Étang-Salé : Piknik po sov la tèr

’Nou doi lèv an gèp kont prozé-là’

2 novembre 2005

Plus d’un millier de personnes se réunissaient dimanche dernier, sur le terrain Pâturage de la forêt de l’Étang-Salé, pour dire Non au projet d’extension du Golf Club de Bourbon, Non à la dévalorisation d’une terre agricole et forestière.

Tous venaient soutenir Nicolas Adecalom, éleveur, dans son combat pour la sauvegarde de la forêt de l’Étang-Salé, pour qu’elle soit ouverte à tous, et non pas seulement à des touristes haut de gamme, qui profiteront, sur ce site naturel protégé, d’un hôtel 4 étoiles et d’un 18 trous supplémentaires.
Il est à noter que le Golf Club de Bourbon dispose déjà d’un 18 trous sur une concession de 70 hectares. De quoi révolter le “Collectif du "Contre" l’extension du golf”, qui refuse la privatisation d’une surface agricole et forestière pour le seul bien-être d’une élite touristique.
Ainsi, dimanche dernier, randonneurs, amateurs de vélo en forêt, joggeurs, amoureux de la nature ou encore cavaliers sont venus apporter leur soutien au collectif pour faire reculer le projet d’extension du Golf Club de Bourbon. Pour l’heure, près de 1.000 personnes, Réunionnais ou touristes de passage, ont signé une pétition contre ce projet. Et il est encore possible de le faire sur un blog (http://colektif.blogspirit.com). Mais cela n’est pas suffisant.
Nicolas Adecalom exhorte les pique-niqueurs d’aller écrire leurs doléances sur le cahier de l’enquête publique, au service Urbanisme de la mairie de l’Étang-Salé. C’est en effet le seul moyen de vraiment faire reculer ce projet, n’en déplaise à Laurent Cayrel, préfet de La Réunion, qui jugeait inutile qu’un pique-nique “sympathique” se tienne. Les opposants à ce projet ont jusqu’au 25 novembre prochain pour apposer leurs remarques sur ce cahier. Et Loran Dalo, musicien de Danyèl Waro, de lancer : "Nou va mont azot nou lé pré alé zisko bout, pou lèss foré-là pou nout zanfan i vien dérièr. Sé zordi, nou doi rouv nout zié. Alon fé nout révolision kiltirèl".

Sobatkoz po sov la tèr

"Kisa i sar manz golf ? Avèk 59 èktar, konbien’n fami i pé gingn viv èk la tèr ? Là, i sar plant gazon, olèrk plant légim, salad, tomat, zariko, tousala. Na poin delo pou zagrikiltèr, soman nana delo pou aroz gazon ! Nou doi lèv an gèp kont prozé-là", déclarait François Tibère, bio-agriculteur. En effet, le parcours de 18 trous du futur golf devrait être alimenté grâce à l’extension de la zone irriguée, et par l’eau rejetée par la station d’épuration, après des travaux d’agrandissement et l’installation de nouvelles canalisations. Les agriculteurs revendiquent l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs. "Konbien’n zèn agrikiltèr i atann in bout la tèr, i pouré travayé dési 59 èktar ?", lance Jean Lucas, un agriculteur qui a toujours travaillé sur ce site.
On peut regretter, par exemple, que le projet d’extension ait doublé en seulement un an. En mars 2004, lors de la présentation de son plan d’aménagement, l’ONF proposait une extension du golf de seulement 30 hectares. Anguille sous roche ! Aujourd’hui, on parle de 59 hectares, qui devraient être concédés au Club Golf de Bourbon. Peut-être qu’il faut raser la forêt entière pour répondre aux attentes des touristes !
Les agriculteurs entendent rester solidaires face à un projet de développement touristique irrespectueux de la protection de la nature. "Le Touris, kan li vien, pétèt li la anvi voir koman La Rényon téi viv, é i viv ankor, voir in bèf moka, voir la vi dan la foré", déclarait Nicolas Adecalom, qui prône une autre vision du tourisme pour La Réunion. Les protestataires ont décidé de lâcher prise dans cette affaire. "Nou tienbo, nou larg pa, ziska banna va arèt atak la foré, atak bann ti zagrikiltièr, la po ésèy débat pou niabou gingn in nafèr èk la tèr", explique un agriculteur mafatais, venu prêter main-forte au collectif. Et de poursuivre : "Lèss la tèr dan la min plantèr. Nou léla pou sov la tèr".

18 novembre, à la mairie de l’Étang-Salé

De nombreux musiciens ont par ailleurs répondu à l’appel des organisateurs. Malgré l’absence remarquée de Danyèl Waro, dont une des chansons phares relate l’histoire des trois frères Adecalom, les musiciens présents ont largement chanté pour la cause. Loran Dalo précise : "i fo nou rash batay-là par nou mèm. La pa bezoin baz si in moun, i fo tout demoun i san azot konserné". Ainsi, artistes connus, inconnus, ou encore occasionnels, sont venus donner leur voix pour protester contre ce projet irraisonnable. Aux côtés de Patrick Persée, de Dédé Lansor, de François Saint-Omer, on retrouvait un panel de jeunes musiciens, venus pacifiquement soutenir les défenseurs de la forêt de l’Étang-Salé.
À 18 heures, les pique-niqueurs ont été “calmement” informés par les gendarmes de l’illégalité de ce rassemblement. Aujourd’hui, loi Sarkozy faisant, il faut obtenir une autorisation pour se réunir. Qu’à cela ne tienne, les pique-niqueurs contestataires promettent de se retrouver, cette fois devant l’hôtel de ville de l’Etang-Salé, pour “remplir” le cahier de l’enquête publique, et faire reculer une fois pour toute, une attaque contre notre patrimoine naturel réunionnais. Rendez-vous donc le 18 novembre...

Bbj


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Messages

  • Je suis amoureux de cette Ile somptueuse, où j’ai vécu une partie de mon enfance.
    Je suis persuadé que l’âme de la Réunion réside dans le cœur de ce qui ont toujours habités ici, et qui veulent en protéger l’intégrité.
    Ces pourquoi je trouve ce projet inacceptable, laissons vivre ces gents qui prennent soin du patrimoine que leurs ont laissé leurs ancêtres, et qui sont des défenseurs de la nature.
    Sinon un jour tout ce qui restera de la beauté de ce cite extraordinaire résidera dans les livres.
    Nicolas nous sommes tous avec toi, protégeons ta liberté, pour ne pas tous en être privé dans l’avenir.
    Nicolas Bauvy


Témoignages - 82e année


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