Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Sakifo Festival
9 août 2004

Ambiance festivalière sur Saint-Leu pendant quatre jours. Du monde partout, des concerts délocalisés sur tout le Kartié Troi Lèt. Une scène indubitablement internationale. Une scène Massalé, où la musique de l’océan Indien a pris ses galons d’honneur sans encombre. C’est du beau Sakifo, que l’on offrait aux passionnés de musique. La Réunion tient son festival de musique.
Il fallait parcourir les rues de Saint-Leu pour s’en rendre compte. Le peuple avait investi les quartiers. La musique gronde à chaque coin de rue. Même le vendeur de poulet s’y met. Un village du monde, plein Parc du 20 Décembre.
Les gens voyagent de musique à musique, passant de la scène Massalé au Chapiteau, pour se rendre après à la Ravine Saint-Leu. Pour les plus fêtards enfin, reste la Kazern pour un after en double watt. Un vrai festival s’installe à La Réunion.
"Lé tro shèr po moin. Sa in nafèr po bann rish kome toultan", livre toutefois un père de famille, pourtant mélomane. Il profite du concert de Keziah Jones à l’extérieur du complexe.
Un vrai festival avec une belle programmation donc, mais pas pour tout le monde. Pour certains, les tarifs semblent être exorbitants. Mais ils se réjouissent qu’une scène reste gratuite pour les plus défavorisés.
Hier, la scène Massalé recevait des artistes réunionnais et en prime un groupe rodriguais, Éko Rod. D’abord la Krwazé, un groupe de musique qui a représenté La Réunion au Printemps de Bourges. Une belle prestation, qui n’a pas laissé indifférent le public, venu nombreux.
Viendra le tour des “jouar en goni”, les Tapokèr. Et c’est le cas de le dire. Ils ont bien tapé au cœur des mélomanes, restés ébahis par le travail de qualité fourni par Tapok. Les spectateurs ne se sont pas fait prier pour accompagner à la mesure Arno Bazin, dit "Nono Zinzin", leader de la formation.
Suivront les groupes Maronèr et El Diablo, qui rentre par ailleurs d’une longue et fructueuse tournée sur le sol africain.
Le Gangbé Brass Band, créé en 1994, retrouvait le public réunionnais sous le Chapiteau. Eux qui avaient ouvert le festival ont fait "pété la kol", nous disent les spectateurs au sortir du concert.
Tous mordus de jazz, les musiciens bénins apportent un style inimitable, alliant jazz et musique traditionnelle béninoise. Le public est sorti conquis.
D’autant que les papies jamaïcains du Jamaica All Stars ont lancé du son d’enfer. Ska et reggae résonnaient sous le Chapiteau.
Les festivaliers rejoignaient par la suite la Grande Ravine pour apprécier Madagascar, l’Afrique du Sud, l’île Maurice et La Réunion. Ainsi, Lego, Johnny Clegg, le groupe Lelou Memwar et Danyèl Waro se partageaient la scène de la Ravine pour le plus grand plaisir des spectateurs. Du beau spectacle pour la musique. De belles rencontres. Mais surtout, un Sakifo en forme.
Tard dans la nuit, on pouvait retrouver DJ Charles Schilling, un nom qui revient souvent sur les flyers. DJ éclectique, il animait pour la deuxième fois la scène placée sur le front de mer.
Samedi, Keziah Jones nous faisait l’honneur de venir danser sur scène, avec le DJ globe-trotter qu’il connaît bien, nous confiait-il en conférence de presse. Il avait mis le feu sur la scène saint-leusienne samedi soir, au son de sa guitare déjantée, quasiment en improvisation contrôlée. Le public était anlèr, et on comprend pourquoi.
Hier soir, c’est Johnny Clegg et Danyèl Waro qui allumaient le feu sur une scène toujours aussi magique. Une scène qui, au fur et à mesure, prend des contours de scène mythique. Sakifo, c’est un autre Sakifo.
Bbj
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