Le nouvel an tamoul à Trois-Bassins

14 avril 2008

Exposition de 45 coffrets-lumière, photos des premiers engagés indiens arrivés à La Réunion.

Le 12 avril au lieu du 13, pourquoi pas ? La ville de Trois-Bassins a fêté dignement ce jour de l’an tamoul. Cela a eu lieu à la bibliothèque de Trois-Bassins. Nous avons eu droit à une exposition de 45 coffrets-lumière, photos des premiers engagés indiens arrivés à La Réunion, du G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la TErre Réunionnaise).
Monsieur Roland Ramakistin, Maire de la commune de Trois-Bassins, a inauguré l’exposition. Comme chaque invité, il n’a pas eu droit de visiter l’exposition avant l’inauguration. Avant l’inauguration, la salle de l’exposition est plongée dans le noir. On ne voit pas les tableaux. La secrétaire de l’Association a branché le câble qui relie l’ensemble des tableaux et qui permet d’allumer les lampes qui se trouvent à l’intérieur de chacun d’entre eux. Cette lumière se situe au niveau du front. Cela donne un rayonnement splendide et instaure un côté mystérieux à la salle. Le Président du G.R.A.H.TER, explique à l’assistance que cette lumière au-dessus du front est une manière de dire que nos ancêtres sont arrivés dans l’île avec toute leur intelligence, tout leur savoir faire et toute leur ingéniosité, qui ont été transmis de génération en génération.

Il rappelle quelques vérités historiques sur l’arrivée des engagés indiens hindouistes, catholiques et musulmans à La Réunion en 1852 : « Même si la présence d’Indiens dans l’île remonte aux origines mêmes de son peuplement, l’arrivée massive d’Indiens se situe globalement après l’abolition de l’esclavage en 1848, dans le cadre de l’engagisme, un système juridique qui devait garantir les droits des travailleurs mais qui, en fait, est devenu une forme déguisée de structure servile prolongeant, après 1848, le système d’esclavage », soulignait le président du G.R.A.H.TER.
« D’ailleurs, les conditions de voyage entre le sous-continent indien et notre île étaient assez pénibles, que nombre de ces “engagés” moururent en mer, et leur corps jeté à l’eau, sans pouvoir sacrifier aux rites funéraires de leur pays d’origine...
A l’arrivée, nombre d’entre eux souffraient d’amaigrissement, de diarrhées, de fièvres et blessures diverses... Parqués dans les anciennes artilleries de La Possession rebaptisées par la suite “Lazarets”, les “engagés”, au lieu de 40 jours d’isolement, y restèrent jusqu’à trois mois
. »
« Nous ne devons pas, par devoir de mémoire, oublier la souffrance de ces femmes et de ces hommes arrivés dans notre pays, sans billet de retour. Il nous appartient de leur rendre hommage pour ce qu’ils nous ont donné », devait notamment expliquer Marc Kichenapanaïdou, rappelant que dans ce “devoir de mémoire”, beaucoup reste encore à faire pour mieux connaître et faire connaître cette période de notre Histoire. « Notre pays a une histoire et il est important pour chacun d’entre nous de la connaître », rappelait-il à la fin de son exposé.
Le Maire de Trois-Bassins, Roland Ramakistin remercie les élèves ainsi que les personnes présents. Il explique la valeur de cet évènement. Il est heureux que pour la première fois, Trois-Bassins fête le jour de l’an tamoul. Cet évènement, dit-il, est capital. Ce jour de l’an tamoul, c’est la fête de tous les réunionnais. Nous ne sommes pas là, l’un contre l’autre, mais l’un avec l’autre. Il a l’intention au cours de sa mandature d’intéresser davantage nos jeunes à notre histoire et leur permettre ainsi de prendre des initiatives, des responsabilités afin d’être demain des hommes d’avenir et des responsables consciencieux.
Madame Daly, avec sa troupe de danseur et de danseuses, nous a fait une démonstration de trois danses indiennes remplies de beauté spirituelle. Ces jeunes filles étaient toutes belles avec des saris de différentes couleurs. Les Trois-Bassinois ont été très heureux de les applaudir. Certains parents ont même demandé au maire d’encourager l’ouverture des cours de danses indiennes dans sa ville.
Il est certain qu’il y a beaucoup à faire dans le milieu culturel. Ce vide de la culture a été ressenti par l’ensemble de la population de Trois-Bassins. Les jeunes en ont besoin et en font la demande. Monsieur Roland Ramakistin en est très conscient. Il a pris l’engagement de faire tout ce qui est dans ses possibilités pour combler ce vide. Et ce sera à son honneur.

La ville de Trois-Bassins a bien fêté le 12 avril, le nouvel an tamoul année 5109. L’exposition continuera jusqu’au samedi 19 avril prochain.

Correspondant


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Témoignages - 82e année


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