MÉDIAS

17 février 2007

• Il a osé le dire

Le PDG de TF1, Patrick Le Lay, considère que la Une est « une entreprise de taille moyenne » que « la classe politique devrait encourager et protéger, plutôt que de chercher à l’attaquer et à l’affaiblir », dans un entretien accordé à “L’Express”.
On ne savait pas que cette chaîne de télévision était tant à plaindre. Ni qu’elle avait besoin de... protection. On se demande bien qui la menace.

• Le Conseil supérieur de l’audiovisuel vient de pointer encore une fois, la semaine dernière, dans un communiqué, « la persistance d’un déséquilibre marqué entre les deux candidats bénéficiant des temps les plus importants et les autres candidats », sur « certaines » chaînes analogiques nationales. Cela ne vous étonnera pas, les candidats les plus favorisés, sur la période du 1er décembre 2006 au 1er février 2007, sont... Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

• Présidentielle : des journalistes du service public réclament l’égalité entre tous les candidats
Dans un appel publié hier à l’adresse de leurs directions, des journalistes du service public de l’audiovisuel constatent que « les temps de parole ne sont pas toujours équilibrés entre les candidats [à l’élection présidentielle], et que « la bipolarisation est encore trop présente », malgré le récent rappel à l’ordre du CSA. Ils réclament ainsi que « tous les candidats (...) [soient] traités à égalité ».

Par ailleurs, les premiers signataires, issus principalement de France 3, expliquent qu’ils « ne [peuvent] cautionner la dérive populiste qui consisterait seulement à donner la parole à des panels de citoyens (...), les journalistes étant cantonnés dans le rôle de porteurs de micros et ne pouvant exercer leur droit de suite (...) », et réclament des « débats contradictoires entre les différents candidats ».
A ce propos, la journaliste Hélène Jouan a - cette semaine, dans son éditorial - stigmatisé les émissions politiques sur les chaînes de télévision qui placent les « citoyens lambdas (... en) interviewers ». Ces participants triés sur le volet par des experts du panel, « à savoir les sondagistes de nos instituts de sondages », sont censés représenter toute la France.

Hormis les militants « pas assez représentatifs du désamour ambiant de la politique, parait-il », exit les journalistes, dit la chroniqueuse de France Inter. D’un côté, on aurait les vrais citoyens qui poseraient les vraies questions ("plus de filtre, le peuple est enfin souverain"), et de l’autre, les journalistes forcément considérés comme des empêcheurs de tourner en rond. Cette méfiance des journalistes est caractéristique des politiques aujourd’hui. Pourtant, on l’a vu par le passé, ils n’ont pas grand-chose à craindre, « la profession est décrédibilisée et soupçonnée de connivence ». Mais ce “pas grand-chose” est encore de trop. Pourtant, poursuit la chroniqueuse, « un journaliste est censé connaître ses sujets, on attend de lui qu’il questionne, qu’il coupe, qu’il relance son interlocuteur, éventuellement qu’il rectifie ses propos », ce que le participant lambda n’est pas le plus souvent en mesure de faire. « Par exemple, en entendant Jean-Marie Le Pen gloser sur "ces familles kurdes qui arrivent à poil avec 10 enfants", sans doute un journaliste aguerri eut pu l’interrompre plus facilement qu’un citoyen lambda qui, pour la première fois sous les feux de la rampe, manque sans doute un peu de présence d’esprit ».

Et la journaliste soulève une question plus fondamentale : « ces émissions réduisent en réalité le dialogue politique à une transaction consommateur/vendeur. Le retraité va s’inquiéter de sa petite pension, l’homosexuel s’interroger sur l’homoparentalité, le “Beur” dénoncer les discriminations, et l’employé réclamer du pouvoir d’achat. Questions catégorielles, réponses catégorielles. Le panel a un effet de communautarisation de l’électorat, chacun dans sa case ».

