18ème édition de Lire en Fête

Lumière sur les écrivains réunionnais

4 octobre 2006

Pour la première fois, la 18ème édition de Lire en Fête s’exprime autour d’un thème : “Une ville, une œuvre”. Dans l’île, toute la lumière sera faite sur des auteurs comme Georges Athénas et Aimé Merlo ou Jean Albany les 13, 14 et 15 octobre.

Rencontrons ces auteurs. La médiathèque de Saint-Pierre valorisera les œuvres de deux écrivains, Georges Athénas et Aimé Merlo, plus connus sous les noms de Marius et Ary Leblond, des cousins et non des frères. Le premier est né le 26 février 1877 à Saint-Denis, le second le 30 juillet 1880 à Saint-Pierre. Ils ont été historiens, écrivains, critiques d’art et journalistes. "Leur œuvre à quatre mains a été notamment récompensée par le Goncourt en 1909 pour le roman France, qui raconte le parcours de deux jeunes Créoles venus étudier à la Sorbonne. L’esprit colonial marque leur écriture. Ils ont occupé des postes publics, Marius (Georges) comme secrétaire du maréchal Gallieni de 1914 à 1916, Ary (Aimé) comme conservateur du musée de la France outre-mer. On leur doit à ce titre la création du musée qui porte le nom de Dierx à Saint-Denis de La Réunion".

Lectures d’Outre-mer

Auteur écrivain mis à l’honneur : Jean Albany, à RFO Saint-Denis. Il quitte en 1937 la Pointe des Aigrettes à Saint-Gilles. Il voyage jusqu’à Paris pour y poursuivre ses études en droit et en odontologiste. La mondiale éclate et l’amène finalement à servir dans l’artillerie comme élève officier à l’école de Fontainebleau. C’est de là qu’il écrit ses premiers poèmes qui seront publiés en 1985 à titre posthume dans “Amour oiseau fou”. Il a publié "en 1951 “Zamal”, son premier recueil. Repère de la poésie réunionnaise contemporaine à La Réunion, cet ouvrage établit la possibilité d’une créolité que la suite de l’œuvre s’attelera à explorer. Son titre est le nom donné aux Indiens dans l’île. Jean Albany reçoit en 1965 le Grand Prix des Mascareignes. Il s’achète grâce à lui un magnétophone à cassettes. Il le met en marche la nuit par réflexe et vagit des poèmes comme un somnambule.“ Bleu mascarin” paraît en 1969. C’est son premier recueil qui privilégie de fait le créole comme langue d’expression poétique. gé de 53 ans en 1970, le chirurgien dentiste amateur de courses de chevaux et de peinture se voit mourir".

Autre moment à ne manquer, l’échange de David Huet avec la troisième jeunesse à Saint-Leu. Des conteurs se rendront également dans les hôpitaux pour rendre le sourire à des enfants de moins de 4 ans. Le détail de cette manifestation vous sera communiqué prochainement.

J.-F. N.


Lu dans Témoignages du 4 et 5 octobre 1975

Les Femmes ont la parole

Préparation au 4ème Congrès des Femmes de La Réunion

Dimanche 12 octobre 1975 au Port

Pourquoi nous luttons ? D’abord parce que nous voulons un changement de régime. "Nous sommes Réunionnaises, disent Annie, Solange et Michèle. Nous occupons des emplois où nous voyons la faillite de l’enseignement, la médecine de classe. Si nos enfants suivent bien leurs classes, nous avons très bien que c’est parce que qu’ils travaillent dans de bonnes conditions, mais les autres ?
Tous ces élèves qui pourraient avoir une instruction, un métier, et qui sont renvoyés chaque année sans rien dans les mains... "Nous savons qu’elles seront au chômage. Certaines seront entraînées dans l’émigration. Nous voyons leurs parents désorientés, malheureux de ce qui arrive à leurs enfants. Nous voyons des enfants venir en classe le visage fatigué déjà parce que la faim leur tiraille le ventre, parce qu’il a fallu faire la corvée d’eau, parce qu’ils n’ont pas suffisamment dormi dans la case où le petit frère pleure où la mère est fatiguée, le père au chômage. La case où il fait froid l’hiver, où l’on étouffe l’été.

Cela nous inquiète

"Tout cela ne peut nous laisser indifférentes. Et puis, même pour nos enfants, de quoi demain sera-t-il fait, Pourront-ils travailler dans leur pays ? Que leur réserve l’avenir dans cet Océan Indien où la base militaire la plus importante est aménagée à Diego Garcia par les Américains ? Où notre propre pays devient une base militaire, où à 2000 kilomètres de chez nous le régime de l’apartheid menace la vie des peuples ? Tout cela nous inquiète".

Des milliards gaspillés

"Comme nous inquiètent la politique de l’UDR et les giscardiens. Notre pays vidé de ses forces vives par une émigration intense ; l’aggravation de la crise agricole ; le pays ravagé à tort et à travers par les promoteurs. Du béton, du béton partout. Nos fruits qui disparaissent. Nos forêts, nos plages occupées. Tous les milliards gaspillés. La fraude électorale et la violence, la corruption, l’étouffement des libertés, une information dirigée constamment où notre peuple n’a pas la parole".

"Tous cela nous révolte. Il n’est pas possible que nous restions égoïstement chez nous en nous bouchant les yeux et les oreilles. Nous sommes avec notre peuple ; avec les femmes qui luttent contre la misère et le chômage ; avec tous ceux qui luttent pour l’autonomie de notre pays. Parce que nous pensons que notre peuple est majeur. Qu’il a le droit de prendre lui-même ses décisions, en fonction de ce qu’il pense être juste et valable pour la mise en valeur du pays, et qu’il n’a pas d’ordre à recevoir de ceux qui décident pour lui à 10.000 kilomètres".

Pas de la même manière

"Comme nous rejetons leurs valets, qui profitent de la fraude, de la corruption, pour leur mauvaise politique contre les travailleurs et pour la défense de leurs privilèges (...) Et nous considérons que le plus urgent est la survie des femmes, des hommes et des enfants de pays. Et la libération du régime colonial. C’est pourquoi nous militons dans l’UFR et que nous serons au Port, le 12 octobre, avec les femmes travailleuses de notre pays".


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