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Intervention de Maurice Gironcel à la fête du maloya
1er octobre 2018, par

Le 9e anniversaire de l’inscription du maloya au Patrimoine immatériel de l’humanité a connu un temps fort hier à Sainte-Suzanne avec une série de concerts qui ont montré la volonté de jeunes de reprendre le flambeau, et un discours de Maurice Gironcel qui a rappelé toute l’importance du maloya dans la société réunionnaise, ainsi que le combat qu’il a fallu mener pour que ce symbole de l’identité réunionnaise passe de la clandestinité à la reconnaissance internationale.
C’était hier la fête du maloya à Sainte-Suzanne à l’initiative d’un partenariat entre la commune, la Région et l’Education nationale pour commémorer le 9e anniversaire de l’inscription du maloya sur la liste du Patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Un village du maloya était installé au Bocage Lucet Langenier avec des stands d’artisanat, notamment d’instruments, entourant un podium sur lequel se sont produits des artistes.
C’était l’occasion de valoriser de jeunes groupes qui reprennent le flambeau, comme Koulèr Mon Nasyon. Ce fut aussi un moment de partage entre les générations, avec la partcipation aux côtés des jeunes de Gramoun Sello, et de deux autres zarboutans qui ont chanté sur les premiers disques de maloya : Yvrin Lagarrigue et d’Arsène Cataye.
Cette transmission du maloya ne se limite pas à des techniques musicales, c’est aussi celle d’une histoire car, comme l’a rappelé le chanteur de Koulèr Mon Nasyon, « le maloya n’est plus interdit, il ne faut pas avoir honte de notre maloya ».
Le maloya a du mal à rester sur un podium, c’est ce qu’a rappelé Gramoun Séllo quand il a commencé à chanter « Malgash ousa y lé ? ». Venu dans le public avec des musiciens, il réussit à rappeler la dimension essentiellement populaire de ce patrimoine réunionnais bien vivant, la participation de Koulèr Mon Nasyon à cette improvisation a souligné l’union des générations sur cette question.
Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, a prolongé la dynamique créée dans son discours. Il a rappelé que c’est à l’initiative de Paul Vergès, ancien président de la Région, qu’une démarche a été lancée auprès de l’UNESCO afin de donner de reconnaître au niveau international une pratique culturelle réunionnaise née grâce aux esclaves dans les plantations. Le secrétaire général du PCR a souligné le travail de Paul Vergès pour sortir le maloya du fénoir et lui donner la dimension qu’il a aujourd’hui. Il a également souligné que c’est grâce au PCR que sont sortis les deux premiers disques de maloya.
En effet, « nos manifestations culturelles et sociales se passent avec le maloya ». Le maloya est le vecteur de revendications politiques et culturelles ».
Maurice Gironcel affirma avec force que « le maloya est le symbole de l’identité culturelle réunionnaise ».
« Nous pouvons saluer cette évolution, le maloya montre que ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise. Il nous amène à nous concentrer sur l’essentiel : nous sommes Réunionnais, le maloya fait partie de nous, il nous rassemble. Respectons le maloya ».
La prise de parole de la réprésentante de la Région, Aline Murin Hoarau, a abondé dans le même sens.
La célébration s’est conclue par un concert de Danyèl Waro, qui commença par plusieurs chansons rappelant un des combats portés par le maloya : la lutte contre l’émigration causée par le BUMIDOM.
M.M.
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