Kabar-poème à Château-Morange

Parlons l’Ela Kawèz

4 janvier 2006

Jeudi dernier, c’est devant une salle comble que Christian Floy Jalma présentait son dernier travail, un CD qui inaugure une nouvelle langue, totalement inventée par l’auteur.

Entouré de ses musiciens, en les personnes de Jako Maron, Florent Famataura et de Jean Amémoutou, Floy proposait ainsi un concert, dans une langue inconnue, disons connue de lui-même seulement. Pourtant, c’est avec aisance que Christelle Delouise s’appropriait l’Ela Kawèz (île utopie), pour le plus grand plaisir des auditeurs. Et puis, pour fêter la naissance d’une langue, Floy s’entoure également d’une bande de dalons fonnkézèr, vidéastes aussi.
Une vidéo expliquait le regard de l’auteur sur la langue. "C’est une manière de me remettre en question, de rire de ma propre personne, sur ma propre situation", expliquera Floy. On sait que les débats linguistiques, les questions de graphie ne l’occupent aucunement, et c’est la raison pour laquelle il crée sa propre langue. Ainsi détient-il un pouvoir que les autres n’ont pas ! Floy a dépassé le débat sur la langue créole pour inventer son créole à lui, "le vrai créole". Utopie ? Reste à sortir le dictionnaire à 60.000 entrées pour que nous parlions l’Ela Kawèz.

Deux pièces à lire

La naissance de “Banoz Nambell” a été célébrée comme il se doit par les poètes réunionnais. Dans l’auditorium de Château-Morange, ils étaient nombreux à venir saluer ce travail original. Patrice Treuthardt, Dominique Carrère, Isabelle Farida Désiré, Teddy Gangama, Nicolas Gérodou, Barbara Robert, Annie Darencourt, Babou B’Jalah déliaient leurs langues. Peut-être pour faire entendre raison à l’auteur fou-génial ? "Laisse le poète parler", dira Treuthardt. On lui proposera même un petit abécédaire créole pour qu’il revienne à ses lettres premières. L’auteur, lui, travaille pour son île-utopie, qu’il souhaite créer de ses propres mains. On regrettera cependant le manque de temps. Beaucoup auraient souhaité donner de leur voix dans ce kabar-poème.
Occasion est également donnée de saluer tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation de ce CD, notamment LERKA, 30kill production, Rasine Kaf et Shomin 2 croix, sans qui l’auteur aurait eu du mal à présenter son travail. Nous rappelons que “Banoz Nambell” est une autoproduction, qu’il vous est possible de la trouver à LERKA (ouvert dès le 15 janvier). Et puis, entre temps, vous pouvez vous procurer ces 2 pièces de théâtre éditées chez Orphies éditions. “Phil-aux-œufs” et “Quelques signes du présents” sont en vente chez tous les vraies libraires, en grande surface aussi.
Peut-être comprendrez-vous un peu mieux le travail de cet artiste atypique ! Petite piste pour les internautes, consultez http://christianfloydjalma.blogspirit.com

Bbj


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Témoignages - 82e année


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