Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Hommage
12 juin 2007

Avec le décès du cinéaste sénégalais Ousmane Sembène, c’est une page de l’histoire du septième art africain qui se tourne. Considéré comme l’un des pionniers du cinéma, un secteur qu’il investit dès les premières années de l’indépendance en 1963 avec le court-métrage Borom Sarrett, le réalisateur aura consacré un rôle prépondérant à la femme, qualifiée de ’la plus belle création de Dieu’. Avec son dernier film, Moolaadé (2004), Ousmane Sembène aborde le thème sensible de l’excision de front - en ce sens qu’il met en vedette une héroïne qui défie la tradition et protège les jeunes villageoises. Moolaadé, soutient la critique, choque par la brutalité des rites de purification sur lesquels il se penche. L’objectif pour le cinéaste, à travers cette œuvre, était de dévoiler des drames quotidiens en montrant comment les hommes traitent les femmes et comment les femmes réagissent entre elles.
Sorti en mars 2005 en France et, en 2006, dans la plupart des pays européens, Moolaadé a été l’un des films les plus salués par la critique au festival de Cannes 2004, lors de sa projection en première mondiale, dans la sélection parallèle “Un certain regard”. Moolaadé, tourné dans un petit village situé à 650 kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et considéré par Sembène comme "le plus africain" de ses films, est le volet central d’une trilogie. Le premier, Faat Kiné (2000), est l’histoire d’une autre femme forte qui dirige une station-service... Cette production s’inscrit dans la logique de mettre en exergue la volonté des femmes de jouir d’une indépendance économique. Et le dernier volet de sa trilogie, intitulé La Confrérie des rats, était axé sur le thème de la corruption.
Et si Sembène s’investissait autant dans ce secteur, c’est parce qu’il était convaincu qu’en Afrique, plus qu’ailleurs, le visuel est devenu aujourd’hui la seule voie de survie face à l’analphabétisme tant dans les propres langues nationales locales que dans les langues arabe et européennes. Le cinéma, autrement dit l’image visuelle, est devenu, selon lui, l’un des seuls moyens d’éviter la noyade culturelle collective, car « il demeure encore la forme d’expression la plus proche de notre commune tradition de la parole ». A son avis, il y a urgence à développer le cinéma en Afrique. Parce que, soulignait-il, « tout peuple qui perd son image perd aussi son identité, son passé, son présent et son avenir ».
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