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Sacrifices d’animaux dans les temples tamouls
15 octobre 2007

Suite à l’entretien de la Délégation tamoule avec la Préfecture jeudi dernier, le Dr Saminadin Axel Kichenin, cofondateur de la Fédération des Associations et Groupements Religieux Hindous et Culturels Tamouls de La Réunion, nous a fait parvenir le communiqué suivant.
En ce jeudi 11 octobre 2007, nous avons été reçus par le Représentant de l’Etat dans l’île au sujet du “sacrifice d’animaux”, en particulier de cabris, dans les temples tamouls.
Je voudrais souligner en premier la présence au sein de cette délégation de personnalités et de présidents de temples qui, végétaliens, n’adhèrent pas théologiquement au concept de sacrifices de vie animale. Ils ont, dans leur démarche gandhienne du respect des autres, de tous les autres, en ce jour, démontré qu’il était indispensable de défendre malgré leur conviction une pratique religieuse ancestrale qui a, par sa Convivialité et sa Tolérance, contribué fortement à rassembler, voire cimenter la société réunionnaise. C’est dire combien la communauté tamoule sur ce point est soudée dans sa globalité et est prête à avancer dans le dialogue en front uni.
Le Représentant de l’Etat a, ce matin, réécrit sa copie de propositions de décrets de loi, en y apportant quelques assouplissements ; nous reprochant au passage de n’avoir pas su déclarer toutes nos associations cultuelles, selon la loi de 1905 (séparation de l’Etat et des Cultes), mais celle de 1901, nous privant ainsi volontairement de nombreuses subventions d’Etat et de Collectivités. Nous en avons pris bonne note, mais nous reconnaissons qu’à aucun moment de l’histoire de l’Hindouisme réunionnais, sous toutes ses formes, il n’a été établi de lien entre les festivités religieuses dont le sacrifice d’animaux et les subventions de l’Etat ou des Collectivités. Les temples se sont construits et vivent chaque jour, sans aucune aide extérieure à celle de leurs fidèles, et comprenez dès lors que les Hindous de notre île acceptent très mal qu’une directive européenne sur les abattoirs vienne soudainement, en 2007, s’appliquer à eux, jusqu’à s’immiscer à l’intérieur de leur lieu d’office religieux.
Nous avons réitéré au Représentant de l’Etat notre sens historique et si contemporain de nos responsabilités au sein de la Société Réunionnaise et notre rôle indéniable dans l’harmonie qui règne entre les différentes communautés. Nous nous sommes engagés, qu’après un large débat au sein de tous les nôtres, de lui communiquer leurs doléances.
La tâche ne sera pas facile pour les uns comme pour les autres, mais l’Etat devra nécessairement prendre en compte les profondes spécificités historiques et actuelles si vivaces de notre ethnie - qui demeure la plus grande communauté française d’origine indienne. Il y a une nécessité réelle pour la République de reconnaître, sans fatalement vouloir les assimiler ou les uniformiser à des “petits pois”, les rituels ancestraux de la communauté tamoule de La Réunion.
Il y va de la fragile et belle harmonie des populations de notre île, originaires de tous les continents de la planète.
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