UCOI

Les premières rencontres de la culture numérique

27 août 2007

1977, c’était les premiers magnétoscopes. Les années 1980 voyaient frimer des automobilistes, l’oreille sur leur téléphone embarqué. Quand l’Internet tissait pour la première fois sa toile sur notre caillou, c’était en 1997, on découvrait le monde virtuellement en quelques clics, et plusieurs minutes d’attente. Et puis, en même temps, la téléphonie mobile révolutionnait notre société. La technologie aurait balayé les couches sociales. Est-ce au moins vrai ? Certains crient déjà à la fracture numérique. Un fossé virtuel ?

Plus de 400.000 Réunionnais ont leur téléphone portable. Le numérique a transformé notre quotidien.

Nous vivons à l’ère du numérique. Le numérique se généralise, à la maison, au travail, à l’école, dans les rues aussi. Partout, l’on voit défiler ces produits de la technologie. Le téléphone portable, par exemple, est aujourd’hui un ordinateur, un baladeur, une caméra, un appareil photographique, permet de se connecter sur l’Internet. Bref, cette technologie est à portée de mains ; du moins, à ce niveau, pour ceux qui en ont les moyens. Plus de 400.000 Réunionnais ont leur téléphone portable, enfants, ados, adultes, granmoun. Cela concerne toutes les générations. Le numérique a transformé notre quotidien. La Réunion vit-elle bien sa mutation vers une société de la culture numérique ? Les médias y jouent là un rôle prédominant.
Les entreprises locales aussi ont bien appréhendé l’avancée technologique. Elles proposent même dans leur campagne publicitaire une large place aux possibilités numériques, sans hésiter à revendiquer leur identité réunionnaise. C’est à qui a son Super Payet, quand des émissions locales nous exhibent toute la prouesse technologique réunionnaise. Bref, ne nous étalons pas, il est évident que la société réunionnaise vit aujourd’hui une mutation profonde vers la culture du numérique. On voit naître des blogs et des journalistes citoyens. L’e-administration permet de gérer ses affaires où que l’on soit à travers le monde. L’élève réunionnais apprend à maîtriser les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). L’éducation réunionnaise pourrait à court terme se doter d’un espace numérique de Travail, pour toute sa communauté éducative. Le système de santé local se tourne vers les soins de la biotechnologie. Sommes-nous au moins préparés à tout ce chamboulement ? Comment peuvent se mêler tradition et modernité ?

Créoles et médias

Au vu de toute cette avancée technologique, la 11ème édition de l’Université de la communication de l’océan Indien (UCOI) propose, à partir de demain, 4 journées de rencontres de la culture numérique autour du thème “Identités”. Numérique, nanotechnologie, biotechnologie, médias, économie, services, éducation, formation, santé, culture, les champs thématiques sont larges. Pourquoi avoir choisi le thème “Identités” ? « Les rencontres réelles ou virtuelles, telles que Second life, les technologies émergeantes et les activités humaines façonnent, modifient notre identité ». Seront ainsi réunis autour de cette thématique décideurs, experts, acteurs politiques, institutionnels, économiques, éducatifs, culturels, de La Réunion, de l’Hexagone, de l’Outre-mer français, de l’Asie, de l’Afrique et des pays du grand bassin de l’Océan Indien. C’est une université internationale de la communication.
On n’oubliera cependant pas de plébisciter notre langue créole, et notamment lors du colloque “Langue régionale, créoles et médias” organisé par Lofis la Lang Kréol La Rénion. Axel Gauvin, son Président, y voyait l’entrée évidente du créole dans l’espace médias. Kréol la pa mor. Les résultats du sondage mené avec IPSOS autour de la langue créole réunionnaise seront d’ailleurs communiqués, débattus, interprétés. C’est ce que l’on souhaite. C’est un colloque important, à ne surtout pas rater, qui se déroulera durant les deux dernières journées de l’UCOI, à Saint-Gilles.

Pour tout public

Nous parlons de numérique à La Réunion, alors nos préoccupations se tournent naturellement sur l’Internet. Nous ne nous attarderons pas sur son prix, encore élevé, pour que toutes les familles réunionnaises disposent de cet outil. Sommes-nous seulement concernés par le droit du numérique ? Maintenant, oui. Savions-nous que nous sommes potentiellement des victimes du piratage, même nous, petits citoyens, fichés en tout cas ? Et puis, reste ce problème béant de notre connexion à l’Internet, fourni depuis Paris, alors que nous pourrions fournir nous-mêmes cet accès. Peut-être que ces rencontres de la culture numérique permettront de mettre en avant des pistes pour résoudre cette affaire, que l’on attend solutionnée depuis longtemps.
Ponctuée de théâtre forum, de débats, de démonstrations, cette 11ème UCOI conserve son village de partenaires, pour que petits et grands découvrent les avancées les plus criantes, dans un esprit convivial, ludique. Le public scolaire qui fait son entrée est vivement convié à venir participer à ces journées. Notre jeunesse n’est-elle pas la première à être concernée par ces innovations qui, déjà, nous contraignent à un futur numérique ? Les professeurs peuvent se connecter sur www.eci-ucoi.com pour découvrir le programme. Faites-en autant si vous voulez choisir dans le panel d’interventions. En tout cas, n’oubliez pas de faire votre rentrée numérique. Passionnés, professionnels, néophytes sont invités à venir nombreux du 28 au 31 août 2007 à la 11ème édition de l’Université de la communication de l’océan Indien, qui est - il faut le savoir - les premières rencontres de la culture numérique.

Willy Técher


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus