Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
28 juillet 2025, par

Cette année marque le centenaire de la naissance -5 mars 1925- de Paul Vergès, fondateur du Parti Communiste Réunionnais et géant de la politique. Plusieurs initiatives ont eu lieu - d’autres suivront sans doute - pour marquer cet évènement.
Cette actualité nous rappelle, entre autres, que 60 ans plus tôt, en 1965, Paul Vergès vivait en clandestinité. Cet acte de révolte profond et extraordinaire, engagé en mars 1964 contre le pouvoir central répressif, connaitra son épilogue 28 mois après, en juillet 1966. Cet épisode historique de l’itinéraire politique hors du temps de Paul Vergès est évoqué dans divers ouvrages qui sont consacrés au leader du PCR.
Condamné à la prison ferme
En 1954, Paul Vergès est de retour définitivement à la Réunion. Il s’engage dans la bataille politique et prend la direction du Journal Témoignages fondé 10 ans plus tôt par son père, le Dr Raymond Vergès. « Organe de défense des sans défense », Témoignages est le symbole de la résistance pour la liberté, l’application des droits et le respect du peuple réunionnais. Le Journal est régulièrement saisi et ses dirigeants successifs poursuivis et condamnés.
Pour avoir reproduit dans Témoignages divers articles parus dans le Monde et l’Humanité sur la guerre d’Algérie (1954-1962) et les noyades des Algériens dans la Seine, à Paris, dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961, Paul Vergès qui entretemps a fondé le PCR (mai 1959) est condamné à 3 mois de prison ferme et démissionné de son mandat de conseiller général du Port qu’il occupe depuis 1961. Il sera également attaqué devant la Cour de Sureté de l’Etat pour atteinte à l’intégrité du Territoire.
Le 17 mars 1964, coïncidence ou signe du destin
Dans l’ouvrage de Thierry Jean Pierre, il raconte : « J’ai été poursuivi à 43 reprises pour délits de presse. Les articles qui paraissaient dans Témoignages tant sur la guerre d’Algérie que sur les fraudes électorales ne plaisaient guère au pouvoir central... Nos revendications autonomistes , malgré le soutien de 150 personnalités, sont considérés comme autant d’appel à la sédition. Témoignages est régulièrement saisi par le Préfet. En ma qualité de directeur de la publication, je cumule jusqu’à 14 mois de prison ferme que je refuse absolument de purger tant que les fraudeurs que nous dénonçons dans les colonnes de Témoignages ne sont pas inquiétés … ».
En mars 1964, tous les recours de Paul Vergès étant épuisés, son arrestation est imminente. Il prend soin alors d’écrire au Procureur pour lui signifier son refus d’accomplir la moindre peine. Dans la soirée du 17 mars 1964, des policiers sont postés devant les locaux de Témoignages où se trouve Paul Vergès, pour vérifier qu’il ne s’envole pas. « .. Heureuse coïncidence ou signe du destin, une panne de courant plonge le quartier dans la pénombre …Raconte Paul Vergès. « C’est le moment » dit-il au siens. Paul Vergès crée une diversion et disparait .. « .. C’est le début de 28 mois de clandestinité faite de complicité , de fraternité , de camaraderie et de rebondissements en tous genres.. » écrit Gilles Bojan dans « Paul Vergès, l’immortel ».
A suivre...
Paul Dennemont
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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