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Vernissage de l’installation de Christelle Pajenon à Art Senik
26 juin 2006

L’expression artistique se révèle toujours comme démarche cathartique. Démarche particulièrement présente dans l’installation de la plasticienne Christelle Pajenon à Art Senik où l’artiste nous dévoile une quête de soi au travers du temps et de l’espace, qui s’origine fatalement dans un parcours vécu ou imaginé. En livrant un peu d’elle-même, Christelle Pajenon nous rappelle certaines de nos aspirations les plus nécessaires. Une, en particulier, marque le visiteur sensible : la charge de l’exigence d’ajustement à soi-même. Visite.
En avant-propos du parcours, Christelle Pajenon confie au visiteur son approche de la migration. Elle la saisit au sens que le Larousse donne à la migration zoologique, au sens de l’orientation nécessaire quasi-instinctuelle et naturelle, donc poussée vers un but. Un goût d’aspiration fatale. Tout le sens de son installation réside là : un parcours programmé, par le Père depuis l’innocence fœtale jusqu’à la fin, et au-delà.
Plus prosaïquement, son travail se construit autour de ses déplacements, de ses souvenirs. Fussent ces déplacements de corps ou d’âme, fussent ses souvenirs de pays ou de rêves.
Pour nous rendre accessible son parcours, Christelle articule son installation sur trois lieux. Trois, entre autres, parce que au-delà du sens caché de ce chiffre, c’est le retour au calme et à la paix.
Et si d’ici, l’avant-pays
Le premier lieu du parcours est nommé “Et si d’ici, l’avant-pays”. Hélène Corré décrit ainsi ce premier lieu : "Là, dans une pièce voilée de transparence, trois nids vides semblent fixer un coussin écarlate, centre cerné par le grouillement graphique qui reprend à l’infini leur tissage devenu écriture. Cet ensemble incline au recueillement tout en évoquant les rituels oubliés du sacrifice." (Site www.dekap.net de Art Senik). Du coussin écarlate part un dessin de craies blanches qui s’interprètent comme des fils entremêlés à l’infini. "Peut-être le fil d’un parcours", nous livre Christelle Pajenon. Un parcours enchevêtré, qui questionne, et présage des déplacements contenus dans la linéarité d’un espoir pour demain.
Des lieux incertains
Poursuivant sa description des lieux de l’installation de Christelle Pajenon, Hélène Corré écrit dans un élan poétique : "Puis, il y a l’alcôve dont la latence secrète et laiteuse, berce les anges protecteurs tandis que le temps s’arrête. Dans cet espace embué, qui brouille les limites, apparaît et disparaît ce que je crois reconnaître : la branche qui s’élève de la platitude du fleuve, émergeant serpent ou lance, dans une brume blanche venue de l’ailleurs." (site de Art Sénik). Ce lieu, Christelle l’a nommé “Des lieux incertains”. Elle a voulu "créer là un espace vaporeux qui porte le parcours d’une de ses traversées". En même temps, c’est un espace qui n’existe pas forcément et qui marque l’absence.
Ganvié 06 : la petite chute
Décrivant le troisième lieu, Hélène Corré poursuit "Plus loin, les ailes d’ange s’envolent, traversent une grille sombre et organique ; ce portail terrestre, devenu métaphore de lianes ou de racines aquatiques, s’ouvre aux âmes migrantes en quête d’un territoire. C’est l’envol, le passage vers ce lieu symbolique où s’ancrent les lances de plumes rouges, miroir carré du ciel absent que chargent de reflets métalliques les lourdes nuées avant la pluie."
Et ce troisième lieu de son installation, c’est la rencontre entre les images que lui a transmises son père, le parcours des ailes des anges, et la chute au monde. C’est un peu le monde dans sa réalisation fantasmagorique, entre champ matériel et champ des sens. Et plus encore, c’est un parcours de créolisation. Nous laissons au lecteur la primeur de comprendre pourquoi et comment “créolisation”... En allant vivre un moment la suspension du temps. En contemplant les installations de Christelle Pajenon à Art Senik.
Avant la mi-juillet.
Younous Ahamed
Lumière Eddy Babet
Site de Art-Senik : www.dekap.net
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