La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
22 janvier 2007

Entre juin 1948, date de la première Opération de Maintien de la Paix (OMP), et avril 1988, les Nations unies ont mené 13 OMP. Celles-ci se déroulaient toujours (sauf dans le cas de la mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo ou ONUC) dans le cadre du Chapitre VI de la Charte des Nations unies qui concerne la résolution pacifique des conflits. Les Casques bleus étaient déployés une fois le cessez-le-feu entré en vigueur et après le consentement des parties au conflit. Leurs interventions se déroulaient majoritairement entre des Etats.
Avec la détente forte du régime de Mikhaïl Gorbatchev et la Chute du Mur de Berlin, les OMP ont considérablement évolué en nombre et en amplitude. En effet, de 1988 au début 2007, il y a eu 46 nouvelles opérations. Le Conseil de Sécurité des Nations unies, qui est souverain en matière d’OMP, est désormais beaucoup plus ouvert. Il décide très rapidement de mener des missions qui relèvent de conflits intra étatiques ce qui constitue une grande nouveauté. Depuis la fin des années 1980, on assiste également au "durcissement" des mandats. Les opérations se réalisent ainsi sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies. Cela signifie que les Casques bleus envoyés sur place ont la possibilité de s’interposer militairement entre les factions armées pour protéger les populations civiles et tenter de faire respecter les termes des accords de paix. Cette évolution est récente. Les Opérations qui ont été menées au Salvador ou au Mozambique fournissent autant d’exemples de la pertinence de l’élargissement de leur mandat.
Au maintien de la paix traditionnel, l’ingénierie de la paix développée par les Nations unies s’est étoffée avec des techniques de construction de la paix qui concernent aussi bien les aspects politique, économique que celui de la sécurité (primordial dans des pays souvent dévastés par la guerre). En relation avec cette notion, les Casques bleus ont parfois obtenu un mandat d’imposition de la force qui implique une interprétation large du Chapitre VII. Enfin, au plus haut de l’intervention des Nations unies, il existe un quatrième type d’interventions : c’est celui de la construction de l’Etat ou (en plus ambitieux) de la construction d’un sentiment national. De telles opérations ont été menées au Kosovo et au Timor-Leste et ont conduit à des résultats décevants dans le premier cas et plus concluants dans le second.
Des succès... et des échecs
Cependant, trois expériences désastreuses déboucheront sur une forte méfiance vis-à-vis de l’efficacité des actions entreprises par l’ONU. Il y aura tout d’abord l’échec de la mission en Somalie en 1993. Pourtant, elle aurait dû constituer un modèle d’exportation de la démocratie sans visée immédiate d’accès aux matières premières pour la puissance américaine qui souhaitait cette intervention. Cela aurait fourni un contre-poids à l’intervention menée en 1991 en Irak et au Koweït. La seconde et la plus monumentale “défaite” de l’Organisation reste le Rwanda. L’assassinat de 10 Casques bleus belges de la MINUAR dans les heures qui suivent le déclenchement du génocide le 6 avril 1994 entraîne le retrait du contingent belge et le service à minima du restant des troupes dirigés par Roméo Dallaire. Malgré les appels répétés de ce général canadien au Département des Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU (dirigé alors par Kofi Annan) pour qu’on lui envoie des hommes et du matériel en nombre, il ne sera pas écouté. Enfin, les massacres de Srebreniça en 1995 achèvent de discréditer pour quelques années la pertinence des mandats onusiens.
En conséquence, les Casques bleus qui comptaient, à leur plus haut niveau, 78.000 membres en 1993 ne sont plus que 12.000 en juin 1999. Cependant, la confiance accordée à l’ONU augmente depuis lors avec la création des opérations au Kosovo, en Sierre Leone et en République démocratique du Congo (toutes trois décidées en 1999). Cela entraîne une nouvelle augmentation conséquente du nombre de soldats de la paix qui sont plus de 80.000 en décembre 2006 soit le plus haut niveau jamais atteint de casques bleus.
Des opérations de plus en plus développées
On rappelle aussi que les opérations de maintien de la paix ont tendance à se complexifier. En effet, au début, celles-ci consistaient majoritairement à maintenir la paix. Or, depuis la fin de la Guerre Froide consécutive à la Chute du Mur de Berlin, les casques bleus interviennent sur tout le spectre du conflit qui comporte quatre séquences : la prévention de la paix, le rétablissement de la paix, le maintien de la paix, la construction de la paix. C’est pourquoi sur la proposition d’un des plus grands diplomates de ces dernières années, M. Lakhdar Brahimi, on appelle depuis 2000, ces opérations sous le terme générique d’“Opérations de paix”.
