Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
27 juillet 2007

“L’adieu au Lazaret” écrit par Françoise Vergès et Carpanin Marimoutou et paru dans le courrier des lecteurs du “Quotidien”, samedi 21 juillet, a provoqué de multiples échos. Regrettons que le ton en ait été plus polémique que constructif ! Regrettons qu’une fois de plus, on n’ait pas hésité à recourir à des attaques dirigées contre les personnes avec les sous-entendus habituels et monotones par leur répétition !
Au-delà de ce qui fait mal et divise, ne faut-il pas se rassembler sur l’essentiel ? Quand on aura rappelé que le ou plutôt les lazarets de la Grande Chaloupe et de la Ravine à Jacques ont accueilli pendant plusieurs décennies de nombreux ancêtres des Réunionnaises et des Réunionnais, on devrait être d’accord pour dire que cette porte d’entrée du peuple réunionnais est un lieu de mémoire essentiel.
Sur le bord d’une des routes les plus fréquentées et qui fait tellement parler d’elle, il y a ce site chargé d’histoire au sein d’une nature sublime : d’un côté, la mer d’où sont arrivés les ancêtres, de l’autre, la montagne traversée par le chemin Crémont, dit chemin des Anglais, chemin pavé construit par les esclaves et qu’on ne peut parcourir sans émotion. Nature et Histoire mêlent ainsi leur beauté et leurs douleurs. Une sorte de Gorée inversé...
Une telle charge symbolique en fait un lieu sacré. Or, actuellement, on ne peut qu’être inquiet du désordre - au double sens créole et français - qui y règne. Ce n’est pas “le choc des civilisations”, mais à tout le moins le choc des temps, le choc entre le respect dû à la mémoire et l’agitation actuelle imposée par les travaux de sécurisation de la route, qui ont par ailleurs leur nécessité.
Dans ce contexte difficile - reconnaissons-le les uns et les autres -, celles et ceux qui partagent cette volonté de préserver cette part de leur être historique devraient pouvoir se parler et s’entendre pour voir ce qu’il convient de faire pour préserver au mieux ce qui peut l’être et le transmettre aux générations futures.
Quand, tous les jours pour aller au travail, ou le week-end pour se balader, des dizaines de milliers de voitures passent à la Grande Chaloupe, que les usagers se souviennent que là, si lo bor somin, des hommes et des femmes ont débarqué - ou plutôt ont été débarqués - avant d’aller enrichir La Réunion de leur sueur et d’enfanter les générations d’aujourd’hui !
Brigitte Croisier
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