La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Nout mémwar
21 juin 2013

Dans cette chronique ’Nout mémwar’, voici la fin du 4ème chapitre (’La caverne’) du texte de Louis-Timagène Houat paru quatre ans avant l’abolition de l’esclavage à La Réunion sous le titre ’Les Marrons’, au sujet des esclaves et des traitements imposés aux marrons dans les colonies françaises. L’auteur raconte comment un groupe d’esclaves marrons malgaches quitte « l’habitation coloniale » réunionnaise « au pied des Salazes » pour se réfugier dans les Hauts. L’un d’eux, ’le Câpre’, laisse ses camarades dans « un établissement », échappe à des chiens de chasseurs de marrons puis rencontre dans une grotte « une jeune femme blanche (Marie) tenant dans ses bras un enfant mulâtre » et il est rejoint par « un grand jeune nègre » (Frême), qui lui décrit les violences des « maîtres toujours méchants »...
— Ah ! fit la bonne Marie. Pourquoi dire cela, Frême ! Dieu est grand. Il est plein de pouvoir. Tu sais combien il a été bon pour nous. Il nous a sauvés. Il sauvera aussi les noirs. Espère ! Les blancs ont du cœur ; ils ont de l’esprit, de l’intelligence, et l’intérêt leur dira comme la justice que l’esclavage est une mauvaise chose, et l’on
fera son abolition ; on trouvera que c’est un bien pour tout le monde.
— Oui ! oui ! Madame a raison , dit le Câpre, avec l’accent de la conviction, et j’approuve ces bonnes paroles. Moi, j’espère en cette chose ; parce que c’est juste, elle doit arriver ; et c’est en attendant qu’elle arrive que j’ai quitté la maison du maître et me suis fait marron. Mais laissons ça, parlons de vous, frère : vraiment je n’en reviens pas ! Comment donc avez-vous fait pour être ici avec une Madame blanche si jolie ?
— Ah ! Dame ! fit Frême, c’est une histoire... si elle ne vous ennuie pas trop...
— Non, non ! assura le Câpre avec tout l’empressement de la curiosité.
— Eh bien ! reprit Frême, j’essayerai... mais il faut que Marie m’aide un peu...
— Je le veux bien, dit celle-ci d’une voix timide.
Et alors le récit commença, et le Câpre était tout oreille à l’histoire de Frême et de Marie que nous allons résumer, ne pouvant la rendre dans tous ses détails et sa naïveté.
(à suivre)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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