Tout à la Vie

Père Maurice Hoareau

5 août 2008

Père Maurice Hoareau : « Il vaut mieux dire Non et accomplir l’action, que de dire Oui, mais ne pas la faire ».

Le 22 avril 2007, le Père Maurice Hoareau est parti vers le Seigneur.
Le Père Maurice Hoareau est né le 9 février 1922 à Saint-Joseph. En 1938, il prononce ses vœux comme religieux (Frère des Ecoles Chrétiennes). En 1940, il obtient son Brevet élémentaire et en 1946, sa Licence ès-lettres. En 1966, il est ordonné prêtre. En 1970, il aura son diplôme de troisième cycle en droit canonique.

Lors de la présentation de son livre-album, l’évêque de La Réunion, Monseigneur Gilbert Aubry, se plaisait à rappeler qu’en 1922, Saint-Joseph était un petit village. La population vivait d’agriculture. La seule usine était celle de tapioca. Les pauvres se nourrissaient de maïs et de grains, de légumes secs et de pois du Cap importés. L’élevage était domestique. Les planteurs avaient d’ordinaire un cochon ou deux. Cochons qu’ils tuaient au Jour de l’An. Souvent, très souvent, le petit peuple vivait à crédit, crédit marqué dans un carnet. L’évêque précisait que si le Père Maurice Hoareau sortait d’une famille très pauvre des "Jacques" à Saint-Joseph, beaucoup de familles réunionnaises peuvent en faire autant.

Ce livre est un hommage à un prêtre exceptionnel. Elie Hoareau, diacre et neveu, disait : « C’était quelqu’un de très timide, de malade... Et pourtant, sa fragilité physique contrastait avec la force de ses convictions. Il se donnait à fond. Il insistait jusqu’à la fin de sa vie (ndlr : 22 avril 2007, à 85 ans) pour faire ses trois messes dominicales. C’est d’ailleurs un dimanche qu’il a été rappelé à Dieu ».
C’est un livre-album photos où toute sa vie se déroule. Un souvenir inoubliable pour la population réunionnaise. Un homme de foi, un homme de conviction, un historien qui aimait beaucoup son pays.

En conclusion, nous laisserons le soin au Père Maurice Hoareau de dire lui-même ce qu’il pense de sa vie sur terre : « Je ne ferais pas de bilan de ma vie. C’est le Seigneur qui fait le bilan. Il y a eu des erreurs que j’essaie de ne plus commettre. Dans ma vie, j’ai eu des moments difficiles, ils ont contribué à me structurer. Je ne regrette rien parce que c’est Dieu, en définitive, qui m’a guidé. Je n’ai personnellement rien demandé, mes supérieurs m’ont proposé de bonnes choses et j’ai dit "Oui". Certains disent du passé que c’était le bon temps. Pour moi, le meilleur temps, c’est maintenant. Le présent, pour moi, est important.
Je crois qu’il faut être bien dans sa peau et se tourner vers Le Seigneur. Si on accueille sa grâce, on sera bien... Mais si on recherche soi-même ou ses intérêts, je crois que l’on ne peut pas être heureux. Il faut se mettre au service des autres. Le Christ a dit : "Je suis venu non pas pour être servi, mais pour servir".
Je suis heureux, car je suis en accord avec ma conscience et avec ce que Dieu me demande ».

Le Père Maurice Hoareau avait une devise, qui s’adresse tant qu’aux chrétiens qu’aux hommes politiques, tirée de l’Evangile : « Il vaut mieux dire Non et accomplir l’action, que de dire Oui, mais ne pas la faire ».

Le livre du Père Maurice Hoareau se trouve à la Paroisse de Saint-Paul, de Saint-André, de Sainte-Rose, de la Petite Ile, de Grand-Bois, de Trois-Bassins et à l’AROD. C’est un livre-album à lire, à relire et à conserver dans sa bibliothèque à portée de mains.

 Un correspondant 


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