Inhumation du poète réunionnais Auguste Lacaussade à Hell-Bourg

’Les enfants, vous vivez un moment historique pour Salazie’

22 février 2006

Le temps était clément pour l’inhumation du grand poète réunionnais Auguste Lacaussade. Hier, il trouvait à Hell-Bourg sa dernière demeure avec les siens, Laure sa femme (1821-1859) et Sarah sa fille (1846-1880). ’Tu vois, Auguste, Salazie t’accueille plus verte, et sa terre est si tendre après la pluie’.

Les jeunes élèves salaziens, aux côtés de leurs camarades collégiens, n’ont pas manqué ce moment historique, qu’il leur était permis de voir de leurs yeux. Demain, ils témoigneront à leurs propres enfants de cet épisode de leur vie. Auguste Lacaussade (1815-1897) gagne enfin, 109 ans après sa mort, le cimetière de Hell-Bourg, non sans célébration officielle devant la mairie de Salazie et le cimetière de Hell-Bourg.
"Les enfants, vous vivez un moment historique pour Salazie", déclarait Stéphane Fouassin, maire et conseiller général du cirque. La ville est aujourd’hui honorée d’accueillir le grand poète de la Liberté, la plume des piteux, l’encre des opprimés.
Et à Stéphane Fouassin de lire le poème "Piton d’Anchaing", où l’auguste Lacaussade s’exprime en faveur des esclaves, des marrons, des va-nu-pieds asservis, enchaînés à leur triste sort de pays en pays. Il se fait un devoir de "promouvoir cet auteur légendaire pour Salazie".
Le soleil perce alors les nuages pleureurs. C’est peut-être un signe.

Une belle victoire !

Devant la mairie et l’église de Salazie, les discours officiels vont bon train. Enfin, on clôt le retour des restes d’Auguste Lacaussade au pays. Beaucoup de persévérance de la part des étudiants réunionnais à l’initiative de ce projet et de leur professeur d’histoire, Prosper Ève.
"Nous avons défendu bec et ongle le retour des cendres du poète à Salazie", notait quant à lui Stéphane Fouassin. N’oublions jamais que c’est l’œuvre d’étudiants en histoire tenaces, qui n’ont pas lâché prise, jusqu’à l’inhumation d’Auguste Lacaussade hier à Hell-Bourg.
Oui, Lacaussade retrouve enfin sa terre natale, comme il l’a souhaité tout au long de son œuvre. L’île de La Réunion lui ouvre ses bras. C’est bien ainsi pour un enfant du pays.
William Falconer, poète écossais qui est inhumé au cimetière de Hell-Bourg, l’attendait sûrement patiemment. Les Réunionnais aussi. En fin de matinée, les restes gagnent enfin la terre, devant les enfants qui ne versent aucune larme, mais expriment leur joie.
Les initiateurs du projet savourent cet honneur. Et Carole Grosset, représentante des étudiants d’histoire, de noter l’importance de faire vivre l’œuvre du poète. Il le mérite bien, et nous avons besoin de le connaître davantage.
N’est-ce pas un des pères de l’abolition de l’esclavage qui repose aujourd’hui en terre de marronnage ? Une belle victoire de la résistance réunionnaise !

Bbj


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Témoignages - 82e année


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