Hommage à Bernard Dimey, poète français

Les hommes sont cruels et crèvent de tendresse

28 février 2008

Bernard Dimey, poète français, auteur de chansons, enfant de Montmartre et de Paris a marqué la chanson française, et personne ne le connaît.
Après le cabaret des engagés, le Théâtre du Grand Marché pousse encore la chansonnette avec son directeur sur les planches pour un voyage dans l’univers du célèbre poète inconnu. Bernard Dimey, poète mort à quelques jours de ces cinquante ans en 1981 s’est ouvert à la chanson française. Aznavour, Montand, Greco... tout le monde a chanté du Dimey depuis les années 1950 jusqu’à certains rappeurs d’aujourd’hui.

L’inconnu célèbre par excellence

Pour Pascal Papini, Bernard Dimey, « c’est l’inconnu célèbre par excellence. C’est une oeuvre poétique quasiment inconnue, une poésie écrite en alexandrin, mais ça se parle comme du langage courant, populaire, poème canaille parisien et des poèmes voyous sur les gens de la nuit. Il hantait Pigalle et voue une énorme tendresse à tous ces personnages nocturnes. Dimey, c’est un grand monsieur qui est mal avec ses contemporains, il ne se reconnaît pas dans le monde. Comme il l’a écrit : les hommes sont cruels et crèvent de tendresse ».

On boit des canons...

Dans une salle, il y a des tables, un homme se lève et se met à parler. Le spectacle commence comme une conversation dans un bistrot. On boit des canons. La parole est intime. « Un Jour au fond des mers, je prendrai mes vacances », titre de la proposition concoctée par Pascal Papini et son ami musicien Jean-Marc Michel. C’est un collector de textes, de chansons.
Ballade qui évite les Syracuse, et autre truc en plume, mémére... Demain soir c’est un voyage d’une heure dans l’oeuvre d’un poète.

Francky Lauret


La Poésie c’est mettre sa nuit en lumière

Bernard Dimey commence par faire de la radio, puis écrit dans la revue Esprit. Il s’intéresse à la peinture (il a peint sous le nom de Zelter). Il s’installe à Paris à 25 ans sur la Butte Montmartre. Il ne la quittera plus. Il y fréquente les bistrots, il y en avait encore là-bas, pas trop envahis par les touristes. Il y rencontre les poivrots, les putes, les truands, les artistes. Et il commence à écrire ses poèmes, les déclamant dans ses repaires.
Il propose ses chansons à droite et à gauche. Ses clients seront Yves Montand, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador, Patachou, Juliette Gréco, Les Frères Jacques, Mouloudji, Jean-Claude Pascal...
Ses poèmes ont été repris par divers artistes comme Charles Aznavour, Jehan et sa fille Dominique Dimey. Il a également écrit des scénarios et dialogues pour le cinéma.
Bernard Dimey était un être démesuré qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les nains. Ayant soif d’absolu, il aurait aimé croire au superbe paradis de son enfance. L’appétit de vie de cet ogre chaleureux qui brûla la chandelle par les deux bouts ne saurait cacher son mal de vivre et la menace obsédante de la mort qui pesait sur lui. Pour Bernard Dimey, la poésie c’est « mettre sa nuit en lumière ». Cette belle métaphore de Jean Cocteau, il la reprend à son compte dans les poèmes du “Milieu de la nuit”.


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