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Un musée pour mémoire
29 juin 2010, par

L’Afrique du Sud abrite l’un des premiers musées traitant de l’histoire du XXème siècle du pays. Il est ouvert depuis 2001. La construction du musée a été possible dans le cadre d’un appel d’offre relatif à l’installation d’un casino, à côté du musée.
Les candidats devaient inclure un projet social, le gagnant a engagé 80 millions de Rands pour la construction du Musée de l’Apartheid. A la fin de la visite, les visiteurs pourront lire les propos de Nelson Mandela, « Être libre ne veut pas seulement dire se libérer de ses chaînes, mais également vivre d’une manière qui respecte et fait avancer la liberté des autres ».
Une visite bouleversante
Sur une surface de 7 hectares, le musée est considéré comme un espace vivant inspirant « respect et crainte ». Dès l’entrée, les visiteurs se voient délivrer des tickets différents selon la couleur de leur peau. Les Blancs et les Noirs accèdent au musée par deux portes différentes, l’une surmontée d’un écriteau "blankes/whites", et l’autre "nie blankes/non whites" (blankes signifie blancs en afrikaans, la langue des oppresseurs afrikaners). Le site de l’Office du Tourisme d’Afrique du Sud explique que « C’est un rappel symbolique de l’inhumanité perpétrée à l’encontre de millions de Sud-africains durant les années de l’apartheid ».
Ensuite, les visiteurs se retrouvent dans une cellule d’isolement, identique à celle de la prison de haute sécurité de Pretoria, où des centaines de victimes de l’apartheid ont été incarcérées et ou ont péri. Afin qu’ils s’imprègnent de tous les aspects de l’apartheid, « de la petite délinquance à la brutalité pure et simple », 133 cordes sont suspendues, représentant le nombre officiel d’exécutions de prisonniers politiques. A cela s’ajoutent des objets et expositions de la vie quotidienne. Parmi lesquelles la représentation d’un « véhicule de police semblable à un char d’assaut connu sous le nom de Casspir et utilisé pour lutter contre l’agitation qui régnait dans les townships dans les années 1970 et 1980 ».
Sensibiliser la jeunesse
Noelene Patel, directrice du musée, explique que « la jeune génération se désintéresse de l’histoire de leurs parents. Ce qui intéresse les jeunes d’aujourd’hui, c’est de posséder le dernier téléphone portable à la mode. Comble de l’ironie : les enfants noirs sont encore plus désinvoltes à l’égard du passé que ne le sont les Blancs, lesquels, maigre consolation, expriment tout de même des sentiments de compassion et de honte ».
C’est pour cette raison que le musée a mis en place des programmes pédagogiques en collaboration avec le Ministère de l’Éducation de l’État du Gauteng, dont la capitale est précisément Johannesburg. Le but est que les enfants du 21ème siècle se souviennent des écoliers de 1976 qui se sont soulevés contre le régime qui humiliait leurs parents.
Céline Tabou
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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