces opérations - arrestations et exécutions sommaires, tortures... - conduisent Jacques de Bollardière à dénoncer les procédés en vigueur dans la recherche du renseignement. Le 28 mars 1957, il demande à être relevé de son commandement en Algérie.
Seul officier supérieur opposé publiquement à la torture
Le 15 avril, il est frappé de 60 jours d’arrêts de forteresse, après avoir pris position publiquement, dans la presse (“l’Express” du 27 mars 1957 ; “le Monde” du 29 mars 1957), contre la pratique banalisée de la torture. Avec La Question, écrit en prison par Henri Alleg, directeur du journal Alger Républicain, dans lequel il dénonce ses conditions de détention et le supplice de Maurice Audin - paru aux Editions de minuit, le livre est aussitôt interdit, en mars 1958 - la protestation du général de Bollardière a été l’une des rares dénonciations publiques de la torture, et la seule émanant d’un officier supérieur. [...]
Après le putsch d’Alger en avril 1961, il démissionne définitivement de l’armée d’active, en protestation contre le soulèvement d’une partie de l’armée contre le pays.
La voie de la non-violence
Il s’est par la suite distingué par ses prises de position en faveur de la non-violence, en réponse à la question qu’il se posait depuis sa rupture avec l’armée : comment résoudre les conflits par des voies qui respectent l’Homme ? La parution, en 1971, du livre de Jacques Massu, la vraie bataille d’Alger, dans lequel il justifie le recours à la torture, pousse Bollardière à publier Bataille d’Alger, bataille de l’homme (DDB, 1972), avec lequel il va donner plusieurs conférences en France, à l’appui d’une philosophie de la non-violence qui a profondément marqué tous ses engagements ultérieurs. Il est co-fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente. Il s’est opposé aux essais nucléaires français à Mururoa en juillet 1973, a soutenu les paysans bretons anti-nucléaires et ceux du Larzac en conflit avec l’armée. Il soutient les objecteurs de conscience victime d’une répression accrue entre 1977 et 1981.
En février 1978, il est mort d’un cancer généralisé, avec la sérénité d’un homme qui, toute sa vie, s’est beaucoup battu.
P. David
Sources : Ligue des droits de l’Homme ; Non-violence Actualité, Yves Courrières, La guerre d’Algérie, 3 vol.
Extraits
L’inacceptable [1]
« Vers le début de janvier 1957, tout s’accéléra soudain et devint menaçant. Une violente poussée de terrorisme plonge Alger et sa région dans la fièvre. Pour faire face à la situation on met en place une nouvelle organisation de commandement dans laquelle mon secteur se trouve englobé. Le général Massu, commandant la 10ème Division parachutiste, en est le chef. Les pouvoirs civils abandonnent entre ses mains la totalité des pouvoirs de police qu’il décentralise aussitôt jusqu’au dernier échelon de la hiérarchie dans la division parachutiste. [...]
Des directives me parviennent, disant clairement de prendre comme premier critère l’efficacité et de faire passer en priorité les opérations policières avant toute pacification. Des femmes musulmanes atterrées, viennent m’informer en pleurant que leurs fils, leur mari, ont disparu dans la nuit, arrêtés sans explication par des soldats brutaux en tenue camouflée et béret de parachutistes. [...]
Quelques heures plus tard, je reçois directement l’ordre de faire exécuter immédiatement par mes troupes une fouille de toutes les mosquées du secteur pour y chercher des dépôts d’armes. Je refuse d’exécuter cet ordre reçu dans des conditions irrégulières et que je juge scandaleuses ; j’estime de plus qu’une telle provocation risque de ruiner les efforts de plusieurs mois. Je demande alors à être reçu immédiatement par le général Massu.
J’entre dans son vaste bureau [...] Je lui dis que ses directives sont en opposition absolue avec le respect de l’homme qui fait le fondement même de ma vie et que je me refuse à en assumer la responsabilité.
Je ne peux accepter son système qui conduira pratiquement à conférer aux parachutistes, jusqu’au dernier échelon, le droit de vie et de mort sur chaque homme et chaque femme, français ou musulman, dans la région d’Alger...
J’affirme que s’il accepte le principe scandaleux de l’application d’une torture, naïvement considérée comme limitée et contrôlée, il va briser les vannes qui contiennent encore difficilement les instincts les plus vils et laisser déferler un flot de boue et de sang...
Je lui demande ce que signifierait pour lui une victoire pour laquelle nous aurions touché le fond de la pire détresse, de la plus désespérante défaite, celle de l’homme qui renonce à être humain.
