Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Concert - Fusion maloya-cuivre
12 novembre 2004

On connaissait Mélanz Nasyon dans tout son maloya traditionnel. Ceux qui n’ont pas eu l’occasion de venir découvrir la formation accompagnée de cuivres doivent vite se rendre au Bato Fou ou au Palaxa, pour se délecter de ce copieux breuvage musical.
Eh oui ! Le gayar l’arivé. Le groupe Mélanz Nasyon doit retrouver son public ce soir et demain, respectivement au Bato Fou (Saint-Pierre) et au Palaxa (Saint-Denis). Si tout le monde ou presque connaît leur maloya énergique, vous ne tarderez pas à apprécier leur fusion avec les cuivres.
Et préparez vos oreilles, les cuivres de pas n’importe qui. Pinpin (saxo alto), Alain Chane (saxo), Jérôme Vannier et Fred Bonté (Trompette), Lionel Grondin (Trombone) seront de la partie pour ce qui devra être une belle fête à la musique, à notre maloya. Aux percussions, en plus des traditionnels musiciens de Mélanz Nasyon, on appréciera la présence de Laurent Dalleau, percussionniste d’exception, fidèle musicien de Danyèl Waro.
L’expérience a déjà fasciné les Réunionnais, lors de la quatrième édition de Manapany Surf Festival, et laissait présager une reconduite, somme toute normale, de cette fusion. Stéphane Grondin n’hésite pas de parler de Brass-Maloya, un mot-concept dont il gardera sûrement la paternité, à l’heure de l’écriture du dictionnaire de la musique réunionnaise. Qui sait ?
L’histoire du groupe révèle que Mélanz Nasyon a toujours privilégié la recherche musicale, basée sur une rencontre avec des artistes de talents. Il faut dire que le groupe saint-joséphois le mérite bien. En 1995, une fine troupe de dalons se mettent au maloya, après avoir vu un kabar de Gramoun Lélé.
Tout naturellement, ils fondent leur propre groupe, appelé à un avenir fructueux, au vu du talent qu’ils montrent tous. 5 ans plus tard, ils seront élus meilleur groupe étranger du Hararé international festival of the arts Zimbabwe, et enregistrent déjà leur deuxième album. En fait, depuis 1996, année de la création officielle de Mélanz Nasyon, le groupe parcourt les scènes réunionnaises, officielles ou en maron, nationales et internationales. Inutile de demander pourquoi. C’est en effet "un groupe plein d’énergie et de fougue", lançait un confrère.
Mais plus que tout, c’est la teneur musicale, le poids des textes, et les mélodieuses voix du groupe qui font sa renommée, maintenant acquise. Qui ne connaît pas "Madame Clémence" et ses ladilafé de "langue vipère" ? Le groupe s’évertue en effet de parler du quotidien réunionnais, des fléaux de l’alcool, ou plus passionnément de la mort d’un monument universitaire en la personne de Vladimir Canter. Pour son troisième album "Gayar la rivé", un bébèt maloya écrit par Stéphane Grondin et entonné par Thomas Médor, les deux locomotives du groupe, lui est dédié.
Bref, des belles compositions, qui de surcroît devront s’harmoniser à merveille avec des cuivres. Vous m’en direz des nouvelles, si d’abord vous faites l’excellent choix de vous rendre demain au Palaxa. Les plus alertes ne manqueront sûrement pas la magnifique soirée qui s’annonce ce soir au Bato Fou, avec Gilbert Pounia qui doit également s’y produire ce soir, et au Palaxa demain.
Bbj
Mélanz Nasyon au Bato Fou, ce soir à 22 heures ;
Au Palaxa demain à 20 heures et demi.
Nos peines
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