20 désanm

Le point focal de notre construction identitaire

19 décembre 2006

Ce 20 désanm est traversé de questionnements, débats et interrogations sur le sens de cette date et le contenu que les Réunionnais lui donnent. C’est à la fois le signe d’une dérive vers une “banalisation”, voire une commercialisation d’une date commémorative qui aurait le malheur d’être située trop près des fêtes de fin d’année ; mais c’est aussi un sursaut contre ces tendances, au demeurant assez récentes, liées - c’est une hypothèse - à l’uniformisation marchande de la mondialisation.
Notre 20 désanm vient de plus loin et tous les questionnements et remise en questions qui s’y rapportent sont légitimes. D’autant plus légitimes qu’il reste beaucoup à faire pour faire émerger dans la conscience collective réunionnaise un sens partagé de la “fête réunionnaise de la Liberté”, comme aboutissement d’un long travail de mémoire commun.
Ce travail ne peut être ni linéaire, ni homogène : il est le fruit de pratiques sociales et culturelles qui, nécessairement, vont s’affronter, se confronter encore longtemps avant de déboucher sur “une histoire réunionnaise globalisante” comme disent les historiens.
Ce travail collectif de mémoire n’est en cours que depuis une date relativement récente. Il a fallu la fin de la colonie pour sortir l’esclavage de l’occultation et du confinement à la sphère privée dont il était l’objet. Il a fallu un demi-siècle encore pour qu’il soit reconnu « crime contre l’Humanité ».
Combien de luttes encore faudra-t-il pour faire émerger une identité réunionnaise de nos métissages, débarrassée de tous les racismes et tendue en permanence vers la Liberté ?
C’est à quoi ce 20 désanm nous invite tous à réfléchir.

P. D.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus