Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Le président de l’assemblée unique de Martinique interpelle le président de la République
11 mai, par

Serge Letchimy appelle la France à aller au-delà de la loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité et à engager un processus de réparations pour les conséquences durables de l’esclavage et de la colonisation. Il propose une loi de justice réparatrice et une commission dédiée, inspirées des initiatives internationales du CARICOM. Pour lui, l’esclavage n’est pas un simple souvenir historique, mais une réalité dont les effets sociaux et économiques persistent encore aujourd’hui.
À l’occasion du 25e anniversaire de la loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, le président de la Martinique, Serge Letchimy, relance avec force le débat sur les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation par la France. Dans une lettre adressée au président de la République française, il estime que la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité, obtenue en 2001 grâce à la loi rapportée par Christiane Taubira, ne peut rester symbolique. Selon lui, le temps est venu d’ouvrir une nouvelle étape fondée sur la justice et la réparation.
Pour le dirigeant martiniquais, les conséquences de l’esclavage ne relèvent pas uniquement du passé. Elles continuent de marquer profondément les sociétés héritières de la colonisation, notamment à travers les inégalités économiques, les déséquilibres sociaux et les fractures culturelles. Il appelle donc l’État français à reconnaître que ce crime historique a produit des dommages durables qui exigent aujourd’hui des réponses politiques concrètes.
Dans son courrier, Serge Letchimy propose l’adoption d’une loi de réparation ainsi que la création d’une commission chargée de définir les formes possibles de cette justice réparatrice. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit ni de vengeance ni de repentance, mais d’un processus de reconnaissance historique permettant de construire des relations plus équilibrées entre la France et les pays marqués par l’esclavage.
Cette démarche s’inspire notamment du programme adopté par la Communauté caribéenne, qui défend depuis plusieurs années un plan international de justice réparatrice envers les anciennes puissances esclavagistes. La Martinique, devenue membre associé de cette organisation régionale, entend désormais participer pleinement à ce combat politique et mémoriel.
Le président de l’assemblée unique de Martinique critique également la position de la France sur la scène internationale. Il juge contradictoire que Paris reconnaisse officiellement l’esclavage comme crime contre l’humanité tout en s’abstenant lors du vote d’une résolution des Nations unies qualifiant la traite négrière et l’esclavage parmi les crimes les plus graves de l’histoire humaine.
Pour Serge Letchimy, l’esclavage ne peut être réduit à un simple épisode lointain ou périphérique de l’histoire française. Il constitue une part centrale de la construction économique et politique de la France moderne. Dès lors, la mémoire ne suffit plus : il faut désormais passer à une véritable politique de justice historique.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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