En effet, on assiste alors à une déformation de démocratie. Cependant, une campagne présidentielle, comme le souligne la journaliste, est « l’occasion de développer un projet collectif où certes les intérêts de chacun seraient pris en compte, mais où ils ne seraient pas l’essentiel ». Et de conclure : « la télé, décidément, vire parfois un peu rapidement au populisme ».

• Orange diffusera France 24... à l’étranger
Orange a passé un accord avec France 24 afin de diffuser cette nouvelle chaîne sur les bouquets ADSL de ses filiales étrangères. Cet accord concerne pour le moment les offres de TV par ADSL en Espagne, Pologne, Sénégal et à l’Ile Maurice.
« Ces quatre pays diffuseront progressivement France 24. Cet accord pourra être étendu à de nouveaux pays », souligne le fournisseur d’accès dans un communiqué. Orange comptait, au 31 décembre 2006, 590.000 abonnés à ses offres de TV par ADSL dans le monde (hors France).
On est bien content pour eux, car en ce qui concerne La Réunion, cet opérateur - malgré le récent accord passé entre l’Etat et la Région - continue à pratiquer une politique de prix élitaire pour un service minimum...

• TNT : 7,5 millions de téléspectateurs suivent BFM TV chaque semaine
Selon l’étude Médiamat pour le mois de janvier 2007, ce sont désormais 7 millions 504.800 téléspectateurs qui regardent BFM TV chaque semaine, soit près de 1 million de téléspectateurs de plus que pour la période précédente.
« Selon l’étude MédiaCabSat (vague décembre 2005 / juin 2006), étude référente pour le câble et le satellite ; sur ses initialisés, LCI rassemble 5 millions 927.000 téléspectateurs chaque semaine », souligne la chaîne dans son communiqué. Soumise à abonnement, LCI ne peut toutefois pas profiter de l’audience d’une diffusion gratuite.
Avec une part d’audience de 0,7% sur l’univers TNT, BFM TV progresse de 40% par rapport à la dernière vague. La chaîne prépare sa troisième version pour le printemps et « le lancement de la télévision mobile personnelle après le vote de la loi sur la télé du futur, en cours de discussion à l’Assemblée nationale ».
A signaler que ceux qui ont la chance d’avoir une liaison ADSL, peuvent voir en continu cette chaîne d’information. Ce qui change d’Antenne Réunion ou de RFO.

• En qui avoir confiance...
La radio toujours considérée comme le média le plus fiable
Selon le 20ème baromètre TNS Sofres/La Croix publié hier, la radio reste le média le plus fiable, 57% des personnes interrogées (contre 54% en 2006) estimant que les nouvelles entendues à la radio correspondent « vraiment ou à peu près à la façon dont les choses se sont passées ». Elle devance les journaux (51%, soit +3 points sur 1 an) et la TV. En effet, 51% des sondés ne font pas confiance au petit écran (mais -3 points sur 1 an). Concernant Internet, 30% lui font plutôt confiance, contre 20% plutôt pas confiance et 50% se disent sans opinion. Par ailleurs, 63% des sondés estiment que les journalistes ne sont pas indépendants face « aux pressions des partis politiques et du pouvoir », et encore 60% face « aux pressions de l’argent ».

• Alain Duhamel suspendu de l’antenne + foto 10b
France 2 fait savoir dans un communiqué que son journaliste politique Alain Duhamel a pris position en faveur de François Bayrou en novembre dernier. La chaîne publique indique que « la Direction de France Télévisions a eu l’occasion de rappeler à plusieurs reprises que le service public se devait d’être irréprochable en respectant rigoureusement les principes d’indépendance et de neutralité dans ses journaux et magazines d’information ». Alain Duhamel ayant pris des engagements, il est donc suspendu de l’antenne jusqu’à la fin de la campagne électorale.