Il faut souligner enfin une tendance assez marquée à utiliser le chapitre VIII de la Charte des Nations unies. Cette disposition autorise le Conseil de Sécurité des Nations unies à déléguer l’utilisation de la force pour les opérations de paix aux organisations régionales. Lors de la guerre qui a ravagé le Libéria au cours des années 1990, le Conseil de Sécurité des Nations unies a ainsi autorisé la Communauté Economique Des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à intervenir pour rétablir la paix. A la fin des guerres yougoslaves, c’est l’OTAN qui a pris la responsabilité de la construction de la paix. On a également vu l’Union Européenne prendre de plus en plus de responsabilités dans ce domaine. La réussite des élections en République Démocratique du Congo au cours de l’été 2006 l’a prouvé.
Les interventions actuelles
Au début janvier 2007, il y a 18 opérations de paix menées par l’ONU. L’Afrique est le continent le plus concerné avec 9.000 casques bleus en Côte d’Ivoire, 10.000 au Soudan, 15.000 au Liberia, 18.000 en République Démocratique du Congo (RDC). On obtient 52.000 hommes pour ces quatre missions en Afrique. Si l’on y ajoute les 11.500 soldats qui se trouvent au Liban et les 8.400 à Haïti, on approche les 72000. Il reste donc, pour les douze autres opérations, 8000 hommes. Cela signifie que ces missions sont très légères. A cet égard, la mission en Afghanistan est très légère. En effet, elle ne comporte qu’une vingtaine d’hommes. L’ingénierie de la paix est confiée à l’OTAN, qui ne se donne pas les moyens d’obtenir les garanties d’un développement pérenne du pays.
En ce qui concerne la France, elle s’est fortement impliquée dans la mission en Côte d’Ivoire. Cependant, ses forces se trouvent sous commandement de Jacques Chirac et non sous casque bleu. C’est également le président de la République qui a facilité la tenue des bonnes élections en RDC en envoyant, au sein d’une force de l’Union européenne un contingent efficace et bien formé. En revanche, pour ce qui est du Darfour, la mobilisation est très faible. C’est en partie parce que les forces françaises sont déjà très sollicitées à l’étranger et que l’envoi d’autant d’hommes coûte très cher.
Si l’argent est le nerf de la guerre, il l’est aussi, en partie, pour la paix. Le budget des opérations de paix constitue une sorte de photographie des ambitions des Etats au sein des Nations unies. La France contribue, comme le Royaume-Uni, à hauteur de 7%, ce qui est nettement au-dessus du 1% que représente sa population mondiale. Les Etats-Unis sont loin devant avec 27%. Puis, on trouve le Japon et l’Allemagne avec, respectivement, 19% et 9%. Ces deux pays donnent beaucoup afin, un jour, d’accéder à un poste de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Si l’augmentation du nombre des casques bleus montre que ceux-ci sont moins mauvais que les néo-conservateurs américains le disent, il faut cependant mettre en avant quelques limites. Tout d’abord, les troupes qui contribuent le plus sont, en décembre 2006 : le Nigeria, le Bangladesh et l’Inde, toutes trois avec plus de 9.000 hommes. Puis, on trouve la Jordanie et le Népal avec plus de trois mille soldats. Si l’on continue la liste, on s’aperçoit que les autres principaux pays contributeurs qui suivent proviennent également des Pays en voie de Développement. Or, ceux-ci manquent de ressources financières. En outre, leur personnel est mal formé pour de telles missions. La MONUC, en RDC, a longtemps laissé faire les massacres qui se déroulaient aux portes de leur caserne !
Enfin, pour ceux qui s’étonneraient du fait qu’aucune mission de paix n’ait été envoyée en Irak, on mentionnera trois faits majeurs, pour synthétiser. Le premier réside dans le fait que l’ONU est présente en Irak, mais par le biais de ses administrations spécialisées, comme l’UNICEF, mais non par l’envoi de casques bleus. Le second est de rappeler l’événement tragique qui a visé cette organisation. L’attentat contre une partie de son personnel le 19 août 2003 a entraîné la mort de 19 de ses membres dont le représentant du Secrétaire général sur place, Sergio Viera de Mello. Il est resté longtemps dans les mémoires. Enfin, les Etats-Unis ont mené la guerre en Irak sans l’aval du Conseil de Sécurité des Nations unies. Or, la légitimité de l’utilisation de la force vient, selon le droit international, de deux possibilités. La première réside dans la légitime défense consacrée par l’article 51 de la Charte des Nations unies. La seconde provient de l’autorisation du Conseil de Sécurité. Cependant, suite à la résolution 1546 du Conseil de Sécurité sur l’Irak, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan a fait savoir, le 8 juin 2004 que l’ONU jouera un rôle important après le transfert de souveraineté aux Irakiens.
