4ème édition de Manapany surf festival

Les trompettes de la renommée

5 octobre 2004

Surf et musique cuivrée poursuivent leur histoire d’amour dans le petit coin charmant de Manapany, chanté par Luc Donat. Une liaison qui dure depuis quatre ans. Manapany surf festival c’est cent cinquante surfeurs et beaucoup de musique cuivrée sur deux podiums dont un réservé à la jeune musique actuelle. En un mot, la fête !

La fanfare du Belgistan, comme si elle n’avait pas assez donné, descend dans la foule pour prolonger la fête dans la foule, un peu à la manière de Danyèl Waro poursuivant un kabar "atèr" alors que les lampions s’éteignent peu à peu. Il est 2 h 30 du matin à Manapany les Bains et Pierre Macquart affiche un sourire en tranche de papaye. Il n’a même pas plu - à peine un minuscule "pissa" de margouillat. Sans doute le patron du Bato Fou avait-il, sur les conseils de Verzon Roots qui ouvrait le festival, planté un couteau dans le sol avec une poignée de sel.
Derrière les jeunes portois, la Triomphale de l’Ouest ont commencé à donner au festival de Manapany cette note cuivrée chère aux organisateurs. Et la foule nombreuse, vue de la position élevée que nous occupions, a commencé à chalouper aux accents des ségas "lontan", des paso doble et autre "Ti fleur fanée". Ce n’était qu’un avant-goût de la fête qui s’annonçait.
Manléo, un groupe des Hauts de Saint-Joseph - une révélation pour nous - a carrément mis le feu avec sa musique allant du reggae à l’afro-malgache, plaquée sur des paroles corrosives. De l’ondulation rythmée, la foule est passée au sautillement enthousiaste, limite délirant.

Une famille-orchestre

Il a alors fallu tout le talent à Tobrogoï pour maintenir à niveau un public très chaud. Mais la musique de TobrogoÏ aux accents africano-tziganes est assez puissante pour maintenir une ambiance de fête qui est la caractéristique principale de ce festival.
Avec les Ogres de Barback entrent sur scène, les Burguières, une "famille-orchestre". Ces quatre là jouent avec talent d’un nombre impressionnant d’instruments. Une musique dynamique pour accompagner des paroles actuelles qui n’ont rien à voir avec la couleur du string de notre copine ou la recette du carri poulet mise en musique. Comme quoi on peut faire la fête sans tomber dans la facilité. Et quand intervient la fanfare du Belgistan qui fait un bout de route réussie avec les Ogres de Barback, c’est l’explosion. La fête en cuivre. Le bonheur que l’on quitte à regret malgré l’heure tardive (ou plutôt matinale !).
Le temps de passer sous la douche, d’avaler un "p’tidéj" et de s’inquiéter du programme du jour, il est l’heure de reprendre le chemin de Manapany et de son embouteillage quand même bien moins important que celui de la route littorale un jour de "canal bichiques". Juste à temps pour apercevoir une "fin de bout" de la chorégraphie déambulatoire - c’est comme ça qu’elle nous a été présentée - de la troupe de Valérie Berger. Et dans la foulée, de se faire plaisir aux oreilles avec le maloya traditionnel de Mélanz Nasyon qui joue dans sa cour. Traditionnel, mais certes pas fermé aux innovations.

Maloya traditionnel et cuivres

Pour l’occasion, Thomas Médor et Stéphane Grondin, les deux locomotives du groupe ont introduit quatre cuivres derrière les instruments traditionnels. Ce qui a été bien accueilli par le public, au point qu’il ne serait pas étonnant de voir réapparaître, à l’occasion, trombone, trompette et saxos pour accompagner Mélanz Nasyon.
Le public attendait beaucoup de l’association entre Thierry Gauliris de Bastèr et l’accordéoniste rodriguais Augustin Marlin. L’attente n’a pas été déçue. Après cinq jours de travail en résidence à l‘initiative du Rézo et du Pôle régional des musiques actuelles, les musiques - cousines germaines il est vrai - ont réussi un mariage intéressant qui n’a pas dérouté les spectateurs. Y compris quand il s’agissait d’interpréter scottish, mazurka et séga traditionnel où fusionnaient les guitares de Bastèr avec le tambour, le triangle et l’accordéon d’Augustin Marlin. Au point que Thierry Gauliris, qui est en pleine création, confiait au sortir de la scène que cette expérience pourrait bien l’influencer. Quant à Augustin Marlin, cette résidence devrait le servir, lui qui pourrait être présent au grand festival mondial de l’accordéon, l’année prochaine au Québec.
Les cuivres du Belgistan, à la nuit tombante, remettent ça avant de céder la place à Oussanousava dont ont connaît la qualité musicale. Bon alors quand est-ce que l’on se remet cette musique cuivrée dans les oreilles ?

Y.V.D.E.


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Témoignages - 82e année


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