“Voyaz l’am” de Augustin Tirano

Le recueil d’un autodidacte

25 octobre 2006

Qui est cet homme aux lunettes noires, coiffé d’un béret rasta ? Il faut aller à l’association AS Rome Péï Jazz au Port, pour le lui demander.

Comment vous appelez-vous ?

- Je suis Augustin Tirano. Je suis né à La Possession, mais dès l’enfance, je suis venu habiter la rue de Rome au Port avec mes parents.

Guitare basse d’orchestres de bals

Dîtes-nous en un peu plus sur vous...

- Par où voulez-vous que je commence ?... J’ai 53 ans...
Mon parcours scolaire a pris fin précocement (en fin du cycle primaire - NDLR). Puis, j’ai appris à jouer de la guitare basse sur le tas. Après avoir maîtrisé toutes les cordes, j’ai accompagné des orchestres de bals pour des mariages, baptêmes, communions. Les groupes avaient des noms extraordinaires : Desperados (le Port), Tropical (le Port), Swalove (Saint-Paul). Puis, j’ai vécu une expérience en France, d’abord dans un orchestre réunionnais à Avignon, la Calypso. Ensuite, j’ai travaillé auprès des producteurs de cinéma et des distributeurs. J’ai découvert l’univers des films. C’est aussi là que j’ai commencé à écrire, il y a une vingtaine d’années.

“Zesklav rebel”

Vous parlez écriture. Aujourd’hui, vous nous avez invité pour nous présenter votre premier livre ?

- Il s’intitule “Voyaz l’am”. J’ai sélectionné des textes pour en faire un recueil. Des histoires nées de mon imaginaire. Je rencontre des obstacles et le bien fini toujours par triompher. Je vous lis un extrait de “la vi lontan” : « Dann tan lontan nou té viv an armoni ek la natir mé nou té vreman fier dann nout ti kaz dann karo boidlé ek zépinar ». Je vous propose un autre “Zesklav rebel” : « Bann noir maron la sapé la mont lao dann boi kan minm la sèn dan pié pou ésèy pou alé out soufrans lé fini ou sa li va antéré tap-tap pa for dsi roulèr fé atansion komander ». Ces textes, je voudrais les mettre en musique. C’est en bonne voie.

Ce livre est donné

Voyas l’am, tiré sur les presses de la Maison des associations du Port est un livre des éditions Kozman La Kour. Le responsable de KLK, Dominique Blanc, est le principal animateur de cette initiative. KLK est le journal de la SIDR, il est fait par et pour ses habitants, comme le Choka Bleu de la Rivière des Galets, du Boidlé de la Sité la ZAC et le Galet pour le centre pénitencier. La parole est donnée aux habitants.
Augustin Tirano dévoile peu à peu toutes les cordes de son arc : musicien - on le sait déjà -, créateur de bijoux dart, sculpteur, écrivain, dessinateur et journaliste à KLK. Et rmiste ! Qui l’eut cru ? C’est un autodidacte.

J.-F. N.


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