Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Bataille coq
4 août 2009

Ils vont au combat sans reculer, poussés par les hommes. Ils luttent jusqu’à l’épuisement. Leur victoire est l’enjeu de paris. Ils font gagner et perdre de l’argent aux parieurs fiévreux. Ce sont les derniers gladiateurs, les rois des week-ends réunionnais, quand la ’bataille coq’ fait rage.
La pratique (légalement interdite mais tolérée à La Réunion) est dure, parfois difficilement supportable pour les non initiés. Ergots limés pour devenir aussi tranchants qu’un rasoir, becs affûtés, ailes déployées, les deux coqs se jettent l’un sur l’autre dans le « rond » (espace aménagé pour le combat).
Autour de l’arène des paquets de billets passent de main en main. Peu de mots sont échangés entre les parieurs. Chacun sait combien il a misé et combien il encaissera en cas de victoire. On est ici entre spécialistes et l’arnaque n’a pas droit de cité.
3.000 euros le coq
Dans le rond, pour le plaisir et la fortune de leurs maîtres, les deux coqs s’affrontent. Les spectateurs ne les lâchent pas des yeux. Certains les encouragent de la voix. Coups de becs et d’ergots pleuvent. Le combat est souvent bref. Un "coq bataille" - selon son nom créole -, peut coûter jusqu’à 3.000 euros à l’achat, parfois plus. À ce prix-là pas question pour les éleveurs de les laisser mourir dans l’arène. Maigre consolation. Car l’animal ne sort jamais indemne d’une lutte. C’est souvent en sang que le vaincu quitte le rond. Le vainqueur a un répit jusqu’au prochain combat.
L’un comme l’autre vont faire l’objet de toutes les attentions de la part de leurs propriétaires. Leurs blessures vont être soignées. Si les remèdes traditionnels à base d’herbages et d’écorces ne suffisent pas, les animaux seront conduits chez le vétérinaire.
Coqs en pâte
Hors combat, il faut bien dire qu’ils sont traités comme des coqs en pâte. Nettoyés et brossés tous les jours, ils font des repas à base de viande et ils ont droit à des petites friandises. Rien à voir avec la vie d’un coq de basse-cour. Lui n’a pas droit à tous ses égards. C’est peut-être pourtant à cette vie-là que rêve le coq - bataille après chaque combat. Mais personne ne lui demande jamais son avis...
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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