Musique réunionnaise et Région Réunion

25 janvier 2008

La musique réunionnaise est-elle exportable ? Si oui, comment ? Du 27 au 31 janvier prochain, une délégation réunionnaise, composée de producteurs, d’artistes, du Pôle régional des musiques actuelles, mais aussi de la collectivité régionale, se rendra au Marché international des éditeurs musicaux, pour promouvoir notre musique. Mais quelle musique ?

Le stand de La Réunion se verra sur le marché international des éditeurs musicaux (MIDEM). Communément, la délégation du monde musicale réunionnais vantera ce qui se fait de mieux à La Réunion. Notre musique peut voyager à travers le monde, mais cela ne peut se faire sans volonté politique. Le rayonnement de notre île passe inéluctablement par sa musique. Cette année, la Région Réunion veut continuer sa stratégie ambitieuse, qui consiste à appuyer 5 groupes déjà en haut de l’affiche, pour qu’ils affinent davantage leur affiche internationale. Lorsque l’on connaît Meddy Gerville, Ziskakan, Zong, Nathalie Natiembé et Davy Sicard, on fait référence à des artistes reconnus sur l’île, et qui commencent à percer sur les scènes nationales. D’où une question qui n’a cessé de revenir : pourquoi soutenir la première division quand les autres patinent sur le terrain ? Les 5 groupes vedettes ont déjà eu leur chance sur la scène nationale, voire internationale. Faut-il encore répéter que Zong et Nathalie Natiembé sont sérieusement suivis par l’entourage de Sakifo Production ? Que pourrait-on dire de la carrière exemplaire du groupe mythique Ziskakan ? Du suivi que l’on accorde à celle de Davy Sicard ? Meddy Gerville n’est pas moins une référence dans le milieu du jazz. Bref ! La Région Réunion a établi une convention entre ces 5 piliers de la musique réunionnaise. En moyenne, ils disposent d’une aide publique régionale de 30.000 euros par an durant trois ans, soit en budget total de 450.000 euros. Il s’agit là de professionnalisation, pour conquérir des marchés musicaux internationaux. D’autres, comme Danyèl Waro par exemple, ne compte sur personne pour y parvenir. Entourés de managers, de tourneurs, de producteurs, certains n’ont manifestement pas besoin de l’aide publique !

La promotion, c’est sur Internet ?

Quelque 300 titres ont été produits l’année dernière, représentant quelques 600.000 duplications. Et pourtant, le marché local ne permet pas de faire vivre tous les créateurs, même si les CD se vendent bien. Est-ce pour cela que La Région Réunion et le PRMA annoncent la création d’un portail de vente, un site Internet marchand, qui offrirait du téléchargement payable et la vente de CD réunionnais par correspondance. On connaît la promotion que fait le PRMA, avec notamment ces compilations World et Pluriel, qui donne un avant-goût de ce qui se fait au niveau local. Selon Alain Courbis, directeur du PRMA, il faut prendre ce virage technologique, tout en nous prévenant du piratage. D’ailleurs le Pôle régional des musiques actuelles a vu son travail piraté par un site situé en Russie. Vous comprenez que le sujet de la protection des œuvres n’en est encore qu’à ses premières lignes. Beaucoup d’encre risque encore de couler. Certes le cadre juridique de l’aventure Internet reste flou, mais nous ne pouvons nous dédouaner d’une sérieuse prise en compte de cette nouveauté, qui fait prendre peur les producteurs de CD. Maintenant, cela se passe avec le téléchargement. Pourquoi pas donc jouer le jeu de l’ère numérique, en créant un comptoir virtuel, où notre musique se trouvera en vitrine ? Pourquoi pas ?

L’isolement des musiques insulaires

Amateurs éclairés et artistes émergeants, n’ayez crainte ? Vous pouvez être accompagnés, au Kabardock et au Bato Fou, les deux Salles de musiques actuelles (SMAC), et profiter des conseils du PRMA. L’île compte de plus en plus de créateurs. Mais parmi ceux-là, la Région Réunion veut prendre en main ceux qui ont fait montre d’une ingénieuse qualité de production malgré l’autoproduction et ceux qui cherchent à vivre de la musique. Mais comment aider ses jeunes groupes à s’émanciper, à se professionnaliser, non pas déjà vers l’international, mais au moins vers le marché local, l’Hexagone, ou encore la zone Océan Indien ? Alain Armand, élu régional, vice-président délégué à la culture, note que la collectivité régionale ne peut pas soutenir 300 groupes, mais préfère mettre l’accent sur des groupes phares. Que comprendre : comment se manifeste la continuité territoriale pour les groupes émergeants invités à Madagascar, en Afrique ou en Europe ? « Ce n’est pas un problème de budget, mais nous voulons optimiser les outils en faveur de la promotion de la musique réunionnaise ? Comme le dit si bien, Meddy Gerville, lui qui est soutenu encore pour deux ans par la collectivité. Se déplacer avec un groupe de 7 ou 8 musiciens, c’est déjà dépenser entre 7.000 et 8.000 euros pour les billets. Nous sommes loin de tout ici », déclare-t-il. La question reste donc posée : comment faire d’une passion un métier ? S’assurer d’un RMI à côté ?

Bbj


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Messages

  • quand est ce que les artistes se demerderont sans les aides publiques ??? danyel waro montre l’exemple. qu’attendent les autres pour se défaire d’un lien qui les handicape plus qu’il ne les sert ??? un artiste qui ne vend pas doit se remettre en question. la collectivité et l’impôt ne sont pas fait pour servir au mécenat ! un artisan qui n’est plus sollicité doit il dès lors aussi demander le soutien aux collectivités locales pour ne pas voir son savoir disparaître avec la fermeture de son activité ...? chacun est donc un "zarboutan nout’ kiltir"..

  • bin préske toultan le minme group(ziskakan),é sa depui plu de di zan..larjan la lé pa pou ansérve in groupe..an sorte a li tousel..ziskakan kéke zané,li joué é la 2008 ?fo done ankor larjan pou monte sak li ginye fé ??aréte..
    lé pa sanme larjan la zot va miye fé sorte zot muzik..si lé pa bon,revoi oute partisiyon sinon aréte travérse a ou,é joué pou ou minme..

    Voir en ligne : http://www.temoignages.re/article.p...

  • oui, à l’aide régionale.
    non au copinage.

    on peut le dire franchement après tout. Qui aide Jean-Claude Viadère, Dédé Lansor, et consorts ? c’est facile de dire que certains ne désirent pas être professionnels, pour se dédouaner de l’aide qu’il faudrait leur porter. je ne parle pas des jeunes groupes, Tapok, Andémya, Gauthier, et tant d’autres qui jouent depuis plus de 10 ans ...


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