Culture et identité

Le PCR à l’origine de la prise de conscience d’un peuple réunionnais

Ce soir, préparation de la conférence idéologique internationale

Manuel Marchal / 23 août 2019

Le PCR organise ce soir la troisième réunion préparatoire à la conférence idéologique internationale d’octobre, un des temps forts de la célébration des 60 ans de la création du Parti communiste réunionnais. Le thème de la rencontre de ce soir à Saint-André est la culture.

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Après le gala politique de Saint-Paul et la rencontre économique de Saint-Denis, le PCR organise ce soir à Saint-André une troisième réunion préalable à la conférence idéologique internationale du mois d’octobre, événement phare des célébrations du 60e anniversaire du Parti communiste réunionnais. Le thème retenu ce soir est la culture.

C’est une dimension importante de l’action du PCR au cours de ces 60 dernières années. Le 10e anniversaire de l’inscription du maloya sur la liste du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO est là pour le rappeler. Cela fera en effet 10 ans le 1er octobre prochain que cet apport des esclaves enrichi par une pratique réunionnaise, est reconnu comme une part essentielle de l’humanité. Cette reconnaissance doit beaucoup au PCR.

Avancées irréversibles

Tout comme le PCR a milité également pour que la langue maternelle des Réunionnais, le créole, puisse être respectée. Là aussi une grande victoire a été obtenue, car plus personne aujourd’hui ne remet en cause la présence du créole dans l’espace public. Il ne reste que quelques îlots de résistance face à cette réalité, qui mènent un combat d’arrière-garde qu’ils ont déjà perdu.

Au-delà de pratiques culturelles, le PCR est le parti qui a permis aux Réunionnais une prise de conscience majeure : ils appartiennent à un peuple réunionnais, et ils peuvent en être fiers.
Le peuple réunionnais s’est en effet constitué des apports venus de grandes civilisations : Madagascar, Mozambique, Inde, Chine durant la colonisation française qui apporta aussi ses immigrés qui réussirent à s’intégrer ensemble pour former le peuple réunionnais.

C’est donc une revendication globale qui est portée depuis 60 ans par le PCR. Force est de constater qu’elle a réussi progressivement à imprégner la société réunionnaise. Rares sont aujourd’hui les Réunionnais à estimer qu’ils ne font pas partie du peuple réunionnais. Là encore subsistent quelques protagonistes d’un combat d’arrière-garde qu’ils ont déjà perdu, et ils le savent.

L’arrêt du projet de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise n’était pas pour eux une victoire, car en effet, qui peut aujourd’hui croire que le Réunionnais se réduit à un Français de l’océan Indien ? De surcroît, c’est la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise qui a obtenu le classement du maloya dans le patrimoine de l’humanité. C’est une avancée indélébile, contre laquelle le vieux fond colonial ne peut plus rien faire.

Un pays, un peuple

En effet, le Réunionnais est bien autre chose que cela. Malgré la violence du régime raciste de la colonisation, et malgré le maintien d’un système néocolonial au service d’une ancienne métropole, la conscience du peuple réunionnais ne cesse de s’amplifier. Et aujourd’hui, les Réunionnais n’ont plus peur de regarder vers les pays dont ils sont originaires. C’est pour cela que l’avenir passera par la prise en compte de tout ce qui constitue le Réunionnais, premier membre d’un peuple construit dans l’égalité des cultures.

M.M.