Les 20 ans du programme ERASMUS fêtés à l’Université de La Réunion

26 mars 2007

La Faculté de La Réunion a proposé, mercredi, sur le campus du Moufia, une journée dédiée aux 20 ans du programme ERASMUS. Non, il ne s’agit pas de faire connaître l’auteur de “L’éloge de la folie”. En revanche, le maniement des langues et la diversité des régions visitées par ce philosophe sont au cœur de la logique du programme ERASMUS. En effet, celui-ci permet à tout étudiant européen d’accomplir une partie de son cursus scolaire (avec un minimum de 3 mois et un maximum de 1 an) dans un autre pays européen. Le but est de pratiquer une autre langue, de découvrir un autre pays, de nouvelles mentalités. Le film qui a popularisé le plus ce programme est “L’auberge espagnole” de Cédric Klapisch, avec notamment Romain Duris ou encore Audrey Tautou.

Une journée de fête

Au menu de cette journée, il était donné la possibilité aux étudiants ERASMUS de profiter d’un petit-déjeuner au Conseil régional de La Réunion, suivi d’une visite des institutions. Puis, ils ont pu visionner un film germano-polonais, mais également un des plus grands films de l’année 2006, “Volver”, de Pedro Almodovar. Quant au Restaurant Universitaire, il n’est pas resté en marge, en proposant une grande variété de plats européens. De nombreuses animations musicales ont ponctué cette journée.


Interview de 4 étudiantes ERASMUS

Elles sont 4, 2 Anglaises (Ellen, Karin) et 2 Allemandes (Katrin et Nadine), à avoir bien voulu répondre à nos questions.

Pourquoi avez-vous décidé de faire une année ERASMUS ?
Nadine :
Il s’agissait d’une bonne occasion de pratiquer le français.

Katrin : Quant à moi, j’ai décidé de faire la formation dans laquelle je me trouve, précisément parce qu’il y avait une année à l’étranger.

Ellen et Karine : Nous voulions voir autre chose, changer de représentation. Nous, les Anglais, sommes les premiers par le nombre, en étudiants ERASMUS, ici à La Réunion.

Nadine : Suivi de près par les Allemands !

Pourquoi avoir choisi La Réunion ?
Katrin :

J’ai fait des études en économie. Je ne voulais pas du stéréotype habituel, de partir soit en France métropolitaine, soit aux Etats-Unis. En plus, je connaissais déjà la France. Comme avec ma Faculté, à Bamberg, en Bavière, il y a un jumelage, j’ai décidé de venir à La Réunion.

Nadine : Je suis des études de statistiques. Ici, le département de statistiques n’est pas bon. Ou plutôt, je n’ai pas choisi des cours assez durs pour moi. Du coup, je ne fais que 2 cours par semaine. Je suis venue à La Réunion car c’était l’été permanent.

Karine : Je connaissais déjà la France. Dans ma Faculté, à Bristol, j’avais 4 choix, et celui qui m’a le plus attiré, c’est La Réunion.

Ellen : J’ai passé 1 an en France, dans le Sud. J’ai donc préféré La Réunion à la France métropolitaine. En outre, je suis des cours d’anthropologie. J’ai trouvé que la société réunionnaise était beaucoup plus intéressante à découvrir. Il y a tant de métissage ! Enfin, j’ai vraiment voulu passer une nouvelle année à l’étranger pour progresser dans ma pratique du français.

Et comment vous sentez-vous à La Réunion ?
Katrin :

On va commencer par ce qui ne va pas. Le CROUS, soit le service qui s’occupe de nos logements étudiants, est nul. Il y a plus d’un mois que les machines à laver ne marchent pas, les connexions Internet sont une catastrophe. Des gens ont porté plainte, mais ça n’a rien changé. On continue de payer alors que le service n’est pas fourni. Il n’y a pas de salle de loisirs, et à 22h, plus de bruit dans les couloirs. Je peux comprendre une telle consigne pendant la semaine, mais pendant les week-ends !

Nadine : L’offre sportive à La Réunion est très bien et gratuite. En Allemagne, c’est payant. En plus, les professeurs sont motivés.

Katrin : Ecrivez aussi que, évidemment, La Réunion est superbe.

Avez-vous des rencontres avec les Réunionnais ?
Katrine/Nadine :

On va commencer par ce qui ne va pas. Cela nous fait bizarre de voir que certains hommes n’aient pas plus de respect envers les femmes. Il s’agit d’une minorité, mais quand on se fait agripper par le bras par des hommes en boîte de nuit et que cela se produit plus d’une fois, c’est désagréable. C’est vraiment dommage parce que tous les autres Réunionnais que nous rencontrons sont charmants.

Ellen : La société est très intéressante non seulement en tant que telle, mais aussi dans ses rapports à l’étranger. Les Réunionnais que j’ai rencontrés sont très fiers de leur culture et heureux de nous accueillir.

Katrine/Nadine :
Insistez sur le fait que, hormis ces machos, nos contacts avec les Réunionnais sont très bons.

Et le futur ? Un retour à La Réunion ?
Katrine :

J’aimerais bien revenir dans 10 ans pour voir si le tram-train et la route des Tamarins ont changé. La Réunion évolue tellement vite.

Ellen et Karine :
Cette expérience nous donne envie d’aller découvrir d’autres réalités de l’hémisphère Sud, et plus précisément de l’Océan Indien.

Katrine : Je montrerais volontiers à mes enfants cette île dans quelques années.

Nadine/Ellen/Karine : En tout cas, avant, nos amis ne savaient pas du tout où situait La Réunion, sauf pour ceux qui adorent le surf. Maintenant, ils connaissent tous sa position géographique !

Propos recueillis par Matthieu Damian


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