Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
28 novembre 1942 - 28 novembre 2022
28 novembre 2022

La ville du Port est libérée par la mobilisation des Portois sous la conduite de Léon de Lépervanche, appuyés par Le Léopard, contre-torpilleur de la France Libre
Samedi, au cimetière marin du Port a eu lieu la célébration du 80e anniversaire des combats menés par la population portoise pour se rallier à la France Libre, symbolisée par l’arrivée, d’abord en rade de Saint-Denis puis au large du Port, le samedi 28 novembre 1942, du contre-torpilleur des FFL, Le Léopard.
Jean-Yves Langenier, ancien maire du Port, a évoqué en détails les événements qui ont conduit les ouvriers portois, cheminots et dockers, à prendre les armes rendues par la gendarmerie, à ériger des barrages à chaque carrfour de la ville pour entraver les mouvements de la petite troupe militaire conduite par le lieutenant Emile Hugot, à faire dérailler le train par lequel ce dernier a tenté de s’enfuir, tout en mettant en place un Comité de Salut Public en remplacement de la délégation spéciale installée par le gouverneur pétainiste.
Les combats ont fait trois morts en ville du Port – deux jeunes femmes de 21 et 34 ans, et un cheminot de 33 ans – auxquels s’ajoutera bientôt Raymond Decugis, directeur du Port, arrêté sur la route de la Montagne et tué par balle à un barrage de miliciens fidèles au régime de Vichy.
Les communistes portois célèbrent tous les ans ces événements. Cette année, la commémoration a réuni autour de Patrick Boitard, secrétaire de la section du Port et de ses camarades, des membres de la direction du PCR dont Elie Hoarau et Ary Yee Chong Tchi Kan, et des descendants de la famille Bickni-Rebella, ainsi que des citoyens de la ville.
Patrick Boitard a donné les différents rendez-vous qui vont conférer à la commémoration de cette année une dimension plus solennelle : un rassemblement organisé ce dimanche à Hell-Bourg, où s’était réfugié en 1942 le gouverneur Pierre Aubert et les autres dirigeants fidèles à Vichy ; une évocation, lundi prochain 28 novembre, du rôle joué par Léon de Lépervanche dans les événements portois et l’inauguration d’une plaque dans le lycée professionnel portois qui porte son nom ; et mardi un événement organisé à Saint-Denis par le Département en mémoire de Raymond Decugis.
Elie Hoarau, pour la direction du PCR, a mis en perspective ces événements de 1942 – qui font de La Réunion le premier territoire libéré du fascisme et le premier point d’appui au rétablissement de la République – et le chemin qu’il reste à faire pour inaugurer à La Réunion « l’ère de la responsabilité, après l’ère de la Liberté inaugurée le 20 décembre 1848 et l’ère de l’égalité ouverte par le vote de la loi du 19 mars 1946. »
Ces évocations se sont terminées au son du Chant des Partisans, du Chiffon rouge et de l’Internationale, entonnés par les membres de la section du Port que deux musiciens accompagnaient à la guitare.
Puis les participants, conduits par Virgile Rustan, ancien secrétaire de la section du Port, sont allés porter quatre gerbes de fleurs sur les tombes de Diamounie Rebella Bickni, Maria Boïna Razoumbo, Maurice Odon et Léon de Lépervanche, élu maire du Port de juin 1945 jusqu’à son décès en novembre 1961 et député de La Réunion en octobre 1945 avec Raymond Vergès.
Correspondante
Nos peines
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