Culture et identité

Les danses créoles d’Isaac Guény

Kréol Art lance la collection “Musiques oubliées”

Témoignages.re / 16 mars 2009

Premier recueil de la collection Musiques oubliées, les partitions restaurées d’un compositeur et auteur du début du 20ème siècle, Isaac Guény. Un coup de projecteur sur les origines de la musique créole à travers les danses de salon, de la valse à la mazurka en passant par le quadrille. Après l’exposition sur “La musique populaire d’origine savante” aux Archives Départementales, l’association Kréol Art poursuit la valorisation du patrimoine.

Huit Quadrilles, une valse, une polka, une mazurka, une scottish. Les danses créoles d’Isaac Guény se nomment “Tonton Tantine”, “Zézère”, “Tégorine”, “Zouzoune” ou encore “Bébé la Coupe”, “Maman Manzelle”. Au début du 20ème siècle, Isaac Guény, directeur de l’Harmonie Dionysienne, compose des airs créoles adaptés à la danse. En fait, il créolise des danses de salon européennes. Les partitions de Guény s’accompagnent parfois de paroles, moyen pour mémoriser les mélodies.
Qui connaît aujourd’hui Isaac Guény et ses airs ? Les passionnés comme Fanie Précourt et Arno Bazin de l’association Kréol Art ? L’éthnomusicologue et le professeur de musique effectuent un travail de collectage et d’archivage des documents sur les musiques des Mascareignes depuis dix ans. Mais c’est pour mieux rappeler aux Réunionnais les origines des « standards de la chanson créole ». Exemple cité par Fanie Précourt, le “Si la pa l’or l’argent” connu en version séga-maloya est inspiré de la première figure du quadrille “Pocina” d’Isaac Guény : “Si ta pa l’or, diamant”.

Des airs au piano sur un CD

Pour l’exposition itinérante “La musique populaire d’origine savante” inaugurée aux Archives Départementales (de septembre 2008 à janvier 2009), Kréol Art avait réuni près de 150 documents. L’association a pris l’initiative de donner une suite à cette exposition, en rééditant des manuscrits. A commencer par ceux d’Isaac Guény. Un travail de collectage réalisé par Arno Bazin, avec l’aide de Bernadette Ladauge. Bernard Rakotondrainy, professeur à l’École de musique Loulou Pitou, a exécuté les œuvres au piano. Le recueil contient donc un CD, enregistré par Jean-Paul Jansen, professeur de musique au CRR. Fanie Précourt a écrit les textes sur le contexte social et historique, avec des illustrations de l’artiste peintre Laurence Urban Paget et une mise en page de la graphiste Elsa Lauret.
Ce premier recueil de la collection a été publié à 1.000 exemplaires, destinés en priorité aux écoles de musique, aux associations de danse, aux musiciens. « Il s’agit de permettre aux gens de rejouer ces morceaux », précise Arno Bazin.
L’association Kréol Art espère publier le deuxième recueil sur les musiques enregistrées des années 1950-1980 d’ici la fin de l’année. Un recueil déjà financé grâce au succès de la récente exposition, confie Arno Bazin. Kréol Art espère cependant que les municipalités porteront un intérêt à ces recueils sur le patrimoine musical.

Edith Poulbassia