Lerka

Le Live Thomas Laroche Joubert et Jakomaron

21 août 2006

Le Palaxa était presque trop petit pour contenir les spectateurs de cette recréation audiovisuelle, servie en direct. Les témoins de cet événement étaient interloqués par la prouesse artistique des deux créateurs réunionnais. Anou ansanm...

Les murs du Palaxa contiennent sereinement les assonances numériques de Jakomaron, tandis que les deux écrans que contrôle Thomas Laroche Joubert appellent un regard sur les poètes réunionnais, d’hier et d’aujourd’hui. La stricte dichotomie des phrases, des mots, des jeux de mots du poète, interpelle les auditeurs-spectateurs sur une poésie réunionnaise en devenir, en pleine croissance, en pleine élaboration, en renouveau. D’autant que jeunes générations et précurseurs du fonnkèr réunionnais se retrouvent bien malgré eux sur la scène, jonglant tantôt avec les mots de l’autre, tantôt mimant l’expression d’un autre. Bien évidemment, on reconnaît la voix de Francky Lauret, de celui de Cristian Floy Jalma. On voit apparaître Danyèl Waro, Babou B’Jalah, David Boileau, Claire Karm, Axel Gauvin. D’autres poètes encore se dévoilent sur la toile. Regrettera-t-on un peu de plus de dynamisme dans l’œuvre commune de Jakomaron et Thomas Laroche Joubert. Peut-être que cela s’explique par une volonté d’harmonie, entre la musique raisonnée de Jakomaron et la trituration volontaire de Thomas L. Joubert.

À quand les documentaires sur les poètes réunionnais ?

En tout cas, le spectacle était original, et intéressant. Les quelque 150 spectateurs ont pu profiter de la projection en avant-première du travail "plus conventionnel", d’Imago Productions. Cela en avant-goût de la diffusion sur le petit écran, par RFO, coproducteur de la série de documentaires sur les fonnkézèr du péi. La diffusion est prévue pour la fin de l’année 2006. Du moins on l’espère...
Lerka poursuit ses efforts pour faire valoir la création réunionnaise, aidant à son remaniement perpétuel. Thomas Laroche Joubert et Jakomaron ont fait la démonstration de la pertinence de la rencontre entre artiste, poussant toujours plus loin la recherche. C’est bon pour les arts réunionnais.

Patrick Julie


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Témoignages - 82e année


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