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Réhabilitation des monuments de la Grande Chaloupe
24 novembre 2008, par

Rares sont les Réunionnais qui n’ont pas un ancêtre qui est passé par la quarantaine dans un des différents lazarets entre le 18ème siècle et le début du 20ème siècle. Cette part de notre intraculturalité sort de l’oubli. Et vendredi prochain, l’inauguration de la réhabilitation du Lazaret 1 sera un des temps forts du Colloque international sur le Dialogue des cultures dans l’océan Indien. C’est un lieu que chacun est appelé à se réapproprier.
Hier, sous la véranda de l’ancienne infirmerie du Lazaret, Nassimah Dindar, présidente du Département ; Jean-Marc Boyer, directeur régional de l’Action culturelle ; Jean-Baptiste Grondin, adjoint au maire de La Possession ; Claude Wanquet, de l’Association historique internationale de l’océan Indien, et le Conservatoire du littoral, ont présenté à la presse l’exposition permanente qui se tiendra dans la partie réhabilitée des lazarets de la Grande Chaloupe. Cet événement s’inscrit dans le programme proposé par le Conseil général dans le cadre de l’Année européenne du dialogue interculturel. Cette semaine aura également lieu un Colloque international sur Dialogue des cultures dans les pays de l’océan Indien.
Pour les Réunionnais, le lieu de la Grande Chaloupe occupe une place importante.
Après 350 ans d’Histoire marqués par un peuplement par nul autre pareil, notre île a réussi à dépasser la juxtaposition de l’interculturalité pour devenir une société intraculturelle. Nous avons tous en chacun d’entre nous une part de chacune des grandes civilisations qui se sont rencontrées sur cette terre de 2.500 kilomètres carrés dans le Sud-Ouest de l’océan Indien : les pays du continent africain, Madagascar, l’Inde, la Chine, l’Europe. Et cet apport est tellement inscrit en nous que si on nous enlevait ne serait-ce qu’une part de cette intraculturalité, nous ne serions plus Réunionnais.
Dans la construction de cette intraculturalité, il existe des moments partagés. La quarantaine est l’un d’entre eux. Comme l’indique l’historienne Michèle Marimoutou, rares sont les Réunionnais qui n’ont pas un ancêtre qui a dû vivre dans l’isolement d’un lazaret avant de venir faire souche à La Réunion.
À partir de samedi prochain, les Réunionnais sont invités à venir découvrir ou redécouvrir ce lieu de notre Histoire. C’est le résultat de quatre ans de travaux réalisés par environ 70 personnes en chantier d’insertion, embauchées avec le soutien de la Mairie de La Possession, et employées par l’association CHAM.
Vendredi, une exposition permanente sera inaugurée. Elle se tient dans l’ancien quartier d’isolement, qui était aussi l’infirmerie du lazaret. Ce bâtiment est le plus récent du site de la Grande Chaloupe. Est également restauré une des longères, c’est-à-dire un des dortoirs mis en service en 1860.
Kahlid Cassam Sulliman, de l’association CHAM, explique que 80% des travailleurs du chantier de restauration vivent à la Grande Chaloupe. Il note que ce site fait partie intégrante de leur vie, et que les habitants de la Grande Chaloupe ont même matérialisé des tombes dans le cimetière des engagés afin de pouvoir rendre un hommage à tous ceux qui n’ont connu de La Réunion que la quarantaine.
Ce travail de la population est salué par la présidente du Conseil général. Nassimah Dindar note également qu’au-delà de La Réunion, les lazarets font partie de l’Histoire nationale de l’immigration. Ce qui explique pourquoi le président de la République a rédigé la préface du catalogue de l’exposition.
Manuel Marchal
Le tram-train loin des lazarets
Invitant tous les Réunionnais à venir visiter l’exposition animée par le personnel du Musée de Villèle, Nassimah Dindar rappelle que les lazarets ne sont en aucun cas concernés par les travaux du tram-train. Elle explique que la Région a mis en œuvre un groupe de travail avec les familles qui devront quitter leur logement à cause des travaux.
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