Un an déjà

Oté Maxime, le chanteur populaire !

11 août 2006

Voilà un an que le célèbre chanteur réunionnais nous a quittés, et sa mémoire est encore vive. Cela est dû pour beaucoup à la constitution de l’association Maxime Laope, regroupant la famille et les amis de l’artiste. Petit voyage dans sa riche discographie, une des plus importantes de l’île de La Réunion.

C’est au quartier Trois Lettres que Maxime Laope voit le jour, destiné à une longue vie au service de la culture réunionnaise, aux côtés des plus grands artistes locaux. Son quartier de Nazareth sera celui de la Petite-Île à Saint-Denis. Son premier recueil musical est édité en 1949 et son dernier CD sortira en 2002, soit plus de 53 ans au service de la musique réunionnaise, si l’on ajoute ses premières armes sur les radios crochets. Notons que c’est Georges Fourcade en personne qui l’encourage à chanter en créole. Sa carrière musicale sera lancée. Il côtoiera Benoîte Boulard, Jules Arlanda, Claude Vinh San, Narmine Ducap, pour ne citer qu’eux. Des orchestres célèbres l’accompagneront, tels que les Super-Migs, le Club Rythmique, l’orchestre de Narmine Ducap, le Jazz Tropical de Claude Vinh San, etc.
Les Réunionnais les retrouvent dans les bals et les fêtes populaires. Comme le disait sa fille Expédite Cerneaux-Laope, "c’est un chanteur populaire". Qui pourrait oser le contester ? Certaines mauvaises langues diront cependant que ses plus belles compositions datent du temps de son duo avec Benoîte Boulard, qu’il rencontre en 1952. Il n’en est rien. Et nous ne sommes pas dupes, tout comme des artistes réunionnais de renom, les Mastane, René Lacaille, Ziskakan, Laurence Beaumarchais, Gondwana, Olivier Ker Ourio, Danyèl Waro, parmi tant d’autres, qui lui ont rendu un vibrant hommage bien avant sa disparition. Et puis, juste avec une pointe de fierté, nous ne pouvons omettre de dire que ses apparitions, à La Réunion, dans l’Océan Indien, dans l’Hexagone, au Canada, ou encore aux États-Unis, ont été marqués par l’adhésion totale des spectateurs. Non, personne n’est dupe à ce niveau.

Artiste à découvrir ou redécouvrir

Dans les bals la poussière, sur les plus beaux podiums, les scènes nationales, voire internationales, ou encore sur nos ondes, Maxime est encore là, vivant. Sa voix est éternelle. Arno Bazin, dans son catalogue discographique de référence, lui laisse une place de choix, et le mélomane attentif relève les nombreuses compositions, qui ont fait danser nos aïeux, nos parents, et feront danser encore nos enfants, nos futurs petits-enfants. Du moins nous l’espérons. "Not bon vieux temps", duo célèbre avec Benoîte Boulard ; "La pêche Caméléon", "La coupe canne", "Madina", "Band caria", "Rode à li", "Compère les guêpes", "Mariage longtemps", "en sortant Diégo", "La donne la liberté", entre séga et maloya, Maxime Laope est peut-être le premier à mettre anlèr notre patrimoine discographique, et notamment le maloya. À la mode, pour les tantines, ou en souvenir du temps lontan, son maloya sans revendication exemplaire, aura cependant le mérite de réconcilier le maloya avec le public réunionnais. Que dis-je, il aura sûrement servi à le faire désoté la mèr.
Aujourd’hui, ce sont ses enfants et petits-enfants qui reprennent la relève, en entonnant ses plus morceaux, en lui consacrant des expositions. Nous n’en dirons pas plus. Il vous suffit de surfer sur la nouvelle vague ; connectez-vous à http://maximelaope.free.fr pour découvrir ou redécouvrir le personnage. Ou bien, pour les fidèles de la lecture, procurez-vous l’ouvrage de référence, écrit par sa fille Expédite Cerneaux-Laope, "Maxime Laope, un chanteur populaire".
Pour rester informé des activités de l’association Maxime Laope, vous pouvez écrire à l’adresse mail suivante : [email protected]. "Un an déjà que tu nous a quittés, grand homme. Mais il est dit que tu es encore parmi nous", je le dis.

Willy Técher


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