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Le message du Conseil général aux Journées internationales à La Réunion du rapprochement des Cultures
6 octobre 2010

Dans son édition de lundi dernier, “Témoignages” a publié le message adressé par Katérina Stenou, directrice de la Division des politiques culturelles et du dialogue interculturel à l’UNESCO, aux responsables des Journées internationales à La Réunion du rapprochement des Cultures. Ces Journées ont été marquées par la participation et les interventions de nombreux militants et responsables du monde culturel et éducatif de notre pays, mais également d’autres pays de notre région et du monde. Notre journal aura l’occasion de revenir sur cet événement. Aujourd’hui, nous publions le texte de l’intervention de Robert Nativel, conseiller général de Saint-André. Celui-ci a exprimé au nom de la Présidente Nassimah Dindar — et aux côtés d’un autre conseiller général, Yvon Virapin — le soutien du Département à ces Journées lors de la cérémonie d’ouverture, au Palais de La Source vendredi matin. Les intertitres sont de “Témoignages”.
« C’est avec plaisir, honneur et enthousiasme que le Conseil général ouvre aujourd’hui son hémicycle aux Journées internationales du rapprochement des Cultures.
Les élus de la majorité départementale sont très heureux de voir La Réunion s’inscrire pleinement dans la dynamique initiée par la proclamation de l’année 2010 comme Année internationale du rapprochement des Cultures.
Dans un contexte où les crispations identitaires et les replis sur soi n’ont de cesse de se multiplier, et où la montée des extrémismes pousse à la diabolisation de l’autre, cette initiative du système des Nations Unies et de sa cheville ouvrière qu’est l’UNESCO tombe à point nommé. Une UNESC0, rappelons-le, forte de ses 60 ans de combat pour bâtir la paix dans l’esprit des humains via l’éducation, les sciences et la culture.
Un événement d’envergure planétaire
Au nom de tous mes collègues conseillers généraux, je tiens donc à saluer les artisans de la déclinaison locale de cet événement d’envergure planétaire : je pense notamment à notre historien péi Sudel Fuma ou encore au Docteur Jacques Vigne. Et je remercie vivement tous les intervenants qui ont bien voulu faire le déplacement, afin de nous enrichir de leurs approches respectives du rapprochement des cultures :
- le Docteur Nallam, président de l’Alliance française de Pondichéry ;
- Mme Marie-Josée Thiel, ancienne fonctionnaire de l’UNESCO, responsable du Patrimoine mondial et de la Route des esclaves ;
- le Professeur Joseph Yacoub, directeur de la Chaire UNESCO de l’Université de Lyon ;
- M. Jocelyn Chan Low, membre du Comité de l’UNESCO de la Route des esclaves.
La Réunion porte bien son nom
Il est vrai que la promotion du rapprochement des cultures revêt un sens pour le moins particulier sur un territoire comme le nôtre, souvent cité comme modèle original de multiculturalisme — et je dirais même plus, d’interculturalisme.
Notre île, La Réunion, porte bien son nom : une île sortie de nulle part, à l’origine vierge de toute population, et au final fruit de la réunion d’hommes et de femmes certes originaires de divers horizons, de diverses cultures, religions, traditions, mais qui ont su faire de cette diversité une richesse fondatrice d’un savoir-vivre ensemble original.
Nous avons la chance en effet de vivre sur une terre de métissage :
- où la différence n’est pas vécue comme un danger ;
- où l’on peut aussi bien manger des carris, danser le maloya et parler créole qu’entendre l’appel à la prière du muezzin, ou encore sonner à la volée les cloches de l’église pour un mariage ;
- le voile, la capeline ou le sari n’ont jamais été l’objet de débats.
Prévenir “le choc des ignorances”
A La Réunion, les différentes cultures ne font pas que cohabiter harmonieusement, elles s’interpénètrent également mutuellement, partageant certaines coutumes et traditions. Alors, oui, dans le cadre de cette Année internationale du rapprochement des Cultures, La Réunion peut jouer un rôle majeur, en montrant au monde entier que ce vivre ensemble est possible.
Mais point de vivre ensemble sans connaissance mutuelle. Je tiens en effet à souligner l’importance du dialogue interculturel et même du dialogue inter-religieux, à l’instar du Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion qui existe ici. Tout cela est capital pour prévenir “le choc des ignorances”, véritable danger du 21ème siècle.
Un destin commun
Éviter le choc des ignorances : c’est aussi le défi auquel notre île est aujourd’hui confrontée, dès lors qu’il s’agit d’interagir avec les autres cultures de l’océan Indien, avec lesquelles la densification des mouvements migratoires nous met en contact. Mais je nourris l’espoir que notre sens inné de l’égale dignité des cultures saura perdurer.
Je nourris également l’espoir de voir se multiplier des événements comme Bonjour India/Namaste France, la quinzaine réunionnaise à Shanghai, ou encore des mobilisations associatives comme celle de l’Association Réunionnaise des Relations et des Créations Culturelles, ou encore celle de l’association Espoir des Iles de l’Océan Indien, qui nous a offert un partage il y a quelque temps à Saint-André. L’histoire de notre peuplement nous invite en tout cas à ce rapprochement des cultures, tout comme notre communauté de destin ».
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