Les opérations futures
Nous ne proposerons ici, bien entendu, qu’un aperçu de quelques missions à venir ou du futur de quelques-unes. Nous débuterons par une mission qui a commencé en 1999 mais dont la responsabilité devrait passer des Nations unies à l’Union européenne en 2007. Il s’agit de celle menée au Kosovo et on recommandera à cet égard l’ouvrage de Bernard Kouchner, Les guerriers de la paix. L’UE, après avoir montré sa relative efficacité en Bosnie et en RDC, prouve qu’elle souhaite continuer à développer son autonomie par rapport à l’OTAN, ce qu’on ne peut qu’applaudir.
On peut se demander ce que feront les Israéliens au cours des mois qui viennent quant à la Force Internationale des Nations Unies au Liban (FINUL). En effet, selon le chef des renseignements militaires israéliens, le général Amos Yadlin, le stock d’armes du Hezbollah est entièrement reconstitué. Cela signifie que la mission de désarmement de ce mouvement confiée aux casques bleus a échoué. Les armes ont transité de l’Iran vers le pays du Cèdre via la Syrie. Les Israéliens vont-ils à nouveau attaquer ? On peut en douter tant le Premier ministre Ehoud Olmert a perdu en intentions de vote en menant sa guerre contre le Liban, il y a quelques mois. En outre, les plans d’attaque de Tel-Aviv sur des centrales nucléaires iraniennes occupent beaucoup le ministère israélien de la défense. Enfin, une attaque dans l’un ou l’autre pays devrait être menée après un accord avec les Etats-Unis. Or, ceux-ci ont tant besoin de stabilité au Moyen-Orient pour ne pas envenimer plus encore la situation en Irak qu’on les voit mal donner leur autorisation à une telle intervention. Néanmoins, les néo-conservateurs ont tellement dérouté dans leur exercice de la diplomatie que le pire n’est pas à exclure.
En ce qui concerne les opérations futures, celles qui sont prévisibles, mais non certaines, concernent le Népal, la Somalie et l’arc de crise Tchad/Centrafrique/Soudan. Au début janvier 2007, le nouveau secrétaire général des Nations unies a en effet annoncé qu’il souhaitait voir une force d’interposition s’assurer que l’Accord de paix global entre les forces gouvernementales et celles des Maoïstes était respecté. Cette force serait légère puisqu’elle ne dépasserait pas 200 hommes et sa présence serait limitée à un an. En Somalie, le déploiement d’une force internationale devrait se faire via des troupes africaines de l’Union africaine. Enfin, dans un des derniers rapports qu’il a présentés, Kofi Annan a indiqué, le 22 décembre 2006 que les conditions pour un déploiement de casques bleus entre les parties orientales de la Centrafrique et du Tchad et la zone occidentale du Soudan que représente le Darfour ne sont pas réunies actuellement. Or, la France et son dispositif Epervier au Tchad qui compte un millier d’hommes ne pourra seul assurer la sécurité du gouvernement tchadien. Quant à la Centrafrique, personne ne se soucie d’un pays où les arriérés de salaire des fonctionnaires se montent à plusieurs mois et où l’Etat de droit est une fiction.
Matthieu Damian
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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Messages
26 janvier 2010, 19:28, par mélanie
Mes trés cher compatriote je vous remercies pour ces informations trés précieuse mais la prochaine fois , faite plus court :p je me suis completement endormie & radicalent ennuyer ;)
19 février 2011, 01:08, par joe
Je tiens à remercier très particulièrement M.Matthieu Damian pour sa contribution. De par la qualité des analyses, des informations , du style et de la sobriété des concepts que vous utilisez, vous avez fait preuve d’un esprit scientifique rigoureux. J’avoue avoir usiter de certaines de vos idées pour mener à bien mon travail d’écriture articulé autour des missions des casques bleus.
toutefois, j’aurais plus souhaiter que vous démontrer comme vous l’avez d’ailleurs fait concernant les actes inciviques posés par les soldats de la paix, insister aussi sur leurs exploits... leur capacité à pouvoir instaurer la paix et par conséquent promouvoir le développement dans les zones de conflit. leur prix nobel peut en témoigner bien que contesté par certaines consciences libres. une anlyse bilatérale, ce me semble, était la bienvenue.
Cordialement.