Massu m’oppose avec son assurance monolithique les notions d’efficacité immédiate, de protection à n’importe quel prix de vies innocentes et menacées. [...] Il maintient formellement l’esprit de ses directives, et confirme son choix, pour le moment, de la priorité absolue à ce qu’il appelle des opérations de police.
Je lui dis qu’il va compromettre pour toujours, au bénéfice de la haine, l’avenir de la communauté française en Algérie et que pour moi la vie n’aurait plus de sens si je me pliais à ses vues. En sortant de chez lui, j’envoie au général commandant en chef (1) une lettre lui demandant de me remettre sans délai en France à la disposition du secrétaire d’État à la Guerre. [...]
J’ai le coeur serré d’angoisse en pensant à l’Algérie, à l’Armée et à la France. Un choix conscient et monstrueux a été fait. J’en ai acquis l’affreuse certitude.
Le lendemain, je prends un avion pour Nantes où m’attend ma famille. »
(1) Extrait de “Bataille d’Alger”, bataille de l’homme (chapitre 11)
par Jacques de Bollardière - éd. Desclée de Brouwer 1972.
Le président Sarkozy a ignoré l’appel des Douze
« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
Déclaration universelle des Droits de l’Homme - Article 5
En octobre 2000, un collectif français - auquel appartient Simone de Bollardière, veuve du général - a lancé un appel, dont le contenu dépasse le seul contexte français, depuis que plusieurs démocraties ont dérapé dans le recours à la torture, sous couvert de “lutte anti-terroriste”. (1)
« Nous voudrions, avec les douze signataires de l’appel, que l’Etat reconnaisse enfin la vérité, l’institutionnalisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. Mais nous ne voulons pas de repentance, ni de jugement. Mais qu’enfin on puisse dépasser le contentieux - on le voit encore avec les réactions au match France-Algérie - qui nous sépare de ce pays, que l’on reconnaisse ce qui s’est passé de part et d’autre. Tout le monde doit faire son autocritique. C’est un devoir de mémoire. »
Lors de son récent séjour en Algérie, le président Sarkozy, en se fourvoyant dans le rejet d’une “repentance” que personne ne lui réclame, a surtout perdu une occasion d’apaiser des blessures qui ne demandent qu’à se réveiller et à faire faire un pas de plus au grand projet méditerranéen.
(1) L’appel à la condamnation de la torture durant la guerre d’Algérie a été lancé par Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain, Simone de Bollardière, Josette Audin, épouse de Maurice assassiné, Nicole Dreyfus, avocate, Noel Favrelière, rappelé et déserteur, Gisèle Halimi, avocate, Alban Liechti, insoumis, Madeleine Rebérioux, historienne, Laurent Schwartz, mathématicien, Germaine Tillon, ethnographe et résistante, Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, historiens.
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Messages
18 décembre 2007, 13:22
lgerie de 1830 a 1962.Le 8Mai 1945 alors que l’Europe fetait sa liberation du nazisme, les algeriens sont sortis+, dans la rue pour revendiquer leur independance promise par le president Roosvelt au nom de"Le droit des peuples de disposer d’eux memes" et donc le droit a l’autodetermination.Cette initiative à couter la vie entre45000 et 30000morts hommes femmes et enfants militaires gendarmes policiers colons etaient de la partie.Pendant la guerre d’algerie toutes les casernes toutes les gendarmeries et presques tous les commissariats de police etaient des centres de tortures et d’excecution sommaire je l’ai vu et ma famille compte 15disparus apres arrestation.Il ne faut pas se taire au nom des droit de l’homme il faut se battre pour que sa cesse pour une repentence pour que les manuels d’histoire apprennent a tous les enfants de ce monde qu’apres la proclamation des droits de l’homme et la defaite du nazisme ceux qui ont etaient les artisans ont continue a torturer à assassiner en asie du sud est en afrique en amerique latine sans oublier les juifs.Le general qui a avouer ses crimes en France ate disgracier et a ses 90ans fut accuse de senile de radotteur par l’etat et ses congéneres.Il le dit, le redit, le clame ,l’ecrit et finit par passer a la tele avouant avec fierte avoir torture et execute en citant nommemant ses victimes ;c’est incroyable mais le ridicule ne tue pas.LE general DE BOLLADEIRE est un grand Soldat .L’histoire ne l’oublira pas.Heureusement pour l’humanite les peuples ne sont pas à l’image de leurs gouvernants mais ils se font toujours bernes pour choisir parmis les plus pitoyables les pires