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Michou au Kabardock
10 septembre 2008

Ce samedi soir, 6 septembre, à l’affiche du Kabardock, il y avait “Carte blanche à Michou”. Nous y avons retrouvé la joyeuse bande de dalons qui fréquente l’établissement portois. Pas l’affluence des grands soirs, mais une ambiance plutôt familiale. Bref, une configuration idéale pour la salle chaleureuse du café-musique du Kabardock, avec le sourire de Stéphane qui, en maître des lieux, cultive la discrétion. L’équipe du Kabardock est au complet, chacun à son poste. Une sympathique soirée en perspective.
Mais avec Michou, pas de “sympathique soirée” ! Démaraz kardtour : krazé, piké, chaloupé, pilé. Séga, maloya. Koud’talon. Pas une seconde pour souffler. Cette femme-là, c’est de la dynamite. Elle irradie. Elle ensorcelle. Elle mène le bal. Une bête de scène.
Avec Michou : soirée dofé !
J’avais inconsciemment figé Michou dans le cliché un peu désuet d’égérie de l’épique époque des grands orchestres de bal, avec à son répertoire quelques tubes péi bien kadansé comme le mythique “Mario mon coco” ou encore comme le lascif “Largue la sauce”. Erreur. Michou, c’est cela bien sûr, mais c’est plus encore.
Michou a la beauté et l’ardeur des artistes sur lesquels le temps coule comme dolo si fèy sonz, sans laisser de trace. Pas une ride de nostalgie, mais une énergie bien trempée, une femme campée dans la réalité. Michou n’appartient pas à une “époque”, elle est ancrée dans le présent, comme elle l’était lorsqu’elle a débuté sa carrière. Elle ne cherche pas à suivre une mode. Elle est intemporelle et lumineuse. Elle a la grâce des grandes chanteuses, l’élégance intacte, le regard pétillant, le sourire radieux, le déhanché percutant, le répertoire bien accommodé à la sauce créole. La classe.
Sa voix chaude et piquante la précède sur scène, et lorsqu’elle apparaît sous les projecteurs, Michou cristallise tous les regards malgré les talentueux musiciens qui l’entourent. Ses complices de scène. Ses compagnons de podium. Son plaisir, elle le partage avec ses musiciens, avec son public, mais aussi avec d’autres artistes : Alix Poulot, Gaby Laï Kune, Henri-Claude et Marie-Armande Moutou et bien sûr Narnime Ducap se succèdent ainsi à ses côtés pour apporter chacun une touche différente à cette soirée placée sous le signe du fonnkèr réunionnais. A l’applaudimètre, la mythique “Mamzel Paula” arrive bien entendu en tête : on est au Port et le public jubile car le personnage est encore dans tous les esprits.
Avec son “tourné-viré”, Michou incarne une chanson réunionnaise vivace et réussit la synthèse entre le séga traditionnel et les résonances nouvelles. Mais surtout, Michou possède cette qualité que l’on retrouve uniquement chez les grands artistes : la générosité. Le public du Kabardock l’a bien compris ce samedi soir en lui manifestant avec force son enthousiasme. On aimerait voir Michou un peu plus souvent dans la programmation des grandes scènes réunionnaises.
Nathalie Legros
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