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13e anniversaire de la reconnaissance du maloya comme Patrimoine de l’humanité
3 octobre 2022, par

Le maloya est arrivé à La Réunion dans la tête d’esclaves qui furent déportés dans notre île. Le 1er octobre 2009, l’UNESCO reconnut le maloya comme faisant partie du Patrimoine immatériel de l’humanité. La reconnaissance de cet apport de la classe la plus opprimée par le régime colonial est une victoire exemplaire. Aujourd’hui, le maloya continue d’être présent sur le front des luttes, comme moyen d’expression des revendications des Réunionnais.
Le 1er octobre 2009, le maloya était inscrit par l’UNESCO sur la liste du Patrimoine immatériel de l’humanité. 13 ans plus tard, plusieurs événements étaient organisés le week-end dernier pour célébrer cet événement, notamment avec le Village maloya de Région au Musée de Stella, et à Saint-André lors du Salon de la culture et de l’identité réunionnaise.
Le maloya est arrivé à La Réunion grâce aux esclaves qui furent déportés dans notre île. Utilisé dans les cérémonies rendant hommage aux ancêtres, le maloya est de longue date un moyen d’expression des luttes du peuple réunionnais. C’est ce qu’a rappelé la manifestation du 29 septembre organisée par l’Intersyndicale dans les rues de Saint-Denis. Le maloya a rythmé la remontée de la rue du Maréchal Leclerc par le cortège des syndicats CGTR.
Une telle reconnaissance n’allait pas de soi. Le maloya faisait en effet partie de la culture des pauvres et des opprimés. C’était aussi un moyen de souligner l’existence d’un peuple réunionnais avec son histoire et sa culture qui n’est pas celle de la France. C’est pourquoi le maloya fut combattu par le pouvoir, interdit de diffusion sur les médias qui étaient alors totalement sous le contrôle de Paris.
Le Parti communiste réunionnais fit de la survie du maloya un de ses combats, avec le soutien de militants culturels. Les victoires de listes démocratiques aux élections municipales de 1971 permirent l’organisation dans les communes dirigées par un élu PCR, ou en coalition, du 20 décembre au son du maloya. Ailleurs, dans l’île, les sections communistes soutenaient le maloya. Ceci déboucha en 1976 au Port sur l’apparition du groupe de Firmin Viry sur la scène du 4e congrès du PCR. Dans la foulée, le Parti communiste réunionnais a produit les deux premiers disques de maloya.
L’arrivée de Paul Vergès à la présidence de la Région en 1998 allait aboutir à la reconnaissance internationale du maloya. Il militait en effet pour la création de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. L’équipe chargée de ce projet présenta la candidature du maloya à l’UNESCO, au titre de Patrimoine de l’humanité. Ce fut le 1er octobre 2009 que l’UNESCO reconnut au maloya sa place sur cette liste. Cet événement fut alors commémoré au Centre de rayonnement régional Gramoun Lélé par une soirée mettant à l’honneur le maloya aux côtés d’autres expressions populaires réunionnaises, comme le bal tamoul.
Aujourd’hui, plus personne à La Réunion ne prendrait la décision d’interdire le maloya voire de le combattre. La reconnaissance de cet apport de la classe la plus opprimée dans le système colonial est une victoire exemplaire.
M.M.
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Messages
3 octobre 2022, 08:53, par Paul
Merci Témoignages pour ce rappel . Mais reconnaissons, en effet , que si personne n’oserait aujourd’hui prendre la décision d’interdire voire combattre le maloya , certains vieux réflexes persistent . Nos médias et même nos "maloyers" ont du mal à reconnaître celles et ceux - le PCR- qui ont mené le combat pour la survie du maloya et la Région présidée par Paul Vergès pour sa reconnaissance par l’UNESCO ; Comme si cela écorcherait leur langue . J’ose espérer qu’il y aura toujours un communiste pour le rappeler , et Témoignages , bien entendu