Sakidi au Théâtre du Grand Marché

Les sept âges du roi Lear

3 avril 2008

Après le Songe d’une nuit d’été, la compagnie Sakidi fait à nouveau le choix d’une oeuvre puissante : 7 Lears la quête du bien de Howard Barker, une pièce qui, explorant les années de jeunesse et de maturité du héros shakespearien, invente au vieux roi Lear un passé lourd de troubles et de tumulte. Jerzy Klesyk, le metteur en scène, présente la pièce.

Sept Lears, la quête du bien explore la vie du roi Lear, telle que l’invente Barker, avant qu’il ne devienne le vieil homme que nous connaissons dans la pièce de Shakespeare.
(Photo Laurent Zitte)

Sept Lears, la quête du bien explore la vie du roi Lear, telle que l’invente Barker, avant qu’il ne devienne le vieil homme que nous connaissons dans la pièce de Shakespeare. Sept parties (et un interlude) pour sept périodes de vie, toutes traitées avec une brièveté et une densité saisissantes comme autant de temps forts où se nouent les fils d’un étrange destin. « Le Roi Lear de Shakespeare », écrit Barker, « est une tragédie de famille avec une singulière absence. Dans Le Roi Lear, La Mère n’existe pas. » Tel est le point de départ de sa pièce. La poursuite du bien, son deuxième titre interpelle aussi fortement.
La pièce offre toute une palette de personnages extraordinaires, avec au centre ceux de Lear et de Clarissa, sa femme, cette “mère” étrangement évacuée dans la fable shakespearienne, à laquelle Barker a confié un rôle puissant et mystérieux

Les défis posés par cette pièce sont nombreux

Les dix-huit personnages seront joués par 13 acteurs ; à chaque “nouveau” Lear, Lear change d’âge et on change d’univers, d’où la nécessité d’une grande flexibilité. Comment le style évoluera-t-il à l’intérieur de la pièce ? Qu’est-ce que cette évolution racontera ?
Les situations inventées par Barker échappent à une analyse et un mode de travail traditionnels : ni Stanislavsky, ni Brecht - aucune stratégie pure d’identification ou, au contraire, de distanciation - ne suffisent à appréhender concrètement, scéniquement, ce texte : nous partirons donc à la recherche des méthodes et des outils nouveaux qu’il me semble réclamer. Le cours que prendra ce travail est aussi imprévisible que sa méthode : qui peut dire ce qui surgira de la rencontre entre l’imaginaire des comédiens réunionnais et cette pièce ?

Un jeu direct

Le jeu se voudra direct, basé sur l’engagement dans les situations, prenant en compte leur entière complexité. Ne pas simplifier, ni chercher à imposer une fausse cohérence à l’encontre de l’intention de l’auteur sera l’un de nos soucis majeurs. Nous allons jouer la pièce, et non pas un commentaire sur la pièce.
Enfin, nous désirons faire découvrir au public la voix d’un poète et d’un homme de théâtre des plus intéressants de ce début de siècle. Révéler la puissance, la poésie et la nécessité contemporaine de son théâtre me paraît être la tâche première de ce travail.

La quête du bien

7 Lears la quête du bien
noue un dialogue de plain-pied avec la pièce de Shakespeare, et plus largement avec la tradition élisabéthaine. Si Barker revisite volontiers les grands auteurs dramatiques (Shakespeare, Tchékhov, Middleton...), c’est qu’il trouve chez les classiques matière à réinterroger en profondeur les grandes questions qui font la condition humaine : les conflits de l’intelligence et du désir, les pièges de la famille, la rencontre de l’homme et de la femme, la maturation de l’individu, le problème du bien et du mal.


Programmations

Thêatre Le Grand Marché
Demain soir et samedi à 20 heures, dimanche 6 avril à 18 heures et mardi 8 avril à 19 heures.

Théâtre Les Bambous Saint-Benoît
Jeudi 10 avril 2008 à 14h00 (spéciale)
Vendredi 11 avril 2008 à 20h30
Samedi 12 avril 2008 à 20h30

Théâtre Luc Donat Le Tampon
Mardi 29 avril 2008 à 20h00

Théâtre de Champ Fleuri Saint-Denis
Vendredi 02 mai 2008 à 20h00


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