Danses des rues d’Afrique du Sud

Libre explosion de l’énergie de la jeunesse d’un pays

17 octobre 2008

Pantsula, Gumboot et Tap dancer... Noms de danses, noms de rythmes issus de la jeunesse sud-africaine. Il y a le hip hop, il y a aussi le kwaito. Ce sont des univers dont la porte s’est ouverte hier soir par un feu d’artifice corporel.

Gumboot est peut-être la forme la plus médiatisée, danse des mineurs, où l’on frappe les bottes avec les mains, tout en chantant, tout en pilant le sol la scène devenant percussion. La compagnie Via Katlehong, qui porte le nom de son township, est venu porté haut les couleurs flashy de la pantsula, du gumboot et du tap-dancer. Le spectacle de jeudi soir "Nkululelo - celebrating 10 years of freedom in South Africa" était un feu d’artifice, une pétarade sans fin où s’exposaient d’abord le plaisir de jouer, l’exploit physique, la joute dansée évoluant vers une fratrie des différentes danses.
Et puis de temps en temps, au milieu de cette fête dopée à la musique énergétique. D’un coup, parfois, une mise à l’ordre, un chaos, une attaque de chiens, un repli stratégique... et puis la danse reprend.
Et les murs de la Ravine qui confèrent à l’ombre des danseurs, un caractère de communion sacrée, alors que les chants du Gumboots, lancé par le chanteur principal, et repris par tous, viennent faire écho au rythme même du maloya. Là il n’y a plus de DJ.

Le show et l’histoire

Cette première proposition n’est assurément qu’une mise en bouche et qu’un avertissement. La compagnie Via Katlehong entrera certainement davantage dans la narration lors de la soirée de ce soir (Vendredi 17 à 20H30). "Imbizo e mazweni" est une rencontre en dehors du pays, les danseurs sud-africains présentent "Toutes sortes de déserts", chorégraphié par le français Christian Rizzo et "Still life with homeless heaven and urban wounds...(even bananas have bones)" de Robyn Orlin. Imbizo est un rituel étrange qui nous parle d’amitié, de révolte de lutte et de mort et où la dimension politique du pantsula sera mise en lumière.

Et les images

Ce soir également le travail photographique mené à quatre yeux et à quatre mains par le réunionnais René Paul Savignan et le sud-africain Andrew Tshabangu sera projeté à La Ravine. Regards croisés sur les lieux de culte et les pratiques culturelles de nos deux pays, "Bridges" vient ouvrir le champ de la danse à celui des arts visuels. Tout comme la galerie Béatrice Binoche (1 rue Charles Gounod à Saint-Denis) qui expose jusqu’au 22 octobre plusieurs oeuvres de photographes et de vidéastes de Johannesburg.

Francky Lauret


"I Love Jozy" c’est aussi samedi
Kwaito et Hip-Hop Night

Danseurs et danseuses de l’underground réunionnais, la connexion avec le son urbain de Johannesburg c’est ce week-end. La Ravine devrait certainement se transformer en dancefloor avec le son et les lyrics de Mgodoyi, Nthabi et Zubz, qui représentent tous les trois le Kwaito et Outrageous Records. C’est de la house à la sud-africaine, influencé par tout ce que tu veux, tant que ça fait bouger et que ça écrase le son.


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