Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Conférences du philosophe Robert Lloancy au Théâtre Canter
17 mai 2010

Ce soir et mercredi soir à 18 heures, le Théâtre Canter au Campus universitaire du Moufia présente deux conférences de Robert Lloancy, en partenariat avec le Cercle philosophique réunionnais, présidé par Laurent Médéa. Ces rencontres, où se mêleront l’art et la réflexion, porteront sur des thèmes philosophico-musicaux intitulés : ’Les Noces de Figaro, opéra de la contestation’ et ’Don Giovanni, opéra de la transgression’. Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Renseignements au 0262-48-95-06 ou [email protected]
« Avant tout, pour moi, est l’opéra ! » (Lettre du 17 août 1782). Ainsi s’exprime Mozart. Dans ses opéras, en particulier dans ceux de sa maturité, en dehors des opéras-serias dont les thèmes et les livrets lui étaient imposés, il y a certes une musique admirable, mais il y a aussi, passant par cette musique et grâce à elle, beaucoup d’idées exprimant la pensée du compositeur.
L’opéra, par la mise en scène, les paroles, le chant et la musique en général, lui a donné l’occasion d’exposer ses conceptions personnelles, voire ses convictions les plus intimes. Mozart résumait cela ainsi : il faut que l’ensemble de ces éléments fasse « de l’effet à la représentation ».
Le musicologue Jean-Victor Hocquart, dans un ouvrage remarquable ( [1]), a souligné la présence de thèmes transversaux présents dans les opéras de Mozart, de "L’Enlèvement au Sérail" à "la Flûte Enchantée", comme la mort, le déguisement, la présence de masques. Plus important toutefois est le rôle dévolu à la femme, toujours traitée avec respect, qui pourrait indiquer un précurseur du féminisme. Un thème particulièrement récurrent et fécond est également celui du pardon, qui se retrouve traité avec un profond sens dramatique par la mise en musique.
Mozart, contestataire
et transgresseur
Néanmoins, il y aussi, dans la plupart de ces opéras, un thème plus particulièrement spécifique pour chacun d’eux. Ainsi, pour "Le Nozze di Figaro", c’est la notion de contestation qui semble ressortir.
Ce thème, Mozart ne l’a pas inventé puisqu’il est déjà chez Beaumarchais ; mais, s’il a choisi de mettre en musique cette pièce de théâtre (le témoignage de Da Ponte est explicite, c’est Mozart lui-même qui lui a demandé d’écrire le livret) c’est parce que le compositeur avait perçu tout ce qu’il pourrait en tirer. Il en a composé la musique afin de souligner cet élément de contestation.
Même chose pour Don Giovanni. Mozart n’a pas créé le personnage de ce héros, qui existait bien avant lui au théâtre mais aussi dans l’opéra. Néanmoins, il a saisi, avec beaucoup de pertinence tout l’aspect psychologique qui tisse la trame de l’action.
Or, ce qui domine, ce qui ressort, c’est l’idée de transgression. Il conviendra donc, dans un premier temps, de répertorier toutes les transgressions en œuvre dans cet opéra, et elles sont nombreuses. Dans un deuxième temps, il faudra montrer comment Mozart, par sa musique, a su mettre en relief cette notion de transgression dans "Giovanni", et celle de la contestation dans "Les noces de Figaro".
1 – Hocquard (Jean-Victor).- "Mozart". "L’Amour, la Mort".- Partis, Jean-Claude Lattés, 1992.- 810p. Ce livre développe et complète la thèse de doctorat es Lettres du même auteur : "La pensée de Mozart".- Paris, Le Seuil, 1954.- 740p.
Courrier des lecteurs
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