La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
1er juillet 2006

Jeudi et vendredi, auteurs, réalisateurs, producteurs, éditeurs, responsables culturels... se sont rencontrés pour tenter de marier audiovisuel et littérature autour du thème de l’adaptation.
La Direction Régionale des Affaires Culturelles note que pour la production du film à La Réunion, les cadres d’intervention des finances publiques sont fixés, très larges et ambitieux. Françoise Kersebet, conseillère pour le cinéma, l’audiovisuel et le cinéma estime cependant qu’il reste à accompagner cette filière, à provoquer des rencontres et des liens pour qu’au final, les projets soient bien conçus et parviennent devant les instances décisionnaires dans les meilleures conditions. D’où la grande importance qu’elle accorde à ces rencontres professionnelles.
Terre de tournage
Le Conseil régional souligne deux enjeux : l’arrivée de projet extérieurs et l’essor de projets locaux en phase avec la culture réunionnaise où les Réunionnais pourraient se reconnaître. Sylvie Lemaire, directrice des Technologies de l’Information et de la Communication souligne qu’il s’agit à la fois d’avoir une activité économique, de continuer à essayer d’attirer des tournages et de mesurer les retombées. Cette production extérieure est très importante pour les techniciens locaux. Pour l’heure, s’il y a beaucoup de documentaires produits, du côté de la fiction il n’y a rien, pourtant il y a de réelles opportunités, car des groupes comme France Télévision ont envie de s’ouvrir à de nouveaux territoires, à de nouvelles images.
Fécondation croisée
Les producteurs connaissent leurs métiers, mais ignorent tout du monde du livre, et inversement éditeurs et auteurs connaissent peu de choses du milieu du film. Ces rencontres ont donc pour objectif d’effectuer "une fécondation croisée" pour reprendre le terme de l’organisateur de ces rencontres autour de l’adaptation, Alain Dufau. Lui, "ne pense pas l’image sans le verbe. Les deux vont de pair et sont liés de manière inextricable. Tout mot tire l’image, toute image tire le mot. Je ne comprends pas cette séparation, cette façon de cloisonner nos métiers."
Combien ça coûte ?
La journée d’hier a commencé par un tour d’horizon des mondes littéraires et audiovisuels à travers plusieurs données chiffrées, que chacun puisse avoir des ordres de grandeurs. Un long-métrage en France coûte en moyenne 5 millions d’euros. Le coût moyen d’un documentaire est de l’ordre de 150.000 euros, celui d’un court-métrage autour de 60.000 euros et une heure de feuilleton télévisuel coûte 2 millions d’euros. Des sommes sans communes mesures avec le livre où le prix de revient d’un ouvrage vendu 30 euros est de l’ordre de 5 euros, cette somme comprenant les quelques dizaines de centimes versés par livre vendu à l’auteur. Le libraire semble occuper la meilleure position, car il récupère la moitié du prix de vente.
Francky Lauret
Un million d’entrées par an
En France il y a 5.000 salles de cinéma dont 111 multiplexes. A La Réunion, on dénombre 53 écrans pour 31 établissements et deux multiplexes. Si on ajoute les structures culturelles, on compte plus de 14.500 fauteuils. Les salles de cinéma des DOM-TOM bénéficient d’une dérogation qui fait qu’elles ne sont pas taxées sur le prix des billets, une bizarrerie que les exploitants défendent becs et ongles. Chaque année, plus d’un million de tickets sont vendus.
Il existe cinq festivals à La Réunion qui ont lieu à Saint-Benoît pour le court-métrage, au Port pour le cinéma d’Afrique et des îles, à Saint-Pierre pour le jeune public, le festival de Saint-Denis qui s’intéresse chaque année à un pays particulier et le récent festival du film de La Réunion qui propose de découvrir les premiers et seconds longs-métrages.
La Réunion en très bonne place
La France occupe le premier rang de la production audiovisuelle européenne avec 240 films longs-métrages agréés. La Région Réunion est très active car elle est la dixième région française si l’on considère le montant global d’investissement pour l’audiovisuel, sixième en ce qui concerne l’aide au documentaire et seconde pour l’aide au téléfilm. Selon les professionnels, ce contexte est plus que favorable au développement de la filière.
Expériences réunionnaises
Après les tours d’horizons de la matinée, l’après-midi a été consacré à la littérature réunionnaise. Puis Elisabeth Beyer, responsable aux éditions Actes Sud a fait un point sur l’adaptation en France. Des adaptations audiovisuelles et cinématographiques à La Réunion ont été évoquées à travers les expériences de Daniel Honoré et de Daniel Vaxelaire. Carpanin Marimoutou, poète, écrivain a montré tout l’intérêt que la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise porte aux témoignages audiovisuels.
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