Culture et identité

Le PCR et Témoignages honorés lors de la Semaine créole

La Rénion mon péi

Manuel Marchal / 31 octobre 2016

Dans le cadre de la Semaine créole, la Section PCR de Saint-Denis organisait hier une action saluant le rôle du Parti communiste réunionnais et celui de Témoignages dans la valorisation de la langue créole et de l’histoire de La Réunion.

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Exposition hier au Barachois, à l’initiative de la Section communiste de Saint-Denis.

Aujourd’hui, la langue créole a droit de citer. Cela ne s’est pas fait sans combats, qui s’inscrivent dans la lutte menée par le peuple réunionnais pour conquérir des libertés. Ces batailles sont aussi marquées par la solidarité avec d’autres peuples en lutte. C’est pourquoi la Section communiste de Saint-Denis a organisé une exposition visant à valoriser cette histoire hier au Barachois. Pour cela, elle a utilisé des articles de Témoignages présenté accrochés à une corde à linge, aux côtés de la banderole rappelant le nom de l’action : Larénion mon péi.

Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre de la semaine créole. Tous les jours, Témoignages publie en effet tous les jours, sous la signature de Justin, une page en créole. C’est la fameux Oté, complété par un Kozman pou la rout. Ce sont donc des milliers de textes en langue créole qui sont accessibles via Internet à des lecteurs du monde entier.

Outre des articles de Justin, la Section PCR de Saint-Denis avait également exposé une sélection d’articles portant sur différents thèmes : les Enfants de la Creuse, la lutte pour l’égalité, l’Ordonnance Debré, la solidarité avec les Chagossiens, le changement climatique.

Cette matinée était placée sous la présidence de Georges Gauvin, en présence de camarades venus de l’Ouest et de l’Est soutenir l’action des communistes de Saint-Denis.

Ary Yée Chong Tchi Kan a ouvert les interventions en insistant sur l’implication de Témoignages, depuis 72 ans, et du PCR, depuis 58 ans, dans la vie politique de La Réunion. Ginette Sinapin, directrice de Témoignages, a montré ce que représente pour les Réunionnais l’héritage des luttes menées par son journal pour la défense des droits des habitants de notre île, et notamment celui de s’exprimer dans leur langue maternelle.

Justin, observateur de la vie publique

Georges Gauvin est intervenu au sujet de Justin. En effet, depuis 10 ans, il a pris en charge cette chronique quotidienne en langue créole. Depuis 40 ans, Justin est un observateur attentif de la vie publique réunionnaise. Georges Gauvin a expliqué le sens de cet engagement dans cette signature collective.

Maurice Gironcel a évoqué la place de Témoignages et du PCR dans la lutte menée par les Réunionnais dans l’émigration. Quand des milliers de jeunes sont partis en France pour travailler dans l’industrie et les services, ils se sont organisés dans l’Union générale des travailleurs réunionnais en France (UGTRF). Chaque semaine, la lecture de Témoignages était un moment attendu.

Camille Dieudonné est revenue sur l’épisode du départ des victimes de l’Ordonnance Debré. Elle était présente dans l’ancien cinéma Rio, quand les communistes ont organisé une émouvante cérémonie de départ pour soutenir leurs camarades condamnés à l’exil pour des raisons politiques.

Puis ce fut au tour d’Alain Dreneau, secrétaire du Comité de solidarité Chagos Réunion de donner un coup de projecteur sur les luttes menées aux côtés des Chagossiens, un peuple chassé de son pays pour que soit construite la base militaire de Diego Garcia. Il a annoncé la venue prochaine d’Olivier Bancoult, représentant du Groupe Réfugiés Chagos.

Ary Yée Chong Tchi Kan est ensuite de nouveau intervenu. Il a tout d’abord commenté la « une » de Témoignages qui rappelait la démission des deux députés communistes Paul Vergès et Elie Hoarau, parce que le gouvernement avait fait voter une loi interdisant l’égalité aux Réunionnais, texte contre lequel les députés socialistes avaient refusé de déposer un recours au Conseil constitutionnel. Cette démission allait permettre d’accélérer la mise en œuvre de l’égalité qui était promise dès le 1er janvier 1947 dans la loi du 19 mars.

Solidarité avec des causes mondiales

Ary Yée Chong Tchi Kan a ensuite expliqué le combat mené par Paul Vergès dans la lutte contre le changement climatique. Ce fut d’abord en 1996 la conférence de presse de Paul Vergès et de Philippe Berne, montrant l’importance du changement climatique malgré les moqueries dont fut l’objet cette intervention à l’époque. Puis il y eut le vote à l’unanimité de la proposition de loi du parlementaire réunionnais faisant de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale en 2001. Cela a entraîné la fondation de l’ONERC, Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, institution présidée par Paul Vergès. Et Ary Yée Chong Tchi Kan de constater que malgré le fait que Paul Vergès assure depuis 15 ans la présidence de l’ONERC, aucune télévision de La Réunion ne lui a donné la parole pour parler du changement climatique alors que la conférence de Paris sur le climat était sous les feux de l’actualité.

Enfin, un hommage a été rendu à Safre Richemont, cheville ouvrière de l’exposition, ainsi qu’à Simone Yée Chong Tchi Kan. C’est en effet son association qui a réalisé la banderole. C’était l’occasion de mettre en valeur ce travail, qui valorise des produits déjà utilisés comme des vêtements pour réaliser des créations originales, tels que des sacs à main.

Cette action se prolongera par un appel à projet de la Section communiste de Saint-Denis, visant à enrichir le patrimoine culturel constitué par la bibliothèque de textes en créole parus sous la signature de Justin.

M.M.