• France 3 tourne une fiction sur la catastrophe de Courrières
France 3 a débuté, lundi 12 février, le tournage d’une fiction qui retrace la catastrophe survenue le 10 mars 1906 dans la mine de la Compagnie de Courrières qui fit 1.099 morts. Le tournage se déroule dans la région de Valenciennes jusqu’au 13 mars prochain.
L’histoire : A travers les yeux de deux enfants de classe sociale différente, “Courrières 1906” évoque la terrible catastrophe qui coûta la vie à plus de 1.100 mineurs. Louis, 12 ans, fils de mineur, descend ce jour-là pour la première fois dans la mine. Comment soupçonner qu’il va rester prisonnier des ténèbres pendant plusieurs semaines, mangeant jusqu’au col de sa chemise pour tenter de survivre ? 

Pendant ce temps, à l’air libre, son ami Charles, fils de l’ingénieur en chef des mines de Courrières, découvre avec consternation que son père joue le jeu de la Direction qui a pris la décision, dans un souci purement économique, de fermer des puits par lesquels auraient pu remonter d’éventuels survivants. 21 jours plus tard, alors que tout espoir semble perdu, un petit groupe de 13 miraculés parvint enfin à l’air libre... parmi eux se trouve Louis !!! 

Mais l’épreuve met un terme à l’amitié des deux enfants. Louis prend le parti des mineurs dont il se sent désormais totalement solidaire et refuse de renouer avec le fils de celui qui les a abandonnés. Chacun, désormais, suivra son destin, regrettant pour toujours une amitié brisée par les conventions des hommes...

• Chez Maupassant avec Claude Chabrol
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France 2 va revisiter le patrimoine littéraire français en adaptant le plus fidèlement possible 8 contes et nouvelles de Maupassant. D’abord, “La Parure” de Claude Chabrol, avec Cécile de France et “Histoire d’une fille de ferme” de Denis Malleval, avec Olivier Marchal et Marie Kremer.
Quand Cécile de France parle de son rôle de Mathilde Loisel dans “La Parure” pour France 2 :
« J’ai trouvé avec Mathilde un très joli rôle. Issue d’un milieu plus modeste que son entourage, cette femme aspire à être aussi belle et riche que ses amies. Elle rêve d’être parée de bijoux, vêtue de belles toilettes... Mais malgré ses caprices, ce n’est pas une mauvaise bougresse. Elle me touche aussi énormément. Mathilde est une victime. Une victime du paraître et de son propre désir d’apparence. Personnellement, me grimer et m’enlaidir pour les besoins d’un tournage ne me pose aucun problème. Bien au contraire... J’adore ça ! Tout comme pour le théâtre, la transformation physique participe au plaisir de raconter une histoire. Autant le faire, alors, du mieux qu’on peut. Dans l’œuvre de Maupassant, tout est justifié. L’univers social, les personnages y sont décrits avec réalisme. “La Parure”, je l’ai découvert à l’occasion du tournage. La chute est horrible. Géniale. Les thèmes qui y sont abordés - comme l’assujettissement à la mode, à l’apparence ou encore la jalousie - sont toujours d’actualité. Maupassant vu à travers l’œil de Claude Chabrol... Un cadeau magnifique pour une comédienne ! Sans compter la chance d’être à la fois entourée du père et du fils. Moi aussi, je me suis sentie en famille... ».

L’INA ouvre une école supérieure de l’audiovisuel et du numérique
L’INA ouvre une école supérieure de l’audiovisuel et du numérique. Avec INA’Sup, l’Institut Nationale de l’Audiovisuel souhaite former des spécialistes de la production et du patrimoine dans le domaine de l’audiovisuel et du numérique.
Ouvertes à 250 étudiants, les 13 formations diplômantes, du BTS au Master, s’ajoutent aux 4.500 stagiaires en formation professionnelle continue. L’INA’Sup offre deux spécialités : “Gestion et conservation des patrimoines audiovisuels et numériques” et “Production-édition audiovisuelle et numérique”.
 « L’INA a décidé de s’appuyer sur ses compétences uniques en France de conservateur des archives de la radio et de la télévision, de producteur audiovisuel et de formateur, pour créer deux formations de niveau Master qui répondent aux nouveaux défis du monde numérique, de la télévision et du Web », souligne l’entreprise publique dans un communiqué.


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