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5 mai 2010

Le 24 novembre 1789, un citoyen de La Rochelle écrit à Mirabeau : « Monsieur le comte, une motion que l’on assure devoir être faite par vous, ou par M. de la Rochefoucauld, à l’Assemblée nationale, met tout le commerce de cette ville en alarme. L’objet de cette motion est, dit on, de faire rendre un décret qui interdise à tout Français la traite des noirs [...] ». En France, le bruit court en effet que Mirabeau s’apprête à prendre la parole à l’Assemblée nationale contre l’esclavage. Les commerçants d’esclaves, surtout ceux des villes portuaires, s’inquiètent donc pour leurs affaires.
Mais le jour où Mirabeau doit présenter sa motion, les membres de l’Assemblée l’empêchent de prendre la parole.
Mirabeau est l’une des grandes voix françaises à s’élever contre la traite négrière et l’esclavage. Le 6 mars 1790, dans un discours prononcé devant le Club des Jacobins, Mirabeau commente les gravures du navire négrier Le Brooks et s’indigne. Parlant des captifs, il déclare : « Comme ils sont entassés les uns sur les autres Comme ils sont étouffés par les entreponts, ne pouvant se tenir debout ni même assis, ils courbent la tête. Bien plus, ils ne peuvent ni mouvoir leurs membres étroitement garrottés, ni leurs corps mêmes [...]. Cet air mesuré par la barbarie, imprégnée de douleur et de sang, n’est plus qu’une homicide atmosphère et malgré vous la mort de la moitié de ces victimes va faire de la place aux autres. [...] ».
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