La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
CCEE
30 octobre 2006

Pour la 3e année consécutive, le prix LanKRéol a été décerné à un auteur de nouvelle de langue créole. L’hommage aux quinze participants de ce troisième concours a eu lieu samedi au siège du Comité pour la Culture, l’Education et l’Environnement (CCEE).
Créé en 2004 - et décerné cette année là à Jean-Louis Robert pour Lo gou zoliv ver - le prix LanKRéol est un concours de nouvelles imaginé par le CCEE en partenariat avec l’UDIR et la Fédération des œuvres laïques (FOL). Cette année, quinze auteurs ont répondu avec 21 textes, auxquels les organisateurs n’avaient mis aucune barrière : ni thème imposé, ni graphie obligée. Le choix du jury, présidé par Christian Fontaine, enseignant, s’est porté à la quasi unanimité sur une nouvelle de Nicolas-Louis Séry, Inn vi pou énèt. Le 2e prix est allé à Jean-Louis Robert, pour Yaklor et le 3e à Karl Bègue, auteur de Zistwar marmay.
Nicolas-Louis Séry est un dessinateur Bâtiment de 26 ans, originaire de la Petite-Ile. « Ma la touzour voulï ékrir, kanmèm moin lété plïto dan in formasyon sientifik. Ma la fé inn-dé fonnkèr, o dépar, dan lo ti group maloya mi zoué ansamn - ils sont six musiciens et deux à écrire les textes , Ndlr. Apré, ma la voulï ésèy in afèr plï lon, mé ma la pa tro émé sak moin la fé... » Il ne s’est pas découragé et a continué à écrire. Et cette année, le jury a trouvé le résultat très abouti.
Devant la qualité des écrits, le CCEE envisage une publication. « Il faut avoir des outils de transmission de la langue créole écrite, puisqu’il faut passer par l’écrit pour consolider la culture et il faut beaucoup d’écrits pour faire émerger une littérature » a commenté hier Roger Ramchetty, président du CCEE. Souhaitons que la publication envisagée réunisse l’ensemble des nouvelles de la “cuvée 2006” puisqu’elle a été jugée dans l’ensemble de bonne qualité et qu’elle réunit des auteurs déjà confirmés, comme Thing-Léo ou d’autres encore inconnus comme Théo Clotagatilde.
Réunis sous la varangue, ceux des écrivains qui avaient pu se rendre au CCEE ont entendu Roger Ramchetty et Julienne Salvat, de l’UDIR, réaffirmer l’importance de l’expression créole écrite. « Le créole aujourd’hui est accepté pratiquement partout dans la société. Nous ne voyons plus ces manifestations de rejet qu’il y avait autrefois » a dit le président du CCEE, en créole. « Mais à l’école, il n’y a pas 1% des élèves concernés par les classes LCR et la transmission du créole. Le chemin est encore long » a-t-il conclu. Julienne Salvat, qui s’est présentée elle-même comme une Martiniquaise d’une génération du “kréol opprimé” (Axel Gauvin), a encouragé à poursuivre la pratique du créole écrit.
La production de textes de qualité est un besoin, dans l’étape actuelle et l’usage en classe de ces textes est un “facteur de libération” pour les enfants. « Tous ceux qui mettent en pratique un vrai bilinguisme à l’école disent que les enfants progressent mieux et plus vite » sont tombés d’accord les promoteurs du créole.
P. D.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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